La diversité sociale de l’Afrique : un atout pour la démocratie

16 oct. 2012

image Une femme a son doigt recouvert d'encre après avoir voté pour les élections législatives à Grand Laho, Côte d'Ivoire. (Crédit: Photo ONU / Hien Macline)

Gaborone, Botswana — Des leaders africains, des organisations internationales et des représentants de la société civile se retrouveront ces trois prochains jours dans la capitale du Botswana, Gaborone, pour s’entretenir de la manière dont le tissu social varié de l’Afrique peut constituer un atout pour la démocratie et le développement.

Sous la houlette du Président du Botswana, le Lieutenant-Général Seretse Khama Ian Khama, cette huitième édition du Forum Africain de la Gouvernance, organisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU (CEA) et l’Union Africaine, aura pour objectif principal de maximiser la participation des Africains d’origines diverses aux élections et à la prise de décision.

Les 250 participants à ce forum se pencheront sur les critères pour organiser des élections crédibles en Afrique, tels que la paix, l’absence d’intimidation, l’égalité d’accès aux ressources pour les candidats, la vérification indépendante des résultats et la participation de la société civile.

Ce faisant, ils s’intéresseront tout particulièrement à la manière de tirer pleinement parti de l’immense diversité de l’Afrique – ce continent est en effet un véritable creuset de cultures, d’ethnicités, de religions et de langues – afin que tous ces groupes participent activement et pacifiquement aux élections.

En tant que populations les plus marginalisées de l’Afrique subsaharienne, les jeunes et les femmes seront tout particulièrement à l’ordre du jour.
Ces 20 dernières années, l’Afrique a connu une renaissance démocratique, dont témoignent l’organisation de plus de 200 élections, l’émergence de sociétés civiles vibrantes, ainsi que des gouvernements plus redevables et plus axés sur le développement.

Bien qu’elles soient indispensables à la démocratie, les élections ont cependant produit des résultats extrêmement divers, menant soit à la consolidation de la démocratie et à un développement accru, soit à des divisions encore plus profondes qui débouchent sur des conflits.

Les succès sont nombreux. En 2010, contre toute attente, la Guinée a tenu sa toute première élection démocratique. L’année suivante, le Niger a connu une transition vers un gouvernement civil lors d’un scrutin largement reconnu comme exemplaire pour le reste de l’Afrique. Depuis, les peuples du Sénégal et de Zambie se sont rendus aux urnes dans le calme pour élire des leaders de l’opposition.

À l’autre extrême, citons les élections présidentielles au Kenya en 2007 et les élections de 2010 en Côte-d’Ivoire, caractérisées toutes deux par des résultats contestés et la mobilisation de factions politiques, religieuses et tribales par les politiciens.

« Des élections libres et justes ne suffisent pas à constituer une démocratie » affirme Anders Pedersen, Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du PNUD au Botswana. « Le paradoxe est que les élections sont une composantes incontournable d’un État démocratique, mais qu’il faut qu’une culture démocratique soit établie pour que les élections fonctionnent », explique-t-il.

Entre 2000 et 2008, l’Afrique a créé 73 millions d’emplois, mais seulement 16 millions pour les jeunes de 15 à 24 ans. Sur les personnes sans emploi en Afrique, 60 pour cent sont des jeunes et les taux de chômage des jeunes se montent au double de ceux des adultes.

En outre, si l’on a assisté à des progrès encourageants concrétisés par une représentation croissante des femmes parmi les décideurs africains, y compris les parlementaires – le Rwanda compte 56 pour cent de femmes dans la chambre basse de son parlement, et l’Afrique du Sud 42 pour cent –, les femmes ont encore de la peine à faire entendre leur voix en politique.

Après l’ouverture officielle ce matin par le Président, on comptera parmi les principaux orateurs le Directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, Tegegnework Gettu, la Présidente de la Commission de l’Union Africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma; le Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA, Carlos Lopes, et l’ancien Président du Cap-Vert, Pedro Pires.

Contact presse :

À Gaborone, Patterson Siema: Patterson.siema@undp.org

À New York, Nicolas Douillet: nicolas.douillet@undp.org