Selon un nouveau rapport du PNUD, la jeunesse est la clé de l’avenir de la Somalie

28 sept. 2012

image L'amélioration de l'accès à l'éducation est la clé de l'autonomisation des jeunes femmes en Somalie. (PNUD photo / Alistair Lyne)

New York -  L’avenir de la Somalie et le bien-être de sa population reposent en bonne partie sur l’autonomisation de sa très grande jeunesse, a déclaré le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) aujourd’hui, à l’occasion de la publication très attendue de son Rapport sur le développement humain en Somalie 2012 : Autonomiser la jeunesse pour la paix et le développement. Il s’agit du premier rapport en dix ans sur ce pays de la Corne de l’Afrique déchiré par la guerre.

« Comme nous l’avons vu dans les États de la région arabe et ailleurs, la jeunesse peut être un puissant moteur de transformation politique, sociale et économique », a déclaré dans son allocution d’ouverture la directrice du Bureau régional du PNUD pour les États arabes, Sima Bahous. « Nous ne pouvons plus nous permettre d’ignorer tout ce qu’il y a à gagner en plaçant les jeunes au centre du développement », a-t-elle ajouté en précisant que 70 pour cent de la population somalienne a moins de trente ans.

Le lancement du rapport intervient après le mini-Sommet somalien qui a eu lieu cette semaine, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le président nouvellement élu, Hassan Sheikh Mohamud, qui s’est exprimé depuis Mogadiscio par vidéoconférence, a débattu avec le Secrétaire général et d’autres décideurs politiques somaliens d’une vision de l’avenir du pays focalisée sur la consolidation de la paix et le relèvement économique.

Le nouveau rapport (basé sur des enquêtes menées auprès de plus de 3 000 ménages en Somalie centrale et du Sud, au Puntland et au Somaliland) révèle que bien que la majorité des jeunes Somaliens estiment avoir droit à l’éducation (82 %) et à un travail décent (71 %), la plupart se sentent démunis face aux multiples barrières structurelles dressées par la famille, les institutions, les collectivités locales et la société en général. L’absence d’une éducation valable et d’opportunités d’emplois (en plus des préjugés claniques et culturels) entraîne un niveau très élevé de frustration et de mécontentement chez les jeunes. C’est pourquoi il est nécessaire de procéder à des changements radicaux tant dans les politiques d’orientation que dans les comportements, afin de leur donner des outils et de les placer au cœur de l’agenda du développement.

« Ce que veulent les jeunes Somaliens, en réalité, c’est un avenir différent, où ils pourront gagner décemment leur vie dans un pays en paix et peser sur les décisions qui les concernent », a affirmé Mark Bowden, représentant résident du PNUD en Somalie. Il a ajouté que deux tiers de ces jeunes sont sans emploi, ce qui représente l’un des taux de chômage les plus élevés au monde : « Le danger, c’est que lorsque les institutions et le marché du travail sont impuissants à répondre aux besoins de toute une jeunesse, les adolescents marginalisés gravitent vers la violence qui représente pour eux un moyen de parvenir à leurs fins. »

Le rapport comprend une Charte de la jeunesse rédigée par des représentants de la jeunesse du Somaliland, du Puntland et de Somalie centrale et du sud, avec des contributions d’un groupe plus large venant du pays même autant que de la diaspora. Cette charte détaille les aspirations, les perceptions et les besoins des jeunes Somaliens (éducation de base gratuite et obligatoire, meilleure représentation de la jeunesse au sein du parlement) tout en définissant une série de principes fondamentaux que les pouvoirs publics, les agences humanitaires et la société civile devraient respecter afin d’impliquer les jeunes et de prendre leurs besoins en considération lors de l’élaboration de politiques de développement.

L’une des solutions préconisées par le rapport est de mettre l’autonomisation des groupes exclus tels que les jeunes et les femmes au cœur de l’agenda du développement national en Somalie. Il en appelle aussi à un élargissement du système électoral actuel, de type clanique, pour inclure les populations marginalisées. La création d’emploi et de meilleures opportunités dans le domaine de l’éducation pour tous les groupes sociaux, y compris ceux à qui de telles opportunités ont échappé jusqu’à présent, permettra de tracer la voie vers une plus grande stabilité nationale. Les jeunes Somaliens ont aussi besoin d’une plateforme pour s’exprimer librement à tous les niveaux, tout en renforçant les capacités des autorités locales afin qu’elles puissent appuyer des programmes destinés à la jeunesse.

Pour que les jeunes restent au cœur des plans nationaux et locaux pour la paix et le développement, le PNUD collabore avec le nouveau gouvernement, la société civile et des partenaires internationaux en s’inspirant d’initiatives antérieures (formation professionnelle pour les adolescents à risque, formation de Somaliens des deux sexes comme agents de police) afin de créer un avenir meilleur pour la jeunesse somalienne.

« Exploiter le plein potentiel de la jeunesse somalienne est la clé d’un nouveau dynamisme et d’un nouvel espoir, a rappelé Mme Bahous. Les opportunités se matérialiseront si on leur offre une éducation de qualité et des emplois décents –afin que le dividende démographique se traduise en gains économiques et en transformations sociales. »

Il est nécessaire à présent de dessiner une vision claire de l’avenir pour la Somalie, une vision orientée vers la construction d’une société inclusive où les jeunes se sentiront maîtres de leur vie et auront les compétences et les opportunités d’améliorer leur sort et d’apporter la stabilité et une paix durable à cette nation de la Corne de l’Afrique.

Données clés :

  • Les indicateurs humanitaires et de développement somaliens sont parmi les plus bas au monde
  • Plus de 70 pour cent de la population somalienne a moins de trente ans
  • La jeunesse somalienne va continuer de croître en nombre, à cause d’un taux de fertilité élevé, estimé à 6,2 naissances par femme de 2010 à 2015.
  • Le chômage chez les Somaliens de 15 à 64 ans s’élève à presque 54 pour cent, contre 47 pour cent en 2002
  • L’espérance de vie est de 50 ans en Somalie, alors qu’elle était de 47 ans en 2001
  • Le taux de chômage chez les jeunes de 14 à 29 ans est de 67 pour cent, soit l’un des plus élevés au monde. Les femmes sont les plus grandes perdantes, avec un taux de chômage de 74 pour cent, contre 61 pour cent pour les hommes
  • Plus de 60 pour cent des jeunes ont l’intention de quitter le pays à la recherche de meilleures opportunités d’emploi
  • La Somalie est classée comme l’un des pires pays au monde pour les femmes. La violence et la discrimination sexistes y sont largement répandues.



Pour plus d’informations ou pour obtenir des images vidéo, veuillez contacter :

 

PNUD Somalie (Nairobi)
Aimee Brown, chargée de la communication, +254731 859 413, aimee.brown@undp.org

PNUD New York
Natasha Scripture, chargée de la communication, +1 212 906 6860, natasha.scripture@undp.org

Joignez-vous à la conversation sur Twitter
: #somaliaHDR

Telecharger le rapport (Anglais)
Autonomiser la jeunesse pour la paix et le développement

Le nouveau rapport révèle que bien que la majorité des jeunes Somaliens estiment avoir droit à l’éducation et à un travail décent, la plupart se sentent démunis face aux multiples barrières structurelles dressées par la famille, les institutions, les collectivités locales et la société en général.

 

Rapports sur le développement humain
Suivez-nous sur