Le développement de l'Afrique dépend de l'accès aux emplois de qualité et aux services sociaux

16 juil. 2012

imageDeux mères et leurs enfants préparent de la nourriture, République démocratyique du Congo. Photo: ONUD

Le rapport sur les OMD invite le continent à adopter une position unique sur le programme de développement postérieur à 2015

Addis Abeba —L'Afrique subsaharienne doit fournir un accès universel aux emplois décents et aux services sociaux afin de réaliser des progrès décisifs en matière de développement, indique un nouveau rapport récemment publié sur les avancées du continent sur le front des objectifs mondiaux de lutte contre la pauvreté.

Ce rapport intitulé Évaluation des progrès accomplis en Afrique dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) est une publication annuelle conjointe de la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), la Commission de l'Union africaine (CUA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

L'édition  2012  du rapport fait état des progrès enregistrés à l'échelle du continent au niveau de la scolarisation dans le primaire, de la parité entre filles et garçons dans la scolarisation à l'école primaire, de la proportion des sièges occupés par les femmes au parlement national et des taux de prévalence du VIH et du sida. Pourtant, malgré ces avancées, l'Afrique est toujours confrontée aux défis persistants de remédier aux inégalités de revenu omniprésentes, de créer des emplois décents et de fournir un accès universel aux services de santé et d'assainissement.

« Il incombe aux pays africains d'investir dans ce qu'ils ont de plus précieux, à savoir, leurs ressources humaines, et tout particulièrement leur population croissante de jeunes, afin de faire en sorte que ces derniers deviennent des citoyens productifs, innovants et engagés, qui pourront contribuer à l'accélération des avancées en direction des OMD et à la réalisation du développement humain durable » affirment les auteurs de l'avant-propos du rapport.

Les OMD sont huit objectifs internationalement convenus visant à réduire la pauvreté, la faim, la mortalité maternelle et infantile, les maladies, les logements inadéquats, l'inégalité entre les genres et la dégradation de l'environnement, d'ici à 2015.

Le rapport avance que la croissance économique soutenue et les améliorations enregistrées au titre de la réduction de la pauvreté continuent d'exercer un impact positif sur les progrès de l'Afrique subsaharienne en matière d'OMD, faisant état d'une baisse de 56,5 à 47,5 pour cent de la proportion de personnes vivant dans la pauvreté de 1990 à 2008.

Cependant, ces taux masquent de profondes inégalités. Par exemple, l'emploi vulnérable représente 70 pour cent de la croissance de l'emploi ; qui plus est, de telles occupations sont principalement détenues par les femmes. Dans des pays comme le Burundi ou le Libéria, plus de 85 pour cent des jeunes occupant un emploi sont des travailleurs pauvres.

La situation risque fort de s'aggraver du fait de la croissance démographique rapide à l'échelle du continent et en l'absence de toute perspective de développement des opportunités de travail.

Le rapport met également en avant les gains importants dans les domaines de la santé et de l'éducation, tout en soulignant que ceux-ci restent entravés par la piètre qualité et l'insuffisance d'accès liées aux prestations fournies. Par exemple, alors que les ratios de scolarisation au primaire ont dépassé les 90 pour cent dans la plupart des pays d'Afrique en 2010, seuls six pays africains ont enregistré des taux d'achèvement de l'école primaire d'au moins 90 pour cent.

En outre, alors que l'Afrique a accompli des progrès sur le front de la réduction de la mortalité infantile, qui marque une diminution de 50 pour cent entre 1990 et 2010 dans des pays tels que l'Érythrée, le Libéria, Madagascar et le Niger, de telles avancées profitent peu aux enfants vivant dans les zones rurales et reculées en raison du manque de médecins qualifiés et de l'absence d'infrastructure sanitaire appropriée.

À moins de trois ans de la date butoir de 2015, le rapport appelle les décideurs à mettre davantage l'accent sur l'amélioration de l'accès aux emplois de qualité, aux services sociaux et aux filets de sécurité. Les programmes de travaux publics, les dispositifs pour l'emploi des jeunes, les régimes d'assurance sociale et les programmes de distribution de repas scolaires sont au nombre des initiatives réussies ayant permis de réduire la pauvreté dans les pays concernés.

Tout en garantissant l'accès universel aux services de base, l'accent doit être placé sur la protection des plus vulnérables contre les hausses des prix des denrées alimentaires, les effets néfastes du changement climatique et les conflits récurrents.

Alors que les spécialistes du développement international entament le processus visant à définir un agenda postérieur à 2015, le rapport invite aussi l'Afrique à formuler une position commune tenant compte des défis émergents, notamment le fait d'accorder une plus grande priorité au contexte local et d'aller au-delà des besoins sociaux en privilégiant le secteur productif. Le continent devrait aussi se focaliser sur les questions liées à l'équité, à la création d'emplois pour les jeunes, à la sécurité alimentaire ainsi que sur les défis posés par la résilience, le changement climatique, la paix et la sécurité.

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