Les ministres latino-américains et africains débattent du renforcement de la coopération

29 mai 2012

Brasilia – Près de 40 ministres du développement social et représentants de gouvernements de plus de 15 pays latino-américains et 13 pays africains, entament aujourd'hui une réunion de deux jours sur l'échange de données d'expérience — et sur le renforcement de la coopération — en vue de réduire la pauvreté.

Le cinquième Forum ministériel sur le développement, qui réunit les représentants des deux régions à Brasilia du 29 au 31 mai, a pour objectif de discuter des progrès significatifs réalisés dans la réduction des inégalités et dans la promotion du développement durable. Le rôle qu'une politique budgétaire saine peut jouer dans le maintien des programmes sociaux constituera l'un des principaux thèmes abordés.

Le Forum est organisé chaque année par le Bureau régional du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour l'Amérique latine et les Caraïbes, avec le concours de l'agence espagnole pour l'aide et le développement. Pour la première fois, la réunion n'a pas lieu au siège des Nations Unies à New York et, pour la première fois, les ministres africains prennent part aux débats sur les politiques sociales. Le Forum est cette année le fruit d'un partenariat avec le gouvernement du Brésil.

"L'Amérique latine et l'Afrique ont beaucoup d'expériences à partager dans le domaine de l'éradication de la pauvreté et de la faim, notamment par le biais des systèmes de protection sociale”, a indiqué Helen Clark, administrateur du PNUD. "Les discussions de cette semaine préconisent une plus grande coopération entre les nations des deux continents. Ces échanges, tout comme la coopération Sud-Sud, mettent en lumière les solutions de développement qui, lorsqu’elles sont adaptées aux contextes nationaux, peuvent permettre aux nations de réaliser leurs objectifs".

La réunion a lieu moins d'un mois avant la Conférence des Nations Unies pour le développement durable Rio +20, à l'occasion de laquelle les dirigeants du monde, ainsi que des milliers de représentants de gouvernements, du secteur privé, et d'organisations de la société civile, se réuniront pour discuter de la manière de construire un avenir plus durable, lequel constitue un défi tout aussi crucial pour les pays développés et en développement.  

"Nous ne pourrons surmonter la pauvreté qu’avec une volonté politique et un investissement social", a déclaré Tereza Campello, la ministre brésilienne du Développement social. "C’est pourquoi les représentants internationaux réunis ici aujourd'hui sont déterminés à coopérer pour lutter contre la pauvreté et l'inégalité."

"Les dépenses publiques en faveur des pauvres dans des domaines tels que l'éducation, la santé,  l'agriculture et l'accès à l’eau représentent maintenant près de 70 pour cent des dépenses totales du gouvernement", a déclaré Ahmed Shide, ministre éthiopien des Finances et du développement économique. "Ceci illustre l’importance de notre engagement pour réduire la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d'ici à 2015."

Les participants au Forum ont convenu que la réduction des inégalités et de la pauvreté doivent être au cœur des politiques économiques et fiscales. Cela signifie également identifier les sources de la croissance et de création d'emplois pour inclure les pauvres dans l'économie tout en investissant dans potentiel humain, par une éducation et une formation professionnelle, ainsi que l’accès aux services de santé et à la nutrition.

Les représentants du gouvernement des deux continents ont aussi mis un accent particulier dans la redistribution des revenus et des actifs, y compris par le biais des régimes de protection sociale tels que ceux mis en place dans l'Amérique latine.

La région est un leader mondial dans les programmes sociaux qui fournissent une aide financière aux personnes vivant dans la pauvreté à la condition qu'elles continuent de se faire vacciner et de procéder à des contrôles médicaux et que leurs enfants continuent d'aller à l'école. Ces programmes figurent parmi les principaux moyens de réduire la pauvreté dans 18 pays de la région.

En Amérique latine, plus de 25 millions de familles, soit 113 millions de personnes ou 19 pour cent de la population, en ont bénéficié. Malgré leur forte pénétration, les dépenses liées à ces programmes ne représentent en moyenne que 0,4 pour cent du PIB des pays de la région, d'après la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Parmi les programmes mondialement connus que sont Bolsa Familia au Brésil, Chile Solidario, et Oportunidades au Mexique, figurent un certain nombre d'initiatives qui vont de l'aide financière directe et du microcrédit, accordés aux populations à faibles revenus, au soutien à l'agriculture familiale de subsistance et à l'installation de citernes d'eau dans les régions semi-arides. Les participants au Forum ont reconnu que ces initiatives étaient également essentielles au développement durable de l'Afrique.

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Daniel de Castro
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