Vingt petits États insulaires en développement s'unissent pour une énergie durable

08 mai 2012

imageUn projet d'énergie renouvelable en Tokélaou, soutenu par le PNUD, convertit l'énergie solaire en électricité (Photo: UNPhoto/Ariane Rummery)

Bridgetown — La Conférence sur la « Réalisation de l'énergie durable pour tous dans les petits États insulaires en développement » a conclu ses travaux ce jour par l'adoption de la « Déclaration de la Barbade », appelant à la réalisation de l'accès universel aux services énergétiques modernes et abordables, tout en protégeant l'environnement, en éliminant la pauvreté et en créant de nouvelles opportunités pour la croissance économique.

Adoptée à quelques semaines de la tenue de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio+20 », la Déclaration inclut des annexes comportant des engagements volontaires de la part de 20 petits États insulaires en développement (PEID) qui promettent de prendre des mesures favorables à la fourniture de l'accès universel à l'énergie, au passage aux énergies renouvelables et à la réduction des combustibles d'origine fossile.

Quant à la Barbade, pays hôte de la Conférence, ses dirigeants ont annoncé un plan spécifique visant à accroître la part des énergies renouvelables à 29 pour cent de la consommation électrique nationale d'ici 2029.

« D'ici 2029, nous prévoyons de diminuer le coût total de l'électricité de 283,5 millions de dollars USD et de réduire les émissions de dioxyde de carbone de 4,5 millions de tonnes », a déclaré le Premier Ministre de la Barbade, Freundel Stuart. « Nous envisageons également une réduction globale de 22 pour cent de la consommation électrique prévue, grâce à l'application de mesures d'efficacité énergétique », a-t-il précisé.

D'autres petits États insulaires en développement ont également annoncé des engagements similaires :

  • Les Maldives visent  à atteindre la neutralité en matière d'émission de carbone dans leur secteur énergétique d'ici 2020.
  • Les Îles Marshall prévoient d'électrifier tous les ménages urbains et 95 pour cent des ménages vivant dans les atolls périphériques en zone rurale d'ici 2015.
  • La République de Maurice s'est engagée à augmenter la part des énergies renouvelables, notamment les énergies solaire, éolienne et hydro-électrique jusqu'à 35 pour cent ou davantage, d'ici 2025.
  • Les Seychelles promettent de produire 15 pour cent de leur fourniture énergétique à partir de sources d'énergie renouvelable d'ici 2030.

La Déclaration reconnaît l'importance de l'initiative « L'énergie durable pour tous » lancée par le Secrétaire général des Nations Unies et admet que les questions liées à l'énergie ne pourront plus désormais être résolues de manière unilatérale mais plutôt par le dialogue ouvert et la coopération.

La Déclaration affirme que les délégués « restent profondément concernés par le fait que la plupart des PEID sont fortement dépendants des importations de pétrole et autres combustibles fossiles pour le transport et la production d'électricité, et que ceci constitue une source majeure de vulnérabilité économique pour ces pays, qui sont fortement exposés aux fluctuations des cours du pétrole ».

La Déclaration de la Barbade met en avant l'existence d'options commercialement viables dans un grand nombre de petits États insulaires, qui autorisent la mise en œuvre de différents systèmes d'énergie de type éolienne, solaire, géothermique et océanique.

« Cependant, ces technologies doivent être accessibles, abordables et adaptables aux besoins et aux circonstances particulières des communautés dans les PEID » précise la Déclaration, qui se poursuit par l'appel suivant :  « À cet égard, nous invitons la communauté internationale, et en particulier les pays développés, à prêter assistance aux PEID, pour leur garantir la fourniture des ressources financières, des transferts technologiques et du renforcement des capacités nécessaires ».  

La Conférence a réuni pendant deux jours plus de 100 chefs d'État ou de gouvernement, des ministres, des experts renommés dans le domaine du développement, des militants issus de la société civile, des cadres exécutifs et des responsables onusiens représentant 39 pays faisant partie du groupe des petits États insulaires en développement, et appartenant à différentes régions du monde : Caraïbes, Pacifique, Océan indien ou Afrique.

« Notre forte présence mondiale, notre expertise dans le domaine du renforcement des capacités et notre large expérience en matière de financement du développement nous permettent d'aider les petits États insulaires en développement dans leur effort en vue de réaliser une énergie durable pour tous. Nous les assurons de notre soutien afin qu'ils puissent développer leurs capacités à attirer les investissements », a indiqué Michelle Gyles-McDonnough, Coordonnatrice résidente des Nations Unies et Représentante résidente du PNUD à la Barbade et auprès de l'Organisation des États des Caraïbes orientales.

La Déclaration réitère que « les résultats de la Conférence de Rio+20 doivent être ambitieux et à la mesure de l'urgence de couvrir la totalité des aspects figurant au titre de l'agenda du développement durable, notamment la réalisation de l'ensemble des engagements relatifs aux PEID ».


À propos de la Conférence :
La Conférence de la Barbade est conjointement organisée par le gouvernement de la Barbade et le PNUD avec le soutien de l'Australie, la Norvège, la Fondation pour les Nations Unies, la Haute Commission britannique à la Barbade, le Partenariat des Amériques pour l'énergie et le climat (ECPA) soutenu par l'Organisation des États américains, l'initiative SIDS DOCK et l'Archers Hall Design Centre.

Informations supplémentaires

Stanislav Saling
PNUD New York, stanislav.saling@undp.org
Janine Chase
PNUD Barbade, janine.chase@undp.org