Les premiers transferts d'argent par téléphonie mobile lancés en Haïti

25 mars 2013

image À ce jour, plus de 14 000 habitations ont été réparées et près de 5 000 ont été reconstruites dans la capitale, Port-au-Prince.

Port au Prince/New York — Cette semaine, des ménages haïtiens affectés par le tremblement de terre ont commencé à recevoir des versements en espèces à travers le tout premier mécanisme de transfert d’argent par téléphonie mobile visant à soutenir la reconstruction des logements après la catastrophe. 

Plus de 2 000 de ces transferts sont prévus dans les trois prochains mois. Grâce à eux, 1 000 familles à faible revenu recevront des subventions d’un total de 500 dollars EU pour acheter des matériaux de construction, tels que du ciment, du fer et du bois, dans des magasins choisis et certifiés par le projet pour la bonne qualité de leurs marchandises et leurs prix abordables. Ce système fait partie de l'initiative des « Centres d’appui pour le renforcement des maisons endommagées », un partenariat entre le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’État haïtien.

Commandés par le PNUD et mis au point par Digicel, l’un des plus grands opérateurs haïtiens, les transferts d’argent par téléphonie mobile contribueront à renforcer l'inclusion financière en Haïti, où près de deux tiers de la population ont accès aux téléphones portables alors qu’à peine 10 % ont un compte en banque.

Les bénéficiaires peuvent également disposer d’un compte courant sur leurs mobiles, ce qui est un moyen sûr de stocker de l'argent liquide tout en réduisant le coût des transactions financières, en encourageant les utilisateurs à économiser et en attirant plus de personnes vers le secteur financier moderne.

« Les bons sur téléphone mobile apportent une sécurité et une facilité nouvelles en Haïti, en particulier pour les femmes qui peuvent se sentir vulnérables lorsqu’elles transportent de grosses sommes d'argent », explique Jessica Faieta, directrice principale de pays du PNUD en Haïti, en soulignant que plus de 40 % des chefs de ménages haïtiens sont des femmes. « En rendant les conditions de logement plus sûres, cette initiative encouragera également les personnes déplacées  à revenir définitivement dans leurs quartiers et leurs maisons rénovées. »

Grâce aux Centres d’appui pour le renforcement des maisons endommagées, connus localement sous le sigle CARMEN, les communautés affectées par le tremblement de terre à Port-au-Prince et dans la ville de Léogâne, à l'ouest du pays, ont développé la capacité de prendre directement en charge la réparation des logements, à travers des évaluations techniques et des formations à la construction. Quelque 4 000 familles se sont déjà enregistrées pour participer au projet qui bénéficiera ainsi à 12000 personnes. 5 000 participants ont été formés à des techniques de construction et 2 000 maisons endommagées ont été évaluées.

Le violent tremblement de terre qui a secoué Haïti il y a deux ans a causé des dégâts structurels à près de 80 000 maisons et endommagé partiellement 100 000 autres.  À ce jour, plus de 14 000 habitations ont été réparées et près de 5 000 ont été reconstruites dans la capitale, Port-au-Prince, grâce à un effort coordonné de l’État, des organisations non gouvernementales et des agences des Nations Unies.

« Le montant de l'argent perdu par les familles au cours du tremblement de terre, enterré sous les maisons dans des boîtes à café ou caché sous les matelas, n’a pu être comptabilisé », note Maarten Boute, le président de Digicel Haïti. « Les gens ont non seulement perdu leur maison, mais aussi leur sécurité financière. Des projets de transfert d'argent par téléphone portable tel que celui-ci sont porteurs d'énormes possibilités : ils peuvent être étendus pour donner accès au microcrédit, à l’achat en gros sans avoir à se rendre à Port-au-Prince... Ces transferts ont réellement le potentiel de dynamiser l'économie haïtienne. »

« Ceci montre à quel point les entreprises sont des partenaires essentiels pour la reconstruction d’un Haïti plus résilient », déclare Sigrid Kaag, directrice du Bureau des relations extérieures et du plaidoyer au PNUD. « Cette alliance prend appui sur nos travaux et recherches réalisés dans des contextes d'urgence et dans le cadre de partenariats antérieurs en faveur des transferts électroniques ou par téléphonie mobile aux bénéficiaires. Elle apporte une innovation nécessaire aux États, aux sociétés, aux ONG et aux organismes de développement qui doivent transférer de l’argent dans des situations d'urgence et de relèvement rapide. »

Selon une étude récente de la Banque mondiale, 90 % des 2,5 milliards de personnes vivant dans le monde avec moins de 2 dollars EU par jour n'ont pas accès à des comptes bancaires ou autres services financiers. Vu que 80 % de la population du monde jouit d'une couverture de téléphonie mobile, une amélioration de la capacité des gens à envoyer, recevoir ou stocker de l'argent à l’aide de leurs téléphones portables peut améliorer leurs conditions de vie et contribuer à passer des modèles bancaires traditionnels à des options plus abordables. La recherche montre que les ménages pauvres qui ont accès à des services financiers modernes sont plus enclins à investir dans l'éducation, à améliorer leur productivité et leurs revenus, et à prévenir les maladies.

Contacts

Port-au-Prince: Chirine El-Labbane, chirine.el-labbane@undp.org, Cel: +509 36007455

New York: Carolina Azevedo, carolina.azevedo@undp.org, Tel: +1 212 906 6127