Cambodge : plus de la moitié des séropositifs souffrent de la faim

30 août 2011

Phnom Penh - Selon un rapport publié la semaine dernière à Phnom Penh, plus de la moitié des cambodgiens vivant avec le VIH étaient sous-alimentés et manquaient de denrées alimentaires en quantités adéquates en 2010.  Cette proportion s’élevant à un peu plus du tiers dans les ménages non touchés par la maladie.

Le rapport, The Socioeconomic Impact of HIV (L’impact socioéconomique du VIH), a également révélé que 27 % de ceux qui vivent avec le VIH perdent leur emploi ou toute autre source de revenu une fois leur maladie diagnostiquée. De manière générale, les ménages touchés par le VIH gagnent 25 % de moins par habitant que les ménages non touchés.

“L’étude met en lumière l’extrême vulnérabilité des ménages touchés par le VIH aux chocs économiques”, a déclaré Douglas Broderick, Coordonnateur résident des Nations Unies au Cambodge. “Ces constatations montrent comment il importe d’intensifier les programmes de protection sociale contre le VIH et de veiller à ce que les interventions de réduction de la pauvreté atteignent les cambodgiens les plus pauvres et les plus vulnérables.”

Le rapport, dernier en date de l’Autorité nationale du sida, utilise des données collectées au moyen d’une enquête nationale sur 4 172 ménages (2 623 touchés par le VIH et 1 549 non touchés). Le rapport était commandé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans le cadre d’une initiative visant à évaluer l’impact social et économique du VIH en Asie.

Le Cambodge a fait des progrès remarquables dans la lutte contre le VIH, en arrêtant et en inversant l’épidémie de VIH dans le pays et en facilitant l’accès aux thérapies antirétrovirales et au traitement des infections opportunistes. Toutefois, le rapport montre que le VIH continue d’avoir un profond impact sur les ménages.

Parmi les effets les plus frappants : les ménages touchés par le VIH risquent deux fois plus d’avoir une veuve à leur tête (34 % contre 17 %) et plus d’un tiers des ménages touchés par le VIH s’occupent d’un enfant orphelin du sida.

Les enfants vivant dans des ménages touchés par le VIH risquent davantage de devoir travailler que ceux des ménages non touchés ; et deux fois plus de filles des ménages touchés par le VIH travaillent que celles qui vivent dans une famille non touchée (10 % contre 5 %).

Les taux d’inscription scolaire pour les ménages touchés et non touchés sont presque égaux – 86 et 85 %, respectivement, mais les enfants des ménages touchés risquent davantage d’abandonner l’école faute d’argent (21 % contre 15 %).

Alors que la prévalence du VIH dans la population du Cambodge, qui compte près de 15 millions d’habitants, est tombée à 0,7 % l’année dernière contre 2 % en 1998, on peut attribuer à l’épidémie de VIH un manque à gagner équivalant à 16,5 % du PIB entre 1993 et 2020.

Cependant, le traitement a également permis de réduire de 100 millions de dollars par an les pertes en PIB entre 2003 et 2009. L’étude estime qu’on a pu éviter la mort de 21 497 travailleurs entre 2003 et 2009 grâce à une thérapie antirétrovirale fournie à 96,7 % des adultes et enfants concernés.

Les constatations de cette étude, les plus importantes et les plus complètes du genre au Cambodge, serviront à renforcer la prévention, le traitement, les soins et les stratégies d’atténuation de l’impact du VIH, à introduire de nouvelles interventions validées par des données factuelles et à veiller à ce que des ressources y soient effectivement allouées.

Le rapport a été produit par l’Autorité nationale du sida et le bureau de l’ONU au Cambodge, en collaboration avec Sanigest Internacional et le Centre for Advanced Study de Norvège.

Renseignements pour la presse

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