Amérique Centrale : le respect de l'État de droit, la solution contre la violence

20 oct. 2009


San Salvador - Ni main de fer, ni gant de velours. Les solutions pour remédier à la grande insécurité qui secoue la région passent par la définition d'une « main intelligente» en ce qui concerne le respect de la démocratie et la réalisation de l'État de droit, affirme le Rapport sur le Développement humain pour l'Amérique Centrale de 2009-2010 Ouvrir des espaces pour favoriser l’épanouissement de la sécurité des citoyens et le développement humain, qui a été présenté aujourd'hui à San Salvador. La divulgation du Rapport fut présidée par le premier mandataire salvadorien, Mauricio Funes, conjointement avec la Directrice Régionale du PNUD pour l'Amérique Latine et la Caraïbe, Rebeca Grynspan; la Coordonatrice Résidente des Nations Unies et la Représentante Résidente du PNUD au Salvador, Jessica Faieta; le Secrétaire Général du Système d'intégration de l'Amérique Centrale (SICA), Juan Daniel Aleman, et le Coordonateur général du Rapport, Hernando Gomez Buendia.

L'insécurité citoyenne en Amérique Centrale est un immense défi pour le développement humain, indique le Rapport, mais il existe une solution à ce problème. Le document affirme que la main de fer et le gant de velours on failli et doivent faire place à une stratégie intelligente de sécurité citoyenne pour le développement humain. Cette nouvelle stratégie intégrale doit tenir compte des démarches préventives et coercitives, s'imbriquer de manière cohérente dans le système de la justice et la structure des valeurs régissant les rapports entre citoyens. Ouvrir des espaces pour permettre l’épanouissement de la sécurité citoyenne et du développement humain affirmequela clé du succès de cette nouvelle stratégie de sécurité se retrouve, entre autres mesures, dans une réelle volonté politique, un esprit d'initiative sans équivoque et la continuité d'un gouvernement à un autre.

« Ce Rapport nous force à examiner de plus près la formulation des stratégies régionales », a déclaré le Président Funes, qui a par la suite ajouté que « le succès dans la lutte contre les activités criminelles ne peut être atteint que lorsque la démocratie s'exerce pleinement. »

« S'il existe une volonté de résoudre les problèmes, il faut d'abord les identifier, et pour ce faire, reconnaitre leur existence, ne jamais les nier », eut encore à ajouter le Président.

L'Amérique Centrale est devenue la région du monde enregistrant les plus forts niveaux de violence au quotidien. Selon les informations figurant dans le Rapport, près de 79 000 personnes ont été assassinées dans la région au cours des 6 dernières années. Malgré les grandes différences existant entre pays, la moyenne pour l’année 2008 fut de 33 meurtres pour chaque cent mille habitants, soit un taux trois fois plus élevé que la moyenne mondiale.

Malgré ces niveaux excessifs de violence, résoudre le problème de l'insécurité dont souffre la région n'est possible que dans un environnement démocratique, selon l'IDH pour l'Amérique Centrale. 

« Outre son coût économique indubitable et tangible, une des principales causes qui en fait un sujet fondamental est que la violence et la délinquance sont en train d'influencer les décisions que les gens prennent tous les jours, faisant de cette violence un facteur de limitation du développement humain. Un des coûts parmi les plus difficiles à quantifier est celui des libertés perdues », souligna Rebeca Grynspan. 

Puis, la Directrice Régionale pour l'Amérique Latine et la Caraïbe du PNUD ajouta que « la violence affecte l'une des caractéristiques essentielles de la liberté. Aucun aspect de la sécurité humaine n'est plus fondamental que le fait de pouvoir empêcher que la population soit en proie à la peur et à la violence physique ».

La sécurité, indique le rapport du PNUD, suppose un diagnostic intelligent, une réelle volonté politique et un système intégré en vue de l'adoption et de l'exécution de mesures à court et à long terme. Parmi les conditions qui doivent être réunies pour arriver à résorber cette fâcheuse évolution, on trouve le fait de disposer d'informations objectives, fiables et stables permettant une meilleure compréhension de l'évolution de ce phénomène, l’orientation du travail sur le terrain, l’évaluation des stratégies, le contrôle des fonctionnaires et l’adoption des changements nécessaires. Selon le Rapport, la sécurité n'est pas uniquement le problème des policiers et des juges, parce que cette politique globale et cohérente requiert la participation des institutions chargées de l'élaboration des stratégies de prévention.

« Tout le monde a droit à la sécurité et l'État a pour devoir de l'assurer. Sans sécurité, pas d'investissements; sans investissements, pas d'emplois et sans emplois, il n'y pas de développement humain. La sécurité représente un élément essentiel de la stratégie de développement des pays et des villes », affirma Hernando Gomez Buendia, le Coordonateur général du Rapport.

Seul un contrôle exercé de près peut espérer juguler l'insécurité, et donc cette stratégie intelligente de sécurité citoyenne pour le développement ne serait pas complète sans la participation des gouvernements locaux. Cela suppose une appréhension directe du problème, proximité, décentralisation et flexibilité de la part des autorités nationales et locales, selon le Rapport.

Les citoyens doivent être bien informés du problème, des solutions et des progrès réalisés par la stratégie. Le Rapport souligne que comme pour le développement humain, la sûreté citoyenne est la sécurité des gens, par les gens et pour les gens.

Les solutions les plus efficaces à l'insécurité respectent et renforcent l'État de droit. Une meilleure cohésion sociale et un système intelligent garantissant la sûreté des citoyens ainsi que la justice pénale assure une sécurité plus équitable et durable. Les démocraties d’Amérique Centrale peuvent parvenir à réduire l'insécurité affectant leurs populations, affirme Ouvrir des espaces pour la sécurité citoyenne et au développement humain.

Le Rapport sur le développement humain pour l'Amérique Centrale n’est disponible qu’en espagnol.

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