la Journée mondiale de la liberté de la presse

01 mai 2009

Le monde célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse, et salue les immenses progrès de la Sierra Leone dans le domaine

Journaliste de la Radio de l’ONU en action.

Freetown , Sierra Leone – S’orientant résolument sur la voie de la libéralisation des médias, la Sierra Leone prépare actuellement la mise en place d’un service de radiodiffusion public indépendant qui remplacera le service administré par le gouvernement. 

En mars 2009, le gouvernement sierra-léonais a approuvé un projet de loi portant création de la Sierra Leone Broadcasting Corporation (SLBC). Le mois suivant, les deux grands partis politiques du pays, à savoir le Congrès populaire pour tous (APC - All Peoples’ Congress) au pouvoir et le Parti du peuple de la Sierra Leone (SLPP - SierraLeone People’s Party) du côté de l’opposition, ont donné leur aval à la réforme de la radiodiffusion publique. Une fois que le projet de loi aura été approuvé par le Parlement, la Sierra Leone aura fait un grand pas dans la direction du libre accès à l’information.

« Ce sera là un jalon marquant non seulement pour la Sierra Leone, mais aussi pour toute l’Afrique », dit William Orme, conseiller des Nations Unies en matière de développement des médias en Sierra Leone. « Il est peu d’exemples, ajoute-t-il, d’un gouvernement qui renonce volontairement au contrôle de son organe de communication officiel et qui permette à un service de radiodiffusion indépendant de prendre la place de celui-ci. »

Pendant le conflit qui a sévi dans le pays de 1991 à 2002, la destruction généralisée de l’infrastructure avait également touché les systèmes d’information et les praticiens des médias expérimentés avaient rejoint les rangs des multitudes qui avaient fui à l’étranger.

La Radio des Nations Unies établie en 2000 en Sierra Leone par la mission de maintien de la paix des Nations Unies est devenue le principal radiodiffuseur du pays, atteignant 90 % du territoire et diffusant des émissions 24 heures sur 24 ; elle était citée dans les sondages d’audience comme la source de nouvelles locales jouissant de la plus grande confiance du public. La SLBC doit, selon les prévisions, jouer un rôle analogue, mais sous contrôle national cette fois, et non plus international. Elle sera supervisée par un conseil d’administrateurs indépendants représentant toutes les régions, tous les secteurs sociaux et la société civile, y inclus le secteur privé et les médias. Les structures de gouvernance et la déclaration de mission de la nouvelle organisation sont fondées sur des directives pour la radiodiffusion publique définies par la Commission indépendante des médias du pays ainsi que sur les principes de la radiodiffusion publique approuvés par l’Union africaine et l’UNESCO.

La libre circulation de l’information est essentielle pour établir la confiance, gérer les rumeurs et consolider les dividendes de la paix dans les situations de post-conflit, d’où la haute priorité accordée par les Nations Unies à l’appui visant au renforcement du secteur des médias en Sierra Leone.

Studio de la Radio de l’ONU

Avant les élections présidentielles et législatives de 2007, par exemple, le Programme des Nations Unies pour le développement a œuvré avec l’Association des journalistes de la Sierra Leone et a apporté son concours à la formation de journalistes au reportage électoral ainsi qu’à l’élaboration d’un Code de conduite des médias, en vertu duquel les grandes institutions médiatiques nationales ont convenu de s’autodiscipliner et ont accepté que leurs prestations fassent l’objet d’un suivi exercé par une entité indépendante.

La création de la SLBC est particulièrement opportune. Les stations de radio appartenant à des partis politiques rivaux, accusées d’exacerber les violents affrontements entre leurs membres et partisans survenus en mars 2009, ont fait l’objet d’une interdiction temporaire d’émettre. « Nous savons tous les dangers et l’effet déstabilisant qu’ont pu avoir les émissions de radio partisanes et ethniques dans de nombreuses régions d’Afrique durant la dernière décennie. La présence d’un radiodiffuseur indépendant par le truchement duquel toutes les voix peuvent se faire entendre élimine toute justification pour les radios partisanes et offre une alternative de très loin supérieure », dit M. Orme.

La Journée mondiale de la liberté de la presse 2009, qui est célébrée le 3 mai, met l’accent sur la capacité des médias à favoriser le dialogue, la compréhension et la réconciliation.

Contexte :

Le mandat des Nations Unies en Sierra Leone, énoncé dans la résolution 1620 du Conseil de sécurité d’août 2005), comporte l’apport d’un soutien aux institutions démocratiques en général et en particulier à la mise en place par la Sierra Leone de « services de radiodiffusion publics indépendants et efficaces » en tant que composante intégrale de leur mission de promotion dans le pays d’une « culture de paix, de dialogue et de participation ».

La Radio des Nations Unies cessera d’émettre en septembre 2009, après neuf ans d’activité. Si le Parlement de la Sierra Leone approuve le processus de transition envisagé selon lequel le radiodiffuseur d’État traditionnel qu’est le Sierra Leone Broadcasting System doit faire place à une société de radiodiffusion publique indépendante, la SLBC, les Nations Unies se sont engagées à appuyer la nouvelle institution démocratique en lui apportant une assistance technique, en lui allouant une aide à la transition au moyen du Fonds pour la consolidation de la paix et en mettant à sa disposition tous les avoirs et l’infrastructure de la Radio des Nations Unies.

Le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL) appuie les institutions démocratiques au moyen d’activités de renforcement des capacités, d’assistance technique et d’aide financière, en coordination avec le gouvernement et la communauté des donateurs.

Contacts

William Orme, Conseiller au développement des médias
Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL)
Freetown, Sierra Leone
william.orme@undp.org Tél. : + 232 (0) 76-66-2616