Dervis remercie le personnel du PNUD, évoque les défis à venir

26 février 2009

New York - Lors de son dernier jour au PNUD, l'Administrateur sortant Kemal Derviş a remercié le personnel de l'organisation pour son dévouement au sein de l'organisation et établi certains des défis à venir.

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Kemal Dervis à son arrivée à l'aéroport de Kigali en 2007
"Chers collègues et amis,
 
Cela a été un formidable honneur d’exercer la fonction d’Administrateur au cours des quatre années passées. Il me semble que c’était hier que j’arrivais au siège pour prendre mon nouveau poste. Lorsque je repense à tout ce que nous avons accompli ensemble, j’estime que nous pouvons être fiers des progrès réalisés face aux défis les plus urgents en matière de développement dans le monde.

Je veux également exprimer ma gratitude aux plus de 7.000 d’entre vous qui ont répondu au récent sondage mondial du personnel (GSS). Si les données de chaque siège, bureau de pays et groupe régional sont encore en cours de traitement, on m’en a déjà dévoilé certains des résultats-clés. Je suis particulièrement heureux de constater que le moral se trouve à un niveau plus élevé que jamais. A titre d’exemple, le nombre d’employés qui recommanderaient le PNUD en tant que bon endroit pour travailler se situe à un niveau record, et le nombre de membres du personnel indiquant qu’ils sont traités avec respect au travail est le plus élevé jamais enregistré depuis que le GSS a été lancé, il y a dix ans. Un nombre record d’entre vous affirme également que les objectifs du PNUD sont clairement définis. Je constate par ailleurs avec plaisir que le nombre de membres du personnel déclarant que leur équipe de direction apporte direction et leadership se situe lui aussi à un niveau record. Je saisis cette occasion pour exprimer ma reconnaissance à l’égard de l’équipe de direction pour le travail effectué – cette équipe est extraordinaire et je suis heureux que vous l’ayez plébiscitée.

Il reste bien entendu des domaines à améliorer, notamment en ce qui concerne l’équilibre entre les conditions de travail et de vie, bien que le nombre de personnes estimant que leur travail leur laisse la possibilité de prendre soin de leur famille et de leurs responsabilités personnelles atteigne son point le plus élevé depuis 2001. De même, si un nombre record d’entre vous indique être satisfait de l’information que vous recevez sur ce qui se passe dans votre bureau, il est impératif que nous fassions encore mieux à cet égard. Le Sondage a également révélé la nécessité d’être plus vigilants pour ce qui est de gérer les charges de travail de manière plus efficace, les résultats ayant peu évolué à cet égard depuis 2005. Je sais également qu’il y a eu et qu’il continue d’y avoir des défis particulièrement difficiles pour certains d’entre nous, et que parfois, l’organisation n’a pas été en mesure de traiter certains problèmes et besoins.

Alors, oui, nous devons chercher à consolider ces gains et à améliorer ces domaines où les notes sont les plus faibles. Mais les résultats positifs qui ressortent du GSS – en dépit d’un certain nombre de difficultés auxquelles nous sommes confrontés ces dernières années – sont probablement un témoignage de notre engagement collectif pour ce qui est de servir le bien commun en tant que famille du PNUD.

Nous avons fait de grands pas dans le travail que nous réalisons à travers le monde, et qui consiste autant à aider les pays à répondre aux Objectifs du Millénaire pour le Développement qu’à faire face aux changements climatiques, ou encore à travailler sur la gouvernance démocratique, la prévention des crises et le relèvement et la réponse au sida. Et nous continuons d’accomplir des progrès au niveau de la réforme, en travaillant avec le reste de la famille des Nations Unies vers un bien commun. A cette fin, chacun d’entre vous a joué un rôle important et je vous en remercie.  

Je voudrais mettre l’accent sur une question : la nécessité d’assurer que les femmes se voient accorder les mêmes opportunités pour ce qui est d’apporter leur contribution et de diriger comme les hommes. Une de mes priorités comme Administrateur a été d’assurer que les objectifs essentiels de l’habilitation des femmes et de la réalisation de l’égalité des sexes habitent tout ce que nous faisons. Au niveau programmatique, de nombreux bureaux sont en train d’entreprendre des initiatives importantes et souvent novatrices à cet égard. La Stratégie pour l’égalité des sexes 2008-2011, lancée il y a un an, contribue à compléter et à renforcer le Plan stratégique en fournissant un cadre d’orientation pour la programmation, la mesure et l’établissement de rapports sur les résultats en matière d’égalité des sexes, dans tous les domaines de pratiques. Sur le front des ressources humaines, le rapport joint sur l’état d’avancement de la parité entre les sexes au PNUD (“La parité des sexes au PNUD”) met en exergue certaines des réalisations récentes. Nous avons instauré une série de mesures visant à assurer la poursuite des progrès, telles que l’intégration de la parité des sexes dans les outils de contrôle et de responsabilité internes. Il a également été convenu, lors d’une réunion du Comité directeur et d’application de l’égalité des sexes organisée en décembre, que la promotion de l’égalité des sexes et de la parité des sexes doit être incluse dans les Evaluations des résultats et des compétences (RCA) de tous les responsables. Mais il convient, pour atteindre notre objectif, de déployer des efforts accrus au niveau des pratiques de recrutement dans toute l’organisation.

Il est certain que nous avons été confrontés à de grandes difficultés sur un certain nombre de questions et dans un certain nombre de pays. La plus importante a été la perte tragique de nos amis et collègues d’Alger et d’ailleurs, dans l’exercice de leurs fonctions. Il est impératif que nous demeurions vigilants et que nous continuions à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sûreté et la sécurité de l’ensemble de notre personnel, où qu’il se trouve.

A l’évidence, l’avenir nous réserve d’autres défis importants, à nous tous qui travaillons sur le développement et la coopération internationale.

La dépression économique est plus aigue et plus généralisée que prévu au niveau mondial. On redoute de plus en plus la possibilité que même les prévisions d’aujourd’hui sous-estiment le problème : après tout, presque tout le monde s’est trompé jusqu’à maintenant. Un grand nombre des forces qui ont contribué à la croissance et au développement mondial au cours des dernières années se sont mis à stagner ou à régresser. Le volume du commerce mondial va baisser cette année, suite à la chute mondiale de la demande, et la contraction du crédit a provoqué une carence des finances commerciales. Les liens de la production mondiale qui alimentaient l’expansion mondiale amplifient aujourd’hui le ralentissement économique. Les flux financiers privés sont en train de s’assécher et même de s’échapper de beaucoup de pays que nous travaillons à appuyer.

Si la dégradation de la situation économique dans l’avenir immédiat est peut-être inévitable, la vitesse et l’ampleur de la reprise dépendront des réponses politiques et de leur efficacité. Les gouvernements et les institutions multilatérales sont en train d’élaborer ou de mettre en œuvre des politiques visant à ranimer l’économie et à encourager les cadres politiques susceptibles de rendre moins probable une telle crise dans l’avenir.
 
Deux éléments importants doivent être pris en considération. En premier lieu, les réponses politiques doivent atténuer l’impact de la crise sur les populations et les pays les plus vulnérables. L’impact de la crise sera trop accablant pour permettre aux pays pauvres de trouver une réponse par eux-mêmes. La gestion de la vulnérabilité doit être mise au premier rang de la réponse nationale et internationale à la crise. Une collaboration plus forte entre le PNUD, la famille des Nations Unies, la Banque mondiale et les autres partenaires sera cruciale tant pour identifier les situations les plus vulnérables que pour concevoir et mettre en œuvre une réponse efficace. En second lieu, la réponse à la crise peut être rendue cohérente si on établit les fondations d’un nouvel élan en faveur du développement durable à long terme. Un exemple serait l’allocation d’une partie des plans d’incitation fiscale qui sont en train d’être examinés ou mis en œuvre en vue de financer les investissements et emplois verts – ce qui contribuerait à la fois à combler la chute de la demande privée grâce à la dépense publique, tout en faisant progresser les efforts visant à atténuer les changements climatiques.

Dans cette lutte pour atteindre ces objectifs, je demeure convaincu que, peut-être aujourd’hui plus que jamais, le monde a besoin de la famille des Nations Unies pour obtenir des résultats de manière aussi efficace, cohérente et efficiente que possible. Et il a sans aucun doute besoin d’un PNUD fort, en tant que réseau-clé de coordination pour le développement des Nations Unies.

Il n’est certainement pas facile de vous dire au revoir. Mais comme je l’ai déjà dit : « Une foisPNUD, toujours PNUD ». Je continuerai d’être impliqué dans les questions mondiales et de développement, ce qui nous permettra de continuer à travailler ensemble. Je penserai à vous tous, et je suis impatient de rester en contact avec vous. Revoyons-nous lorsque l’occasion se présente. Je rechercherai de telles opportunités.

Entre-temps, continuez votre bon travail et prenez soin de vous-mêmes et de vos proches. Je vous adresse tous mes vœux de succès pour l’avenir.

Veuillez accepter toute ma gratitude et mes meilleurs sentiments.

Kemal"

Contacts

Christina LoNigro à New York: christina.lonigro@undp.org - 212-906-5301.