La réalisation des ODD et de l’Agenda 2063 exigent la mise en place d’une coalition d’acteurs et d’une coordination à large échelle

16 juin 2016

Plus de 100 participants réunis par le PNUD pour la mise en œuvre des programmes de développement

Johannesburg, Afrique du Sud – Leadership politique, priorisation des objectifs et approche commune sont les trois vecteurs indispensables à la mise en œuvre réussie de l'Agenda 2030 pour le développement durable et de l’Agenda 2063 pour l'Afrique, qui vise à établir la prospérité inclusive pour tous à l’échelle du continent, tout en assurant la sécurisation de l’environnement.

Ces observations figurent parmi les principales conclusions d’une réunion de deux jours tenue à Johannesburg, en Afrique du Sud, qui a rassemblé plus de 100 représentants issus de la sphère gouvernementale, de la société civile et des organismes des Nations Unies dans les pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe. Les participants étaient invités à discuter et à partager leurs expériences sur l’intégration des deux programmes dans les plans nationaux de développement, et sur les différents outils pratiques dont disposent les pays concernés pour ce faire.

La réunion avait été convoquée par le Bureau régional pour l’Afrique relevant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en collaboration avec la Commission de l’Union africaine (CUA) et en partenariat avec le gouvernement du Kazakhstan.

Dans son allocution d’ouverture, Jeff Radebe, Ministre à la Présidence chargé de la planification du suivi et de l’évaluation au sein du gouvernement d’Afrique du Sud, a mis en avant la nécessité d’établir des voies de communication entre les deux programmes : « la résolution des problèmes économiques, sociaux et environnementaux sont au cœur des deux programmes, qui visent à améliorer la vie de notre peuple ».

« Ces programmes de développement jumeaux, à savoir les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063, ne portent ni sur les Nations Unies ni sur l’Union africaine, mais sur le désir commun des peuples du continent et du monde de s’émanciper du joug de la pauvreté, la marginalisation économique et l’inégalité », a affirmé le Ministre Radebe.

En effet, le Programme 2030 d’application universelle qui comprend 17 ODD et l’Agenda 2063 qui revendique une Afrique intégrée, pacifique et prospère se complètent dans leurs grandes lignes.

« Il existe une grande convergence de vues entre les deux programmes et la mise en correspondance de leurs objectifs, cibles et indicateurs respectifs est désormais bien établie. Les 17 ODD sont intégrés dans les 20 objectifs du premier Plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063 », a rappelé de son côté Anthony Maruping, Commissaire aux affaires économiques de la Commission de l’Union africaine.

Gana Fofang, Coordonnateur résident des Nations Unies et Représentant résident du PNUD en Afrique du Sud a noté, quant à lui, que la réunion sous-régionale était particulièrement opportune puisqu’un grand nombre de pays représentés allaient prochainement s’atteler à l’examen de leurs processus nationaux de planification du développement.

« Veiller à ce que les objectifs mondiaux et régionaux soient intégrés dans les plans nationaux de développement dès le départ permettra de réduire les coûts liés à leur mise en œuvre et à l’établissement de rapports sur les objectifs parallèles », a indiqué Gana Fofang. « Les investissements réalisés aujourd’hui contribueront à orienter les efforts des acteurs du développement et à allouer les ressources en faveur du développement aux différents échelons en vue de la réalisation d’un objectif partagé et d’une vision commune. Cependant, les programmes restent des vœux pieux tant qu’ils ne sont pas appliqués », a-t-il conclu.

Les discussions ont permis de dégager certaines caractéristiques communes aux pays qui ont accompli des progrès en matière d’intégration des ODD dans les plans nationaux, telles qu’une configuration institutionnelle au plus haut niveau politique et une approche multipartite englobant une diversité d’acteurs à travers un comité de pilotage national, à titre d’exemple.

Ssansa Mugeyi, Directeur par intérim de la coordination, du suivi et de l’évaluation des ODD au sein du Cabinet du Premier ministre d’Ouganda, a présenté le processus de mise en œuvre des ODD dans son pays, qui comprend des directives d’intégration et un processus de certification ayant donné lieu à l’intégration des ODD à hauteur de 76 pour cent dans le Plan de développement national II. Par ailleurs, au Botswana, un Groupe de travail Vision créé par le Président s’est attelé à l’alignement du pays sur les cadres mondiaux et régionaux de développement durable.

Compte tenu de la vaste portée et de l’ambition de ces deux programmes, les discussions ont également porté sur la façon d’établir des priorités parmi les objectifs, tout en conservant le caractère indivisible et intégré des ODD.

« Les pays ont la latitude de mettre en œuvre les ODD avec des effets d’intégration divers, comme par exemple, des investissements susceptibles d’améliorer les résultats d’un éventail élargi d’objectifs ou de produire d’énormes effets multiplicateurs », a affirmé Eunice Kamwendo, Conseillère stratégique au Bureau régional du PNUD pour l’Afrique.

« Les objectifs 7, 9 et 15 qui portent respectivement sur l’énergie propre et d’un coût abordable, l’industrie, l’innovation et l’infrastructure, et la vie terrestre pourraient avoir un impact positif sur les objectifs 2, 3, 4, 8 et 10, visant respectivement la faim « zéro », la bonne santé et le bien-être, l’éducation de qualité, le travail décent et la croissance économique, et les inégalités réduites », a-t-elle poursuivi.

« L’ODD 5 qui prône l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes et des filles est susceptible d’induire des effets sur tous les objectifs concernés par la réduction de la pauvreté, la santé et la nutrition, et l’éducation », a-t-elle ajouté.

Bartholomew Armah, Chef de la Section du Renouvellement de la planification à la Division des politiques macroéconomiques de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a expliqué qu’un programme de transformation structurelle inclusive et durable exigeait d’aborder les trois piliers économique, social et environnemental du développement d’une manière intégrée, en escomptant des dividendes plus élevés sur lesinvestissements sociaux.

Par ailleurs, les participants ont jugé le manque de données comme un défi majeur à l’intégration des programmes de développement dans les plans nationaux, soulignant la nécessité de renforcer les institutions de statistiques.

Maurice, par exemple, a entrepris d’intégrer les ODD dans sa Vision 2030 et a mis en place un Comité sur les indicateurs statistiques des ODD dans le cadre de sa démarche de mise en œuvre intégrée. Selon M. Grish Gunraz Gunesh, Chef de la direction par intérim au Ministère de l’Environnement, du développement durable, de la gestion des catastrophes et des plages, le Comité doit envisager l’élaboration d’indicateurs pertinents pour les ODD, évaluer les lacunes en matière de données et identifier les sources de données pertinentes.

La question du financement de la mise en œuvre des programmes de développement figurait également au nombre des domaines de préoccupation des participants. En effet, au vu de la diminution croissante de l’Aide publique au développement (APD), les discussions se sont concentrées sur le renforcement de la mobilisation des ressources nationales ainsi que d’autres sources de financement et de partenariats pour atteindre les objectifs. Le rôle clé du secteur privé a été reconnu, non seulement en matière de création d’emplois, mais aussi pour garantir des pratiques commerciales durables en conformité avec les programmes de développement.

En outre, l’importance de la génération et du partage d’idées, de connaissances et de technologies innovantes a été mise en avant comme étant indispensable à la réalisation des nouveaux programmes.

« Chaque pays a des expériences pertinentes à partager et de nouvelles choses à apprendre », a indiqué Gana Fofang, Représentant résident du PNUD. « La coopération Sud-Sud joue un rôle croissant dans le développement, comme en témoigne cet événement lui-même, et qui est très apprécié par les pays en développement », a-t-il observé en notant la présence massive des pays africains et le soutien manifeste du Kazakhstan.

Les participants ont également souligné le rôle crucial de la société civile en termes de sensibilisation à ces programmes par l’implication du grand public dans la mise en œuvre et le suivi des progrès accomplis au titre de la réalisation des objectifs du développement. Le financement durable de ces activités a été toutefois considéré comme un défi.

Enfin, des outils pratiques pour l’intégration des ODD ont été présentés, tels que la stratégie de simplification, d’accélération et de soutien aux politiques (MAPS) du Groupe de développement des Nations Unies. Cette approche est axée sur l’intégration du programme dans les plans et budgets nationaux, l’accélération des progrès au titre du programme et la mobilisation de l’appui aux politiques par l’ensemble du système des Nations Unies.

Un deuxième atelier sous-régional sera organisé à l’intention des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à Dakar, au Sénégal les 21 et 22 juin 2016.

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