Résoudre le problème énergétique au Liban tout en atténuant les changements climatiques

21 oct. 2015

Six heures, c’est la durée moyenne des coupures d’électricité quotidiennes au Liban. La faute en incombe au fossé entre l’offre et la demande énergétiques, ainsi qu’au manque d’efficience du réseau électrique, qui n’opère qu’à 65% de ses capacités. La guerre civile en Syrie n’a fait qu’aggraver le problème : l’afflux de réfugiés dans des régions souffrant déjà du manque d’infrastructures a provoqué une hausse gigantesque de la demande. Dans tout le Liban, on doit recourir à des groupes électrogènes diesel polluants et coûteux pour compenser les coupures de courant et les baisses de tension régulières.

« On ne peut sainement travailler en classe sans lumière », se plaint Ali Majed, directeur de l’Institut pédagogique Amal, une école primaire et secondaire dans le complexe immobilier Tahrir, au sud du Liban. L’électricité y est si peu fiable que ce sont les saisons qui déterminent si les élèves sont confortables en classe.

« Étant donné notre situation géographique, en haut d’une colline, nous bénéficions d’une ventilation naturelle en été, mais nous sommes exposés à des vents parfois violents l’hiver », continue Ali. Comme d’autres écoles du Liban, l’institut dépend largement de groupes électrogènes diesel pour remédier aux pannes d’électricité.

Afin d’améliorer l’approvisionnement énergétique dans tout le pays, le PNUD a formé un partenariat avec l’Union européenne et le secteur privé pour créer le projet CEDRO IV, une initiative qui vise à élaborer et mettre en œuvre une stratégie énergétique nationale durable en vue de garantir une alimentation en électricité plus fiable tout en atténuant les changements climatiques. CEDRO IV opère avec des homologues nationaux tels que le ministère de l’Énergie et de l’Eau, le Centre libanais pour la conservation de l’énergie (LCEC), le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), Électricité du Liban et le ministère de l’Industrie.

Il s’agit là d’un projet de grande ampleur. Il consiste en la mise en place de systèmes hybrides solaire/diesel pour des écoles comme l’Institut, ce qui soulage considérablement les systèmes électriques scolaires tout en améliorant la qualité de l’air autour des dortoirs (les groupes électrogènes diesel polluent l’air ambiant). Le système, constitué de 464 panneaux, qui a été installé à l’Institut devrait produire 160 MWh d’électricité tout en économisant 107 200 kilos de CO2 chaque année, ce qui profitera à plus de 1300 élèves.

Par ailleurs, CEDRO IV travaille en étroite collaboration avec des ONG et fondations libanaises. L’une d’entre elles, la MEDRAR, sponsorise des projets de développement et fournit une aide humanitaire directe. Dans le district de Nabatieh, la MEDRAR s’est associée à CEDRO IV afin de créer un système d’énergie géothermique pour alimenter un centre offrant des services sociaux aux toxicomanes et des soins aux personnes âgées. Le projet vise l’installation d’une pompe à chaleur à capteur vertical pour la climatisation, le chauffage et l’eau chaude dans le centre médical, d’une capacité de 240 lits.

« Le projet a été mis sur pied pour répondre aux problèmes sociaux graves auxquels font face les habitants du district de Nabatieh en particulier, et les Libanais en général », explique Dunia Berry, directrice du centre médical MEDRAR.

Outre sa collaboration avec des organisations communautaires locales, CEDRO IV  travaille à améliorer l’efficacité énergétique des entreprises libanaises. Il les aide à réduire leurs émissions de CO2 et à accroître leur rentabilité. Parmi ses partenaires, on compte LibanJus, une usine de jus de fruits située à Baabda.

 

« Pour que LibanJus puisse atteindre ses objectifs de production, il nous fallait investir dans une grande centrale diesel », raconte Nadim Gharios, directeur du développement commercial. L’entreprise utilisait des groupes électrogènes diesel pour éviter les coupures de courant, ce qui augmentait les coûts de production et par conséquent le prix de vente de ses produits.

« L’électricité coûte plus cher au Liban que dans la plupart des autres pays, ce qui a un impact direct sur notre compétitivité au sein des marchés régionaux », continue-t-il.

Un système hybride a été installé à LibanJus pour réduire le coût énergétique et rendre l’entreprise plus compétitive. Composé de 429 panneaux, il permettra de produire 356 MWh d’électricité et d’économiser quelque 275 210 kilos d’émissions de CO2 chaque année. Des systèmes similaires sont en cours d’installation dans d’autres entreprises libanaises à Bekaa et Bikfaya, ainsi que dans des universités à Kaslik et Beyrouth.

CEDRO IV, qui a été lancé en 2014 et continuera jusque fin 2016, montre bien comment des mesures d’atténuation qui tiennent compte des conditions locales et sont décidées par la communauté seront le moteur de la campagne mondiale pour réduire les émissions de carbone. 

Pour en savoir plus sur CEDRO IV, voir http://www.cedro-undp.org/

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