Selon l’ONU, le virus Ebola pourrait faire régresser le développement

07 août 2014

imageUn professionnel de la santé traite un patient atteint d'Ebola en Guinée. Photo: OMS

L’ONU affirme que des mesures doivent être prises pour protéger les communautés vulnérables et les progrès réalisés en matière de développement des effets à long terme potentiels du virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

La plus grande épidémie de cette maladie que le monde ait connue a déjà fait des centaines de victimes en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, et quelques cas ont été recensés au Nigéria.

Au-delà du nombre de morts, la crise sanitaire actuelle aura des conséquences économiques et sociales durables dans les pays qui sortent de plusieurs années de conflits et d’instabilité. « Certains de ces pays connaissaient un taux de croissance économique encourageant, et des progrès en matière de développement y avaient été accomplis après de longues périodes de tourmente, explique Abdoulaye Mar Dieye, le Directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique.

» Cela pourrait les faire régresser. Les secteurs d’activité émergents tels que le tourisme, l’agriculture et l’investissement du secteur privé pourraient en pâtir, et les programmes de développement risquent de devoir s’interrompre dans les régions touchées, qui ont le plus grand besoin d’aide.

» De plus, les mesures telles que le confinement aux frontières, la quarantaine, le dépistage dans les aéroports et la protection appropriée du personnel médical pourraient coûter au secteur des soins de santé des centaines de millions de précieux dollars. »

Le Programme des Nations Unies pour le développement et les équipes de pays de l’ONU collaborent étroitement avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui se charge de l’intervention médicale, tandis que l’UNICEF et le FNUAP assurent la majeure partie de la sensibilisation communautaire, de la mobilisation et de l’éducation.

  • Au Libéria, le PNUD aide l’équipe spéciale Ebola à mobiliser des ressources, à planifier l’intervention, à surveiller les frontières et à organiser les activités d’alerte précoce.
  • En Sierra Leone, le système des Nations Unies coopère avec le gouvernement pour mettre sur pied un Centre d’opération d’urgence Ebola. Les efforts du PNUD visant à améliorer et à réformer le secteur de la sécurité du pays seront réorientés afin d’aider à gérer les frontières pour contenir la maladie.
  • Au Nigéria, le PNUD mobilise 1,5 million de dollars des États-Unis pour appuyer les efforts du gouvernement visant à éviter la propagation de la maladie.  
  • En Guinée, le PNUD aide le comité de crise national du gouvernement à planifier des opérations d’envergure nationale et étend actuellement ses activités afin de couvrir les zones frontalières.

Le PNUD va également lancer un projet régional pour aider la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone à combattre ensemble l’épidémie, tout en mettant l’accent sur les zones frontalières. En outre, les économistes du PNUD vont étudier l’impact financier potentiel de cette crise sur les moyens de subsistance dans les trois pays concernés.

De son côté, l’OMS a lancé un nouveau plan d’intervention de 100 millions de dollars qui vise à arrêter la propagation de la maladie et à prévenir de nouvelles épidémies. La Banque mondiale a, quant à elle, annoncé qu’elle  apporterait 200 millions de dollars pour contenir l’infection, aider les communautés touchées à faire face à l’impact économique de la crise, et améliorer les systèmes de santé publique.