Cameroun : le directeur du PNUD Afrique exhorte à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs de développement

05 mai 2014

image« Les femmes et les jeunes doivent jouer un rôle actif dans la transformation du pays » a déclaré Najat Rochdi, représentante du PNUD au Cameroun.

Yaoundé, Cameroun — En conclusion de sa visite officielle au Cameroun, Abdoulaye Mar Dieye, directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a exhorté les partenaires du développement et le gouvernement à redoubler d’efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

« C’est maintenant qu’il faut considérer les progrès accomplis et passer à la vitesse supérieure. Le Cameroun a un potentiel infini et il aspire à devenir un pays émergent en 2035 », a déclaré M. Dieye. Il a ajouté que « des mesures audacieuses doivent accompagner ces efforts pour investir dans la transformation, la diversification et les infrastructures économiques, la création d’entreprises et la protection sociale. »

Bien que ce soit la 6e économie d’Afrique, avec des ressources naturelles en abondance, le Cameroun n’est pas près d’atteindre la majorité des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), même s’il a fait des progrès dans des domaines comme l’éducation primaire universelle ou l’accès à l’eau.

Le gouvernement camerounais a mis en place une stratégie de réduction de la pauvreté centrée sur une croissance économique inclusive, des administrations locales plus solides et la création d’emplois.

En outre, le Cameroun était en tête du peloton pour les consultations mondiales les plus actives et les plus inclusives sur le calendrier du développement pour l’après-2015. Dans le cadre de cette initiative, 50 000 personnes ont participé à un scrutin en ligne organisé par l’ONU en 2013 et elles ont sélectionné l’éducation, la santé, l’eau et la bonne gouvernance comme priorités du développement pour succéder aux OMD.

Au cours de sa visite, M. Dieye, accompagné de la coordonnatrice résidente de l’ONU Najat Rochdi, a rencontré une série de responsables gouvernementaux, dont le Premier ministre et les ministres des Affaires étrangères, de la Planification et de la Présidence, ainsi que des représentants de la société civile, du corps diplomatique, du PNUD et de l’équipe de pays de l’ONU.

« Le PNUD veut aider le pays à respecter son calendrier pour la transformation, a expliqué Najat Rochdi, représentante du PNUD et coordonnatrice résidente de l’ONU au Cameroun, en ajoutant que « il faut placer les individus au centre de ce grand bond en avant. Les femmes et les jeunes doivent jouer un rôle actif dans la transformation du pays. »

Vers la fin de sa visite, M. Dieye a également assisté à la première réunion ministérielle de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD V) à Yaoundé.

Il s’est entretenu des initiatives visant à accélérer la mise en œuvre du Plan d’action de Yokohama issu de la TICAD avec des ministres japonais et africains, ainsi qu’avec des responsables de la Banque mondiale, de l’Union africaine et de nombreuses organisations bi- et multilatérales. Les participants ont également abordé des questions importantes pour le continent, comme les femmes et les jeunes, les priorités de l’Afrique pour le calendrier post-2015, ainsi que l’agriculture, l’alimentation et la nutrition.

Les participants ont tous convenus d’appuyer les priorités qui sont au cœur de la Position commune africaine sur le calendrier du développement pour l’après-2015, notamment la transformation économique, la paix et la sécurité, la croissance inclusive et le développement humain durable.

Au cours de la réunion, M. Dieye a déclaré que l’Afrique devrait prendre des mesures spéciales pour promouvoir une croissance inclusive, notamment en réinvestissant les revenus des industries extractives dans les collectivités et dans l’économie. Il a également fait remarquer qu’il fallait agir de toute urgence à l’échelle du continent pour restreindre les flux financiers illicites, qui représentent 3 à 4 pour cent du PIB de l’Afrique.

En outre, les questions de sécurité transfrontalières, et en particulier la crise en République centrafricaine, figuraient en bonne place à l’ordre du jour.

M. Dieye et ses homologues étaient tous d’accord pour dire que la crise en République centrafricaine faisait pression sur tous les pays avoisinants, dont le Cameroun, et ils ont rappelé aux partenaires que le PNUD comptait aborder le conflit dans sa dimension régionale.

« Le Cameroun subit de plein fouet la crise centrafricaine et ses communautés doivent absorber un nombre de réfugiés de loin supérieur au nombre d’habitants du pays. Les partenaires doivent fournir un appui accru au gouvernement camerounais pour aider les localités qui accueillent des réfugiés », a déclaré M. Dieye.

Il y a 170 000 réfugiés centrafricains au Cameroun à l’heure actuelle, contre 97 000 au Tchad et 56 000 en République démocratique du Congo.