La Guinée-Bissau mise sur la stabilité et se rend aux urnes

11 avr. 2014

imageUne vaste campagne d'éducation civique a eu lieu en vue des élections. ©PNUD Guinée-Bissau

Les électeurs de la Guinée-Bissau se rendent aux urnes ce dimanche, pour des élections présidentielle et législatives dont beaucoup espèrent qu’elles apporteront la stabilité à ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.

Reportées à plusieurs reprises, ces élections seront les premières à se tenir depuis le coup d'Etat militaire de 2012 qui a renversé le président intérimaire Raimundo Pereira. Elles sont largement considérées comme essentielles au retour de l'ordre constitutionnel, de la croissance économique et du développement.

« C'est la première fois que je vais voter. Mon but est de choisir un gouvernement capable de résoudre les problèmes du pays et d’assurer l'éducation des jeunes. Grâce à ces élections, c’est en train de devenir possible », explique Diamantino Barai, étudiant de 18 ans demeurant à Bissau et qui s’apprête à voter pour la première fois. 

Comme beaucoup de femmes et d'hommes en Guinée, Barai est inquiet pour l'avenir. Plus des deux tiers de la population vit avec moins de deux dollars par jour et les indicateurs de développement du pays comptent parmi les plus faibles du continent. C’est le cas par exemple de l'espérance de vie, qui ne s’élève qu’à 48,6 ans.

« Je voudrais appeler tous les Guinéens non seulement à se rendre aux urnes dans la paix, mais également à s’engager à accepter les résultats. Ce dont la Guinée-Bissau a besoin, c'est d’un retour à la normalité constitutionnelle. C'est alors seulement que le pays sera en mesure de revenir sur la voie d’un développement plus robuste », déclare Gana Fofang, Représentant spécial adjoint des Nations Unies et Coordonnateur résident en Guinée-Bissau. 

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) appuie le cycle électoral en Guinée-Bissau, et gère un panier de fonds de 6,6 millions de dollars qui comprend les financements de l'Union européenne, de l'Afrique du Sud, du Japon, du Fonds de l'ONU pour la consolidation de la paix, du Royaume-Uni, du Nigeria, de la Turquie et du Brésil.

Les fonds ont été utilisés pour aider la Commission électorale nationale (NEC) à organiser le scrutin, acheter le matériel de vote, organiser des activités d'éducation civique et former les agents électoraux. Pour la première fois, la Commission dispose désormais de ses propres locaux, entièrement rénovés, et situés à Bissau, dans la capitale.

En parallèle, le PNUD a livré le matériel de vote, y compris 800 000 bulletins de vote et 6 000 urnes, plus de 6 000 bureaux de vote ainsi que des bouteilles d'encre indélébile.

Une vaste campagne d'éducation civique a eu lieu, ainsi que des visites porte-à-porte dans les collectivités, et des activités de sensibilisation des électeurs dans les lieux publics. Certaines de ces activités ont même pris place dans les écoles, où les enfants ont pour la première fois appris ce que signifie le fait de voter.

Les radios communautaires et les stations de radio publiques et privées diffusent des messages de paix et renseignent les électeurs sur la façon de voter. Au total, 1 000 agents d'éducation civique et 15 170 agents des bureaux de vote ont été formés.

Financé par le Fonds pour la consolidation de la paix, l'Institut de Gorée, une organisation de la société civile basée au Sénégal, a mis en place une cellule de crise et déployé des femmes de deux ONG nationales sur le terrain pour prévenir d’éventuels incidents. L'opération est coordonnée par ONU Femmes.