Œuvrer pour un monde sans mines antipersonnel

04 avr. 2014

imageUne équipe de femmes démineurs

Le 4 avril, Journée internationale de la lutte antimines, l’ONU aidera à attirer l’attention sur le coût humain dévastateur des restes explosifs de guerre dans certaines communautés, parfois des dizaines d’années après la fin d’un conflit.

Cette année, alors que la Jordanie et l’Ouganda viennent de se déclarer débarrassés de leurs champs de mines, l’Éthiopie et le Mozambique s’apprêtent à annoncer qu’ils devraient bientôt faire de même. Comme d’autres pays sont, eux aussi, en train d’éliminer leurs armes à sous-munitions, le monde est en passe de devenir moins dangereux.

« Les bombes, les mines terrestres et autres munitions non explosées causent une double tragédie pour les pays qui sortent d’un conflit, explique l’Administrateur du PNUD Helen Clark. Non seulement ces engins tuent chaque année plus de 3 600 personnes et en blessent des dizaines de milliers, mais ils empêchent pays et communautés de se développer pour atteindre leur plein potentiel. Ils ont en effet un impact sur la sécurité alimentaire, l’accès aux terres agricoles, les services sociaux, l’eau potable et le réseau routier.

« En cette Journée internationale de lutte antimines, mon message est porteur d’espoir, cependant : l’appui que le PNUD et beaucoup d’autres acteurs ont apporté pendant des décennies aux pays touchés par ce fléau ont rendu ceux-ci plus sûrs, ce qui a un effet direct sur la réduction de la pauvreté. »

Cent-soixante-et-un pays ont adhéré à la Convention d’Ottawa sur les mines anti-personnel, qui interdit l’emploi de telles armes. Des pays jusque-là contaminés, comme l’Ouganda et la Jordanie, ont rempli leurs obligations au titre de ce traité et sont considérés désormais comme exempts de mines. L’appui programmatique que le PNUD continue de fournir avec d’autres  organisations partenaires commence à porter ses fruits ailleurs.

Au Cambodge, par exemple, le déminage intensif de ces dernières années a contribué à une baisse progressive des décès dus aux mines antipersonnel et à d’autres restes explosifs de guerre, qui sont passés de 188 en 2006 à 48 en 2013. C’est ainsi que des centaines de milliers d’agriculteurs et de familles démunies ont pu augmenter leurs revenus et faire reculer la pauvreté. En 2013, grâce à l’appui du PNUD, quelque 19 000 ménages cambodgiens ont pu exploiter des champs récemment dépollués. Dorénavant, 61 pour cent des terres servent à l’agriculture.

La Journée internationale de la lutte antimines 2014 veut attirer l’attention sur le rôle important que jouent les femmes dans ce secteur. Les femmes et les filles sont plus souvent victimes des mines. Elles ont des besoins différents en matière de sensibilisation aux risques et doivent faire face à des difficultués supplémentaires si elles sont blessées ou qu’un membre de leur famille est blessé ou tué. Dans le monde entier, du Laos à l’Éthiopie, le PNUD aide des femmes à devenir expertes dans l’art du déminage.

Dans beaucoup de sociétés touchées par les guerres et l’instabilité, les restes explosifs sont un obstacle à une paix de longue durée et empêchent la réhabilitation et la réinsertion des anciens combattants et des populations touchées par les conflits, comme les réfugiés qui rentrent dans leurs foyers. C’est pourquoi, rien qu’en 2013, les programmes appuyés par le PNUD ont aidé plus de 170 000 victimes de mines, dont beaucoup de déplacés, à trouver un emploi et des moyens de subsistance.

Autres résultats pour 2013 :

  • En Albanie, le PNUD a participé au nettoyage de plus de 51 000 mètres carrés de terres, pour le plus grand bénéfice de plus de 16 000 personnes.

  • Au Liban, le PNUD, avec des organismes de déminage et d’autres partenaires clés, a maintenant aidé à dépolluer 66 pour cent des zones contaminées dans le pays.

  • Avec l’appui du PNUD au Yémen, 162 000 déplacés ont pu rentrer chez eux en 2013, après que le Centre national de déminage eut nettoyé les terres autour de leurs habitations.
  • Le PNUD a aidé l’Albanie, l’Iraq et le Tchad à remplir leurs obligations au titre de la Convention sur les mines anti-personnel. Au Mozambique et en Albanie, il a aidé le gouvernement à remplir ses obligations au titre de la Convention sur les armes à sous-munitions et à soumettre des rapports de transparence.