Madagascar vote dans le calme pour élire un nouveau président

20 déc. 2013

image A Antananarivo, Ouza espère que le vote apportera un avenir meilleur à ses enfants. Photo: PNUD Madagascar

Les Malgaches se sont rendus aux urnes vendredi, lors d’élections présidentielles censées sortir le pays de l’impasse politique dans laquelle il se trouve depuis quatre ans.

Près de huit millions de femmes et d'hommes inscrits étaient invités à élire un président et 151 députés. Le vote est considéré comme une étape importante vers la reprise du processus de développement, dans un pays où neuf personnes sur dix vivent dans la pauvreté.

«Je n'ai pas voté la première fois parce que j’ai donné naissance», a déclaré Ouza, qui réside dans la capitale, Antananarivo. « Mon choix est l'héritage que je laisse à mes enfants. J'espère qu'il apportera la paix et l'harmonie à Madagascar ».

Le Programme de développement des Nations Unies (PNUD) a soutenu le premier et le deuxième tour des élections, fournissant un appui logistique et de conseil à la Commission électorale nationale indépendante de la Transition (CENIT) - le corps électoral qui a organisé le scrutin.

« Les malgaches placent beaucoup d'espoir dans ces élections qui représentent une étape cruciale vers la sortie de la crise la plus longue de l'histoire politique récente de la grande Ile, » a déclaré Fatma Samoura, Représentante résidente du PNUD à Antananarivo.

«  Elles signifient le retour de Madagascar à l'ordre constitutionnel, celui des investisseurs et la reprise de l'aide au développement, des éléments d'une extrême importance pour le pays vu la grande précarité dans laquelle Madagascar a vécu au cours de ces cinq dernières années. »

La CENIT annoncera les résultats provisoires le 7 janvier.

Du 15 au 19 décembre, le PNUD a organisé une série de caravanes artistiques, concerts et spectacles qui ont permis d’éduquer et de sensibiliser les électeurs à travers le pays. Le PNUD, en collaboration avec des associations, a formé 140 candidates à l’assemblée nationale. Elles ont été formées aux relations avec les médias et sensibilisées sur le processus de vote.

'' Il fut un temps où les femmes étaient reléguées au second plan, mais cette époque est dépassée. Les femmes ont un rôle primordial dans la prise de décision. Je me sens prête à contribuer à la sortie de crise de mon pays'', a déclaré Assiata, l'une des candidates ayant participé aux formations.

Dans le but de promouvoir un sondage pacifique, le PNUD a également aidé à établir une cellule de crise surveillant de potentiels incidents à partir du siège de la CENIT à Antananarivo, représentée par l’armée, le gouvernement et la société civile.

La cellule a effectué la liaison avec 480 médiateurs opérant dans tout le pays, qui lui ont fait part de case de violence ou autres incidents. Un programme informatique a été créé, recueillant des données en temps réels à cet effet.

Plus de 140 incidents ont été enregistrés, mais aucun d'entre eux n’a perturbé les sondages ni dégénéré. Six lignes téléphoniques ont également été mises à disposition des Malgaches, leur donnant la possibilité de signaler des incidents au sein de leurs communautés.

« Cette cellule de crise et d'alerte précoce a été incroyablement utile. Elle nous a permis de savoir quels étaient les risques, et comment s’attaquer aux incidents», a déclaré Fatma Samoura.

Vidéo

Premier tour des élections présidentielles à Madagascar