Le chef du PNUD invite les États membres de l'ONU à réagir aux appels pour « Le monde que nous voulons »

23 sept. 2013

image Des enfants en Afrique du Sud au cours d'une marche de promotion pour la campagne « MyWorld » lors de la Journée Mandela

New York — En répondant à une enquête mondiale sans précédent, les États Membres des Nations Unies peuvent passer de l’espoir à la réalité et bâtir un monde plus équitable avec des soins de santé, des services d’éducation et des emplois de qualité décente pour tous, a déclaré lundi l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) Helen Clark.

Elle s’exprimait en sa qualité de présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement, composé de 32 fonds et programmes des Nations Unies ayant mis en œuvre le projet, lors d’une réunion d’un groupe de haut niveau consacrée au rapport issu de l’enquête intitulé « Un million de voix : Le monde que nous voulons » qui a recueilli les avis et les votes de plus d’un million de personnes de par le monde.

« À ce que je sais, un certain nombre d’États Membres préparent d’ores et déjà la voie en s’inspirant de leurs consultations nationales et des résultats mondiaux pour définir les objectifs qui feront suite à l’initiative anti-pauvreté des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) une fois que celle-ci aura atteint sa date butoir de 2015, a-t-elle dit.  J’accueille ces activités avec satisfaction et j’espère qu’elles inciteront d’autres nations à en faire autant. »

« En écoutant ces voix et en répondant aux vœux exprimés, les États Membres des Nations Unies peuvent pénétrer en territoire nouveau et susciter le type d’appropriation du public qui pourra concrétiser les aspirations du monde en formulant un programme d’action suivi et défendu par les gens mêmes pour lesquels il a le plus d’importance. »

Les consultations et les enquêtes du projet « Le monde que nous voulons » ont permis de constater que les gens attendent des pouvoirs publics et de la communauté internationale qu’ils créent des conditions propices à un développement social et économique inclusif, à la paix et à la sécurité, au sein de frontières planétaires. Ils souhaitent que les dirigeants mondiaux s’attachent :

• À mener à bien la tâche inachevée des OMD en fournissant un accès universel à l’eau, à l’alimentation, à de meilleurs soins de santé et à une éducation de qualité;

• À gérer les ressources naturelles, à créer des emplois et à assurer la sécurité et l’élimination de la violence;

• À remédier aux inégalités, notamment en levant les obstacles qui s’opposent à l’accès aux services publics, à la participation à la vie politique et aux possibilités d’emploi.

Les appels en faveur d’une meilleure éducation, de soins de santé améliorés, d’une gouvernance honnête et sensible aux besoins, et d’emplois ont dominé les débats de par le monde.

Le rapport « Un million de voix : Le monde que nous voulons » a été présenté lundi aux dirigeants mondiaux durant la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Les consultations et les enquêtes se poursuivront jusqu’à la fin 2015 afin que les opinions des gens éclairent le processus intergouvernemental qui façonne  le programme de développement de l’après 2015.

Plus de 300 000 personnes ont pris part à des réunions face à face dans 88 pays et à 11 consultations sur des questions telles que la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable et la gouvernance. La plate-forme Internet The WorldWeWant2015 a été le site de débats en ligne qui ont rassemblé des communautés d’experts.

Environ un million de personnes ont participé au projet par le biais de l’enquête sur les options de MY World 2015, par des canaux numériques, des SMS et de larges interactions hors ligne au moyen d’un réseau de plus de 700 partenaires de la société civile.  La plupart des votes exprimés de MY World sont venus de l’Inde, du Nigéria, du Cameroun, de la Thaïlande, des Philippines, du Rwanda, des États-Unis, du Royaume-Uni, du Brésil et de l’Indonésie. La moitié des participants avaient moins de 30 ans. Une carte mondiale en ligne indique les résultats de l’enquête et permet aux gens de répartir les résultats par pays, régions, sexe, niveau d’éducation ou groupe d’âge.

Les membres du panel réunions à New York lundi comprenaient également : Alicia Barcena, Directrice de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes et présidente des Commissions économiques des Nations Unies ; Amina Mohammed, Conseillère spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la planification du développement après 2015 ; Augustine Ngafuan, ministre des Affaires étrangères du Libéria ; Fumio Kishida, ministre des Affaires étrangères du Japon ; Milo Dukanovic, Premier ministre du Monténégro ; Monique Coleman, actrice et conseillère mondiale pour la jeunesse; et Pascal Canfin, ministre du Développement de la France.

Une priorité : atteindre les pauvres et les exclus

Mme Clark a noté que les consultations avaient visé dès les premiers temps à atteindre un vaste échantillon de la population mondiale, y inclus de ceux qui vivent au quotidien dans la pauvreté et l’exclusion. Au nombre des messages issus du projet, a-t-elle dit, on relève que les gens ne veulent pas que leurs dirigeants renoncent aux OMD et qu’ils souhaitent les voir continuer de s’appuyer sur ces objectifs pour améliorer la qualité des services de base.

« Dans les 88 consultations nationales, les gens ont fait part de leur frustration devant l’inégalité sous toutes ses formes et ont exprimé leur désir de dignité et de respect pour tous. 

Reconnaissant les multiples dimensions de la pauvreté, ils ont noté sans ambiguïté le fait que notre monde est profondément injuste et que la dynamique du pouvoir et de l’exclusion a laissé un certain nombre de gens, de groupes et de pays sur la touche », a dit Mme Clark.

« Le million de voix reflétées dans ce rapport fait ainsi clairement savoir que les gens veulent que les autorités gouvernementales et tous les partenaires et parties prenantes s’emploient à réduire les inégalités entre hommes et femmes, milieu rural et milieu urbain, groupes ethniques et religieux, riches et pauvres, et sur tous les autres paramètres », a déclaré Mme Clark.

« Ces voix, a précisé Mme Clark, lancent un appel persuasif en faveur de l’autonomisation et de la promotion des femmes et des filles, d’investissements dans leur éducation et leur santé, et de mesures pour assurer le respect de leurs droits, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive. »

Les huit OMD – qui vont de la réduction de moitié de la pauvreté extrême à l’arrêt de la propagation du VIH/sida et à l’instauration de l’éducation primaire pour tous, d’ici la date butoir de 2015 – constituent un programme dont ont convenu tous les pays et toutes les grandes institutions de développement du monde. Ils ont galvanisé les efforts déployés, qui ont atteint un niveau sans précédent, pour répondre aux besoins des plus pauvres de notre planète.