La résilience prend racine dans l’est du Tchad

16 sept. 2013

image Helen Clark a été accueillie par un grand nombre de résidents locaux, y compris des réfugiés et des personnes déplacées, lors de sa visite dans l'est du Tchad. (Photo: PNUD au Tchad)

En visite au Tchad du 14 au 17 septembre, l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, s’est rendue dans la région sahélienne de Dar Sila, située dans l’est du pays, afin d’observer la mise en place d’un programme de résilience.

Le PNUD et ses partenaires, la société civile et le gouvernement tchadien s’y sont associés pour piloter une approche intégrée visant à diminuer la vulnérabilité des communautés, sous ses multiples aspects, dans le village de Goz Beida.

La zone se distingue par sa fragilité: catastrophes naturelles, dérèglements climatiques, détérioration de la terre et perte de productivité sont autant de problèmes auxquels les habitants de cette région sont confrontés. La région est devenue une zone d’accueil pour bon nombre de populations déplacées qui exercent une pression additionnelle sur l’environnement et les services.

Profitant d’une période de relative paix et de stabilité, la nouvelle approche vise à guérir les plaies tout en rapprochant les populations au sein d’un même programme de développement.

« Le dividende de cette plus grande stabilité doit pouvoir répondre aux aspirations des populations pour éduquer leurs enfants, obtenir des soins de santé adéquats et renforcer ses  moyens de subsistance, » a dit Helen Clark lors d’une interview avec Radio Sila, une station locale qui produit des émissions de sensibilisation sur la paix intercommunautaire.

Le programme soutient directement les communautés mais travaille également avec les autorités locales pour aider les populations à construire un meilleur avenir.

Dans son volet prévention des conflits, le programme a déjà mobilisé des radios locales, des caravanes de la paix et les autorités religieuses et traditionnelles de la région. Celles-ci ont sensibilisé 65 000 personnes sur les thèmes des droits de l’homme, de la violence contre les femmes et des conflits communautaires.

Environ 150 médiateurs, dont bon nombre de femmes, ont aidé à résoudre 42 conflits communautaires en utilisant des techniques traditionnelles, couvrant parfois jusqu’à 70 kilomètres à dos d’âne pour favoriser le dialogue et la prévention de la violence dans tous les hameaux environnants.

Des audiences itinérantes ont également permis de favoriser l’accès à la justice en permettant à 130 000 personnes de prendre connaissance de principes ayant trait au droit foncier, conjugal ou social.

Grâce à cette stabilité relative, le programme encouragera les collectivités locales à se développer, en renforçant leur sécurité alimentaire tout en leur permettant de générer de nouvelles sources de revenu.

L’initiative leur donnera accès à l’énergie grâce à l’installation de générateurs accomplissant les tâches les plus difficiles, comme le décorticage du grain. Mille femmes seront formées à la commercialisation de produits locaux et ont déjà contribué un total de USD 8 000 pour faire fonctionner leurs associations.

En parallèle, le programme a mis en place des panneaux solaires qui permettront d’alimenter les foyers en électricité.

« Ce programme est une merveille pour nos femmes. Nous avons repris une vie à partir de rien. Nous avons beaucoup gagné dans notre estime, » a déclaré Marioma Mahamat Abdekerim, Inspectrice de l’enseignement à Goz Beida qui est fortement impliquée dans le projet.

Le programme soutient également la résilience des institutions locales et nationales, en augmentant leurs capacités à promouvoir la santé, l'éducation et les services de droit et à élargir la protection sociale et les opportunités économiques.

Ainsi, la municipalité de Goz Beida dispose aujourd’hui de 21 élus, dont deux femmes, et a multiplié par dix sont budget en deux ans, de USD 16 000 à USD 160 000.