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Mobiliser la diaspora tchadienne pour le renforcement des capacités

9 août 2013

Mbaïdéyo Djasserabe, un membre de la diaspora tchadienne, est revenu au pays participer à un programme de renforcement des ressources humaines au sein des services de santé et de l’enseignement supérieur. Photo@PNUD au Tchad

Chaude après-midi dans les salles de la Faculté des sciences exactes de N’Djamena, au Tchad, où Mbaïdéyo Djasserabe enseigne les mathématiques à une classe de 16 élèves en Master 1. Aujourd’hui, si ces étudiants font preuve d’enthousiasme, Mr. Djasserabe, lui, dresse un portrait inquiétant de la situation de l’enseignement supérieur au Tchad. « Depuis 2000, le niveau des étudiants a baissé et les conditions de l’enseignement se sont dégradées à cause du manque d’enseignants et de matériels didactiques. Ni la faculté, ni les étudiants n’ont pour l’instant les moyens de leurs ambitions » précise-t-il.

Le Tchad a, parmi sa diaspora, des ressources humaines compétentes et l’expertise de ces nationaux expatriés constitue une opportunité à mobiliser. Ingénieur statisticien à Paris, Mr. Djasserabe a accepté de venir au Tchad pour participer à un programme de renforcement des ressources humaines au sein des services de santé et de l’enseignement supérieur tchadiens. Initié le 1er février, le projet, mené par le PNUD et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), prévoit de déployer 15 membres de la diaspora tchadienne résidant en France pour accomplir cet objectif.

Les étudiants, ravis de l’intervention de l’expert partagent avec nous leurs impressions mais aussi leurs craintes: « On a pu dialoguer facilement avec le professeur, on a pu corriger nos défauts et comprendre plus facilement qu’avec nos manuels. Nous manquons d’enseignants et nous arrivons rarement à finir le programme à temps ». Hormis le manque de moyens, les étudiants évoquent l’absence de débouchés : « nous n’avons pas de perspectives claires sur ce que nous allons pouvoir faire avec ce diplôme ». Au Tchad, sur 11.2 millions d’habitants, 50.3 % ont moins de 15 ans et le secteur formel n’absorbe que 5 % de la population active. Le taux de chômage se situerait à 34 % en milieu urbain et compte tenu de la jeunesse de la population, le sous-emploi et le chômage touchent en premier lieu les jeunes et plus particulièrement les jeunes diplômés.  (AFDB 2012)

« Le soutien du PNUD et de l’OIM peuvent créer une dynamique qui va aider ces étudiants à appuyer leur projet d’ouverture d’un Master 2 avec des modules plus pratiques. On souhaiterait revaloriser leur diplôme et surtout qu’ils aient des compétences qui leur permettent d’entrer directement dans une entreprise. Si par exemple on met en place un module informatique, ils pourront acquérir de vraies compétences ici sans avoir à partir à l’étranger pour des études très chères. »

Depuis le début de l’année 2013, 4 professionnels de la santé (anesthésiste, gastro-entérologue, chirurgien orthopédiste…) sont intervenus et 5 missions d’appui à l’enseignement ont été organisées. Un cancérologue digestif et un ingénieur biomédical arriveront au troisième trimestre pour appuyer l’hôpital général de N’Djaména. Par ailleurs, un ingénieur d'études, chargé de maintenance industrielle viendra partager son expertise à l’Université de la capitale. 

Le projet Tokten/Mida espère contribuer à l’amélioration des performances et de la qualité des services des institutions ciblées dans le secteur de la santé et de l’enseignement supérieur. Le projet initial d’une durée de 11 mois a un budget limité de 450 000 USD mais l’ambition est de construire un programme multi-annuel couvrant plusieurs pays.