Scrutin historique pour le Kenya

04 mars 2013

image Une participante à une formation électorale dans la région de Nyeri montre comment déposer un bulletin de vote dans une urne (Photo: PNUD Kenya/Ricardo Gangale)

Les Kenyans se sont rendus aux urnes le 4 mars pour élire un nouveau président et de nombreux représentants locaux et régionaux, dans un scrutin considéré comme crucial pour l'effort de construction du pays.

« J'espère sincèrement que les Kenyans seront nombreux à participer pacifiquement au vote. En cas de succès, ces élections renforceront les avancées démocratiques spectaculaires que le pays a réalisées et mettront le Kenya sur la voie de l'unité, de la paix, de la stabilité et de la croissance », a déclaré Modibo Touré, représentant résident du PNUD et coordonnateur résident intérimaire des Nations Unies au Kenya.

En décembre 2007, des élections contestées ont dégénéré en violence, causant la mort de plus de 1 300 personnes et le déplacement de 600 000 autres.

Après ces affrontements, le pays a lancé un vaste calendrier de réformes, qui a débuté avec l'élaboration d'une constitution moderne, qui devrait favoriser la cohésion nationale et augmenter de manière spectaculaire la participation du public au processus décisionnel.

Approuvée par les Kenyans en 2010, la constitution a conduit à la création de nouvelles institutions et divisions administratives, dont 47 comtés, une Cour suprême et une Commission indépendante de délimitation des circonscriptions électorales (IEBC) chargée d'organiser le présent scrutin. La constitution prévoit entre autres des dispositions relatives aux quotas de femmes au parlement, à la divulgation des salaires des fonctionnaires et à une charte des droits des citoyens.

Les élections de cette année sont les premières organisées sur le fondement de la nouvelle constitution. Les citoyens devront déposer six bulletins d’un coup, pour élire un président, mais aussi des sénateurs, des gouverneurs, des membres de la Chambre basse, des conseillers et des représentants des femmes.

Après avoir contribué à l'organisation du référendum constitutionnel, le PNUD gère aujourd’hui un fonds commun pour les élections de 36 millions dollars, et apporte une aide technique à la nouvelle commission électorale, notamment grâce à des programmes de formation, dont 240 000 fonctionnaires électoraux ont bénéficié.

Le PNUD a également aidé les autorités kenyanes à mener une vaste campagne de sensibilisation électorale, en dépêchant 2 900 bénévoles et 5 000 véhicules de service public dans tout le pays, ce qui a permis la diffusion d’informations électorales et de messages de paix auprès d'environ 1,5 million de personnes par jour, dont beaucoup de jeunes gens.

Des réunions importantes ont été organisées avec les candidats à l'élection présidentielle et leurs partis, l'IEBC, la police, les membres du corps judiciaire et des groupes interconfessionnels, de manière à faciliter le dialogue et favoriser l'acceptation des résultats.

Le PNUD soutient par ailleurs le Uwiano (“cohésion” en Kiswahili), un système d'alerte précoce qui utilise un réseau de représentants locaux engagés en faveur de la paix et un système de messagerie texte, et qui a déjà permis aux gens de signaler des incidents de sécurité dans leurs communautés. Lors du référendum constitutionnel de 2010, la plateforme Uwiano a reçu environ 20 000 messages, qui ont permis d'empêcher un total de 122 incidents, avant et pendant le vote.

Depuis 2008, grâce à un programme appelé Amkeni Wakenya, le PNUD favorise également l'engagement civique des populations, en aidant les groupes marginalisés à accéder et à participer à l'administration de la justice, à mieux connaître les nouvelles institutions décentralisées et à mettre en œuvre des projets pour soutenir les droits de l'homme.

Le PNUD a permis à 350 femmes, originaires de sept régions rurales du Kenya, de bénéficier de formations en compétences de direction, pour les préparer à occuper des postes d'élues au niveau national et au niveau des comtés. L'organisation a en outre soutenu la création d'une salle de permanence indépendante pour les femmes. Composée d’aînés, d'étudiants, de groupes de médias et de la société civile, la salle de permanence diffusera des messages de paix, en plus de surveiller les éventuels incidents.