L’ONUSIDA et le PNUD soutiennent l’accès à meilleur prix aux antirétroviraux

26 févr. 2013

New York — Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en appellent aujourd’hui au renouvellement d’une clause qui permet aux pays les plus pauvres d’avoir accès à des médicaments d’importance vitale à un coût abordable, alors que des pourparlers sur la question doivent se tenir à Genève la semaine prochaine.

Dans une nouvelle note d’information, ils expliquent que faute de prolonger la période de transition convenue au plan international pour que les pays pauvres puissent se conformer pleinement à l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), ceux qui en ont le plus besoin risquent de se voir privés des traitements salvateurs du VIH/sida et d’autres médicaments de première nécessité.

Certaines des populations les plus vulnérables au monde habitent dans les 49 pays que les Nations Unies ont désignés comme étant les moins avancés (PMA) et qui font face à des problèmes sanitaires considérables. En 2011, ils abritaient quelque 9,7 millions des 34 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde. Environ 4,6 millions d’entre eux pouvaient prétendre à un traitement antirétroviral, d’après les recommandations faites en 2010 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Or, seulement 2,5 millions recevaient ce traitement.

Les pays les moins avancés sont également touchés de manière disproportionnée par des maladies non contagieuses telles que le cancer ou le diabète. Des données émanant des pays à bas revenus semblent indiquer que les maladies cancéreuses augmenteront de 82 pour cent entre 2008 et 2030, contre 40 pour cent dans les pays à revenu élevé qui ont largement accès aux vaccins et aux médicaments.

« L’accès à des traitements abordables pour le VIH et à d’autres médicaments de première nécessité est vital pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement dans les pays les moins avancés, notamment ceux relatifs à la santé, » avertit l’Administrateur du PNUD Helen Clark.

Aujourd’hui, l’ONUSIDA et le PNUD ont exhorté les membres de l’OMC à considérer de toute urgence les besoins persistants des pays les moins avancés.

« Une extension permettrait aux nations les plus pauvres d’obtenir un accès ininterrompu aux médicaments, de construire des fondations technologiques viables et de fabriquer ou importer les médicaments dont ils ont besoin », selon Michel Sidibé, directeur général d’ONUSIDA.

L’accord ADPIC a été présenté en 1995 comme un moyen de protéger les droits de propriété intellectuelle à l’échelon mondial. Mais la protection des brevets est l’un des facteurs qui fait grimper le prix des médicaments, ce qui met un grand nombre de traitements essentiels hors de portée des PMA.

Pour résoudre ce problème, les membres de l’OMC ont retenu des options clés de l’accord ADPIC : ils ont par exemple accordé aux PMA une période de transition de dix ans pour leur permettre de se mettre pleinement en conformité avec le traité. La deuxième extension vient à expiration le 31 juillet 2013.  Une proposition a été déposée devant le Conseil de l’ADPIC au nom des PMA afin d’obtenir une nouvelle extension pour tout pays appartenant à cette catégorie pour aussi longtemps qu’il en fera partie. Le Conseil de l’ADPIC, qui siège à Genève, devrait débattre de cette proposition les 5 et 6 mars.

L’ONUSIDA et le PNUD invitent les membres de l’OMC à prendre en considération toute la gamme de bénéfices économiques, de santé publique et de développement qu’une telle extension rendrait possible.