Au Soudan du Sud, une renaissance pour les zones protégées

5 févr. 2013

Un garde forestier patrouille le Parc national du sud. Photo: Mirey Atallah/UNDP

Djouba – Le Soudan du Sud vient de franchir un jalon important dans ses efforts de préservation de l’environnement, des centaines de gardes forestiers patrouillant désormais le plus grand parc national du pays.

Moins de deux ans après le début d’un programme novateur financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), les autorités ont pris des mesures de lutte contre le braconnage dans le Parc national du sud, un vaste territoire de deux millions d’hectares de savane et de fleuves couvrant quatre États du Soudan du Sud.

Vieux de 70 ans, ce parc n’était guère plus qu’un nom jusqu’à ce que le gouvernement de ce qui allait devenir le Soudan du Sud s’y intéresse, peu avant l’Indépendance, et mobilise des fonds auprès d’organisations comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et la Wildlife Conservation Society des États-Unis.

Le parc a une faune riche et variée, avec des élands de Derby, des antilopes et de petites bandes d’éléphants, en dépit des dégâts causés par les braconniers qui chassent les animaux pour leur viande et échangent l’ivoire contre des armes à feu.

Avec pour toute infrastructure des routes en terre, la gestion et la mise en valeur du parc devraient permettre aux populations animales de se développer et raviver l’économie locale.

« Avec un service de la faune dont les effectifs se montent à 15 000 personnes, la formation permettra de professionnaliser nos activités et de faire en sorte que la gestion des parcs du Soudan du Sud soient de tout premier plan », a déclaré Gabriel Changson Chang, ministre sud-soudanais de la Protection de la faune et du tourisme.

Le programme, géré par le PNUD et la Wildlife Conservation Society avec un budget de 8,2 millions de dollars, devrait faire connaître tous les aspects d’une gestion professionnelle des parcs aux autorités chargées de leur préservation. Dans le Parc national du sud, 46 gardes forestiers (dont six femmes) apprennent à repérer les animaux sauvages, à cartographier les activités humaines et à gérer un réseau de stations et de patrouilles tournantes. On leur apprend aussi à faire appliquer les mesures anti-braconnage.

Les gardes forestiers ont reçu un matériel indispensable, comme des radios fonctionnant à l’énergie solaire, des voitures Land Cruisers, des GPS et des outils pour le camping.

« Le projet a déjà permis de former une équipe de base dans le parc. En plus de la fourniture de matériel, nous avons commencé des patrouilles coordonnées pour la première fois depuis la guerre », explique le lieutenant-colonel John Maper, responsable du Parc national du sud.

Non seulement le programme apporte un appui direct au parc, mais il aide aussi le ministère sud-soudanais de la Préservation de la faune à planifier des initiatives nationales de protection de la nature. Un relevé aérien complet des écosystèmes et espèces du pays est en préparation, de même qu’il est prévu de baguer des éléphants, des élands et autres grands mammifères pour les suivre par satellite.

En outre, un Réseau de zones protégées comprenant une modification des frontières du parc devrait être discuté au niveau ministériel.

« Notre objectif est qu’un grand nombre de Sud-Soudanais aident à préserver ces merveilles de la nature. Ainsi, les femmes et les hommes pourront gagner un peu plus d’argent, acquérir de nouvelles compétences, envoyer leurs enfants à l’école et obtenir des soins de santé de qualité », explique Balázs Horváth, Directeur de pays du PNUD au Soudan du Sud.

Au bout du compte, les revenus générés par les activités du parc devraient profiter aux communautés. À cette fin, la Wildlife Conservation Society et le ministère ont récemment organisé une série de réunions et de consultations avec des groupes locaux pour les sensibiliser aux effets de la protection de la nature sur leurs moyens de subsistance et les inciter à faire de l’écotourisme.

« Les trois piliers du projet (renforcer les capacités du ministère de la Préservation de la faune et du tourisme, améliorer la protection d’importants parcs nationaux et financer durablement les initiatives écologiques) permettront de préserver la faune exceptionnelle du pays et les modes de vie ruraux », estime Paul Elkan, directeur de la Wildlife Conservation Society au Soudan du Sud.

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