Au Népal, une solution simple permet d’éclairer les populations dans les montagnes

30 janv. 2013

imagePabitra Giri, une villageoise de l'ouest du Népal utilise l'électricité produite par un projet de micro-hydro pour alimenter sa savonnerie. Photo: PNUD au Népal

Produire de l’électricité pour la planète exige des centaines de grosses centrales électriques et un réseau de distribution pour fournir cette énergie. Dans l’Himalaya népalais, les montagnes sont un obstacle à cette distribution.

« Le Népal est un pays pauvre », explique Kiran Singh, expert en énergie rurale. « Nous n’avons que peu de ressources car nous sommes un pays enclavé et ne possédons pas de combustibles fossiles. »

En revanche, le pays ne manque pas d’eau. Les petits projets hydroélectriques, appelés ‘micro-hydro’, permettent d’exploiter la puissance de l’eau pour produire de l’électricité. Moins coûteux et plus rapides que les grands barrages hydroélectriques, ces projets micro-hydro canalisent les ressources hydriques abondantes de ce pays de 27 millions d’habitants vers des villages dépourvus d’électricité.

« À la différence des projets ‘micro-hydro’ qui existaient déjà au Népal, le PNUD a mis les populations autochtones au centre du projet, de sorte qu’elles encouragent elles-mêmes l’introduction de cette technologie, l’entretiennent et la gèrent de manière autonome », déclare Shoko Nodo, directeur de pays PNUD Népal.

Étant donné que les villageois ont du mal à se brancher sur le réseau national électrique, il leur faut leur propre système, explique Nodo.

Le processus est simple, explique Satish Gautum, chargé du programme d’énergie renouvelable pour la subsistance en milieu urbain.

« L’eau coule partout. Il suffit de tirer profit de l’altitude en transportant l’eau à travers une canalisation pour faire fonctionner une turbine et de brancher la turbine à un générateur pour produire de l’électricité, » dit-il.

Avec le modèle du PNUD, les communautés doivent participer à toutes les activités : du creusage des canaux jusqu’à l’installation des lampes, en passant par le raccordement des lignes électriques.

Depuis 1996, près de 400 centrales électriques micro-hydro ont été construites dans les régions les plus éloignées et les plus pauvres du Népal, apportant pour la première fois une énergie nouvelle à près d’un demi-million de personnes.

Un projet micro-hydro fournit en moyenne environ 30 kilowatts d’électricité, ce qui suffit à alimenter un village comme Karbang dans l’ouest du Népal. Cette ressource nouvelle a suscité une sorte de boom économique dans le village, alimentant des ateliers de soudure, une entreprise de réparation de téléphones portables et même un vendeur de glaces.

Une villageoise, Pabitra Gira, a ouvert une savonnerie. « Je rêvais de monter cette entreprise, et mon rêve s’est réalisé », déclare-t-elle. « La savonnerie s’est révélée très bénéfique pour ma famille. »

Le projet micro-hydro permet d’alimenter en électricité les salles de classe, de faire fonctionner l’appareil de radiographie d’une clinique médicale et de conserver au frais les vaccins qui contribuent à améliorer la santé publique. Grâce aux petites centrales électriques locales, ces grands changements survenus dans les montagnes népalaises autrefois plongées dans l’obscurité éclaireront peut-être la voie vers la fin de la pauvreté énergétique.

Le projet en bref

Durée: 2011-2016

 

Budget: US $1.4 million

 

Description du projet (anglais)
Nos histoires
Népal : étendre l'accès à l'énergie renouvelable

Depuis qu'une microcentrale hydroélectrique a été installée dans leur village, les élèves de l'établissement secondaire public Shree Tribhuvan à Kharbang, dans l'ouest du Népal, ont du courant sans interruption.

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Vidéo: Projet micro-hydro au Népal (anglais)