La lutte contre la corruption au centre des discussions des experts des gouvernements et des Nations Unies au Brésil

05 nov. 2012

Brasilia - Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) organise un sommet qui réunit dans la capitale du Brésil 90 experts de la lutte contre la corruption de 50 pays différents. Pendant deux jours, les participants analyseront les tendances et les défis actuels à l’échelle de la planète, et partageront leurs meilleures pratiques pour prévenir et combattre la corruption tout en renforçant la transparence et la responsabilité.

« La corruption touche les pauvres de manière disproportionnée et constitue l’un des principaux obstacles à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), » indique Magdy Martinez-Soliman, directeur adjoint du Bureau du PNUD pour les politiques de développement.  « Elle détourne les ressources et entrave l’accès des populations à des services essentiels tels que les soins de santé, l’éducation, l’eau et l’assainissement. »

D’après une étude du PNUD, le coût de la corruption dans les pays en développement représente dix fois le montant de l’aide publique au développement. On évalue sa part annuelle à plus de cinq pour cent du PIB mondial, soit près de 2 600 milliards de dollars.

Les participants au sommet ont mis en relief l’importance de mettre en place des alliances solides entre les agences publiques de lutte contre la corruption et les organisations de la société civile, en vue de combattre ce fléau et d’assurer une surveillance dans ce domaine.

« Le contrôle exercé par les citoyens et leur participation active jouent un rôle majeur dans la prévention et la lutte contre la corruption », souligne le ministre brésilien Jorge Hage, chef du Bureau du Contrôleur Général de l’Union, qui héberge un Portail de la transparence.

Ce portail Web national, ouvert depuis huit ans, permet aux citoyens, aux organisations de la société civile et aux journalistes de surveiller les dépenses publiques. Le Bureau du Contrôleur général de l’Union a également contribué à assurer davantage de transparence dans les dépenses publiques pour la Coupe du monde 2014 et les Jeux olympiques de 2016, deux événements majeurs qui auront lieu au Brésil.

Les participants ont souligné le rôle central des technologies pour renforcer la transparence et la responsabilité, insistant sur le rôle des médias sociaux, instrument incontournable de la participation des citoyens.

« Le recours aux technologies dans les processus de passation de marchés, par exemple, a eu une incidence positive en matière de transparence et de prévention de la corruption, précise Huguette Labelle, Présidente de Transparency International. Un autre grand avantage est qu'elles favorisent l’autonomisation des personnes. »

Ce sommet, organisé par le PNUD, précède la Conférence internationale anti-corruption de Transparency International, la plus importante conférence mondiale dans ce domaine, qui se déroulera également à Brasilia, du 7 au 10

Les sommets internationaux sur la lutte contre la corruption qui se tiennent au Brésil cette semaine ont pour objectif de proposer des mesures permettant aux États, au secteur privé et aux organisations de la société civile de renforcer l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption, entrée en vigueur il y a sept ans. En juillet 2012, 161 pays avaient ratifié cet instrument international, en vertu duquel les États s’engagent à prendre des mesures pour lutter contre les pratiques de corruption dans les secteurs public et privé, renforcer la transparence et la responsabilité, et accroître la participation de la société civile dans le contrôle des dépenses publiques.