Darfour : L’apiculture au service de la relance économique

24 août 2012

image Un agriculteur et sa ruche traditionnelle ©PNUD Soudan

Le Darfour méridional est connu pour être une région en proie aux troubles, secouée par des années de conflit, de pauvreté et de souffrances humaines. Pourtant, le « Projet de la chaîne de valeur du miel », qui fait partie des activités de relèvement précoce dispensées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Darfour, apporte l’espoir et de nouvelles opportunités économiques aux habitants de cet État affligé par tant de malheurs.

Mis en œuvre en partenariat avec une organisation non gouvernementale, ce projet est l’un des volets d’un vaste programme visant à promouvoir la paix par la création d’entreprises environnementales durables au profit de quelque 40 000 micro-entrepreneurs répartis dans 45 communautés au Darfour, et disposant d’un budget total de près de 3 millions de dollars.

L’objectif de ce projet est de former les agriculteurs ainsi que d’autres habitants de Kubum, une région située à l'Ouest du Darfour méridional, à la gestion durable des ruches ou plus précisément des conteneurs qui tiennent lieu de ruches. La formation porte notamment sur le traitement, et le contrôle de la qualité du miel produit dans ces ruches.

« Je m'occupe des 'tangels' (ruches traditionnelles) depuis 26 ans », explique Hadj Ibrahim. « Je prends du foin que j’attache avec une corde avant de l'enduire de boue, puis je le suspends à un arbre et je le laisse sécher pendant trois ou quatre mois. Les abeilles y pénètrent pour y faire leur miel », ajoute-t-il.

Bien qu’il n’existe pas de population d'abeilles mellifères à proprement parler au Darfour-Sud, l’apiculture est devenue une occupation lucrative pour de nombreuses familles d'agriculteurs, en raison de l’engouement et de la demande croissante pour le miel dans cette région. Depuis,l’apiculture est devenue une activité rentable très prisée par les petits agriculteurs et les groupes vulnérables, tels que les jeunes, les personnes déplacées dans leur propre pays, les anciens combattants et les femmes. Dans une communauté isolée telle que Kubum, la disponibilité des matériaux locaux pour la fabrication des ruches traditionnelles a également encouragé les villageois à s'intéresser sérieusement à l'apiculture.

Appuyé par le PNUD, le « Projet de la chaîne de valeur du miel » a mis 1 000 ruches traditionnelles à disposition des différentes associations d’apiculteurs du Darfour . Ces apiculteurs ont ensuite collectivement pris en charge la responsabilité de ces ruches à toutes les étapes du processus de production du miel, depuis sa fabrication jusqu’à sa récolte. Par ailleurs, le projet organise régulièrement à Kubum des foires pour présenter aux nouveaux agriculteurs les techniques de gestion des ruches, et leur permet de commercialiser leurs produits et d’échanger leurs idées et leurs expériences avec les producteurs locaux.

Ainsi, le nombre de membres dans les associations d’apiculture au Darfour méridional, qui comptaient quelques 60 adhérents en mai 2011, a augmenté de manière spectaculaire et atteint le chiffre de 1 000 membres adhérents en mars 2012, preuve d’un engouement réel. On estime actuellement à 5 000 le nombre de familles bénéficiant du projet.

Le cas des apiculteurs de Kubum est un exemple qui montre comment la technologie et la coopération entre partenaires nationaux et locaux peuvent générer des emplois, réduire la pauvreté, encourager l’esprit d’entreprise et ranimer les liens rompus entre communautés, même dans les endroits les plus improbables.