La pauvreté, l'exclusion et la violence menacent la jeunesse du Guatemala

24 juil. 2012

image

Guatemala - Les jeunes guatémaltèques sont victimes de la pauvreté, de l'exclusion et de la violence, et leurs opportunités de développement à court et moyen termes s’en voient réduites. C’est ce que constate le Rapport national sur le développement humain 2011-2012 « Guatemala : fournir des opportunités à la jeunesse », rédigé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et présenté le 23 juillet.

Le rapport recense les défis de la jeunesse, qui représente 70% des 14,7 millions habitants du pays : malnutrition, analphabétisme ou la faible scolarisation, chômage ou travail informel, capacités limitées d’exercice de la citoyenneté, migrations forcées et violence.

Les conclusions de cette étude sont saisissantes. L'absence d’opportunités a fermé les portes du système éducatif à presque un million de mineurs de 18 ans. En outre, au moins quatre millions font face à de sérieuses restrictions : 25% n'ont pas accès à une éducation formelle ni à un emploi décent,  12% des hommes et de 6% des femmes ont une espérance de vie de 30 ans et 52% vit en dessous du seuil de pauvreté.

Selon René Mauricio Valdés, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies et Représentant résident du PNUD, « la jeunesse n'est pas l’avenir, mais le présent du Guatemala ».

Le rapport estime également que 10 000 adolescents et jeunes sont marginalisés et font partie de  pandillas ou bandes de trafiquants de drogue. Le taux de mortalité maternelle illustre cette inégalité : chez les adolescentes de 15 à 19 ans, il est de 77,9 sur 100 000 naissances viables et de 219,1 chez les jeunes filles de 10 à 14 ans.

« Ce rapport nous interpelle et nous encourage à poursuivre notre travail. Nous devons renforcer le rôle des institutions et répondre à l’attente des jeunes », a déclaré le président du Guatemala, Pérez Molina.

Il a annoncé que ses efforts porteraient sur l'adoption, dans les plus brefs délais, de la Loi nationale sur la jeunesse, une initiative de plus de cinq ans et qui fournit un cadre juridique aux politiques pour la jeunesse.

Le rapport ajoute que : « Tant que le Guatemala ne disposera pas de législation qui assure un soutien financier à la création d'institutions, il est fort probable que les projets de chaque gouvernement resteront lettre morte ».

Les jeunes doivent pouvoir tirer parti des opportunités offertes par la société, le marché ou l'État. Leur inclusion augmente généralement en fonction du niveau de participation à la vie politique, économique et sociale. Ces opportunités regroupent « les droits à l'identité, la santé, la vie, la sécurité, l'accès à l'éducation et aux technologies de l'information et de la  communication ».

Le document souligne également l’importance de pouvoir participer librement à la vie politique et sociale, le droit au plein exercice de la citoyenneté et l'accès à un emploi.

Selon une étude du PNUD, l’indice de développement humain du Guatemala est de 0,58, soit 0,02 points au-dessus de son classement en 2010, ce qui le situe derrière Haïti, dont l'indice de développement est le plus faible des pays de la zone Amérique latine et Caraïbes.