Les tribunaux chargés de juger le génocide achèvent leurs travaux au Rwanda

18 juin 2012

Par Auke Lootsma, Directeur du bureau de pays du PNUD au Rwanda

Le Rwanda a officiellement mis un terme, lundi 18 juin, aux "Gacaca", juridictions populaires créées il y a 10 ans pour juger les auteurs présumés du génocide de 1994.   

Près de 2 millions de personnes ont été jugées lors d’audiences généralement tenues à l'extérieur, sur les marchés par exemple, pendant lesquelles les membres de la communauté étaient face à l'accusé et pouvaient donner leur propre version des faits survenus au cours du génocide de 1994.

Environ un quart des affaires s’est soldé par un acquittement, tandis que de nombreuses peines de prison ont été converties en services communautaires, contribuant ainsi à faciliter la réintégration d'anciens détenus dans la société.
Ainsi, le nombre de détenus liés au génocide est passé de plus de 200 000 à 37 000.

Le système judiciaire rwandais était hors d’état de fonctionner après les massacres perpétrés par les milices Hutus à l’encontre de 800 000 Tutsis et Hutus modérés.

Les “Gacaca” avaient pour objectif d’établir la vérité sur ce qu’il s'était passé pendant le génocide, de lutter contre l'impunité en poursuivant les auteurs présumés du génocide, de réconcilier les rwandais et de leur montrer qu'ils pouvaient régler leurs problèmes eux-mêmes, par un système de justice reposant sur leurs propres coutumes.

Ces deux dernières décennies, la communauté internationale a réaffirmé l'importance de lutter contre l'impunité pour les crimes internationaux les plus graves, et a contribué à mettre en place des tribunaux internationaux. Parallèlement, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d'autres organismes ont aussi appuyé les initiatives nationales et locales susceptibles d'influer directement et durablement sur les populations concernées.

Entre 2002 et 2006, le PNUD a versé 1,6 millions de dollars US à l'organe de gestion des Gacaca - Service National des Jurisdictions Gacaca - pour mettre au point des manuels, élaborer une formation et des activités de sensibilisation, et créer une documentation sur les enseignements importants à tirer de ce processus.

Le Centre de documentation sur les juridictions Gacaca, qui sera créé à Kigali la capitale, constituera l'une des archives les plus importantes concernant les crimes de masse commis dans le monde.