Afghanistan : le premier festival du film policier favorise le dialogue communautaire

23 mai 2012

image "Najjat​​" est le film primé dans la catégorie animation lors du Festival du Cinéma de la police en Afghanistan

Kabul - Seize courts-métrages, réalisés par des cinéastes afghans primés, qui relatent les efforts et les succès de la police ainsi que les attentes et aspirations des citoyens en termes de maintien de l'ordre public en Afghanistan, étaient en compétition dans le cadre du tout premier Festival du film policier, organisé à Kaboul du 16 au 20 mai.

Ce festival est né d'une initiative conjointe du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et du ministère afghan de l'Intérieur. Il met à l’honneur des films présentant les points de vue des enfants, des jeunes et des femmes. Les courts-métrages étaient en compétition dans la catégorie documentaire, animation et fiction.

Selon Michael Keating, Représentant résident du PNUD et Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l'ONU en Afghanistan, le festival a ouvert un espace de dialogue entre police, public et artistes sur des aspects de la sécurité qui dépassent le cadre du conflit et de la violence. « La sécurité, c'est aussi être à l'abri de la criminalité et de l'injustice et savoir que l'on peut compter sur l'aide de ses semblables », a-t-il notamment déclaré.

Entre les projections, les festivaliers ont été conviés à prendre part à une série de discussions et de débats télévisés réunissant cinéastes, défenseurs des droits des minorités, parlementaires et chefs de la police. Le festival a servi d'espace d'échange d'idées, de réflexion et de dialogue entre divers segments de la société sur des questions touchant à certains aspects de la protection et de la sécurité des citoyens afghans.

« Le festival a insufflé une nouveau souffle à la vie des arts en Afghanistan », a relevé Alexandra Meyer, directrice du festival, qui souligne que l'événement a vu la participation de plusieurs grands noms du cinéma afghan, mais aussi de talents naissants. « Les films ont permis d'ouvrir une fenêtre sur le quotidien des policiers et de montrer au public les réalités, souvent dures, de la vie de ceux qui sont chargés de protéger les citoyens ».

« Saboor: Kabul's Uncle Traffic », un documentaire de huit minutes du réalisateur Sultan Mahmoud, « Solitude », un film d'animation de trois minutes de Saeed Mohsen, « The Proposal », un court-métrage de 19 minutes de Mohammad Husseini et « Finding Zalmay », une fiction de 13 minutes de Hasib Namizadah ont été projetés lors de la cérémonie d'ouverture. Les films du festival ont été également projetés dans divers endroits de Kaboul du 16 au 20 mai.

Mahdi Bakhtiari, réalisateur de « Najjat », le film primé dans la catégorie Animation, a souhaité que cette rencontre de cinéastes afghans ne soit pas la dernière du genre. « De tels festivals nous aideront à faire revivre le [] cinéma afghan et à réfléchir à de nombreux aspects culturels de notre pays », a fait observer M. Bakhtiari.

Pour le Fonds d'affectation spéciale pour l'ordre public en Afghanistan (LOTFA), en se servant du film comme support de dialogue communautaire, le Festival a constitué une approche inclusive novatrice en matière de plaidoyer pour une interaction police-communauté plus participative. En proche partenariat avec la Direction des médias du ministère de l'Intérieur, le LOTFA a permis à la communauté artistique afghane de s’exprimer à travers un festival dont l'organisation a été confiée à une société de production. L'appui du LOTFA vise à promouvoir le concept de maintien de l'ordre communautaire, conformément à la stratégie de la police nationale. Le Fonds a soutenu la production et la diffusion de 15 films en compétition lors du Festival. Les œuvres primées ont été diffusées sur plusieurs réseaux de télévision nationaux.

Le LOTFA a été créé en 2002 dans le but de renforcer la sécurité en Afghanistan à travers la formation de la Police nationale afghane. Un de ses principaux acquis a été l'augmentation du nombre de fonctionnaires de police payés au moyen d'un système électronique de transfert direct de fonds. De 2007 à 2011, le nombre de paiements électroniques est passé de 700 à plus de 100 000, une performance extraordinaire dans le contexte afghan, qui permet de réduire sensiblement les risques de fraude.

Aujourd'hui, l'Afghanistan compte plus de 1 300 policières. Par ailleurs, le PNUD a formé 1 700 fonctionnaires du ministère de l'Intérieur aux systèmes et procédures de gestion financière, de comptabilité, de gestion des ressources humaines, d'administration ainsi qu'aux dernières technologies de gestion des effectifs et de transfert de fonds.