Helen Clark: Dans plus de 70 pays, l'homosexualité est toujours criminalisée

17 mai 2012

Nous célébrons aujourd'hui la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie (IDAHO),  qui commémore la décision prise par l'Organisation mondiale de la santé, en 1990, de retirer l'homosexualité de la liste des troubles mentaux. Cet événement a marqué un tournant décisif et de nombreux progrès ont été accomplis depuis.  L'an passé, le Conseil des droits de l'homme a adopté sa première résolution relative aux « Droits de l'homme, à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre ». Une étude historique documentant les lois et les pratiques discriminatoires ainsi que les actes de violence commis à l'encontre d'individus en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre a été élaborée par le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et débattue par les membres du Conseil.

Alors que bon nombre des gouvernements du monde ont étendu l'application du principe de l'égalité des droits civils pour tous à l'ensemble de leurs citoyens, indépendamment de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, les inégalités persistent. Dans plus de soixante-dix pays, l'homosexualité est encore considérée comme un crime, et dans de nombreux autres, les unions entre personnes de même sexe ne sont pas reconnues.  Partout dans le monde, les hommes et les femmes transgenres sont exclus des opportunités en matière d'éducation et d'emploi. Les gays et les lesbiennes sont soumis à la discrimination, persécutés, exclus, emprisonnés et assassinés, simplement en raison de ce qu'ils sont. Malheureusement, des hommes et des femmes en arrivent à se donner la mort faute de pouvoir oser révéler leur vérité.

Le Programme des Nations Unies pour le développement soutient les initiatives destinées à promouvoir la sensibilisation à l'impact négatif de l'homophobie et de la transphobie, et à réduire les violations des droits de l'homme qui y sont associées. Nos experts collaborent avec les gouvernements et les organisations de la société civile partout dans le monde pour surveiller les cas de violation des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT), en documenter l'impact sur l'accès de ces personnes à la prévention, au conseil, au traitement et aux soins liés au VIH, et étayer les arguments de réponse en leur faveur en se fondant sur les droits de l'homme. Au cours des dix-huit mois précédents, la Commission mondiale sur le VIH et le droit s'est réunie, à la demande du PNUD, pour examiner les éléments de preuves permettant d'établir les liens entre l'environnement juridique, les droits de l'homme et le VIH en ce qui concerne les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes transgenres.

En Amérique latine, le PNUD a appuyé REDLAC Trans, un réseau régional de personnes transgenres visant à lutter contre la stigmatisation et la discrimination, qui constituent des obstacles majeurs à l'efficacité des programmes liés au VIH. En Argentine, le PNUD s'est allié à un certain nombre d'institutions des Nations Unies pour soutenir l'action de REDLAC Trans, qui a engagé un processus de réforme juridique ayant abouti à la promulgation de la Loi sur l'identité de genre, qui garantit les droits fondamentaux des personnes transgenres.

En Inde, le PNUD apporte son concours à l'initiative « Bolo India », un recueil d'histoires de vie racontées en ligne par les membres de la communauté LGBT indienne.  Bolo India bouleverse les idées reçues sur l'homophobie et la transphobie en mettant en avant des personnes de valeur appartenant à la communauté LGBT, qui peuvent servir de modèles positifs grâce à leur parcours et leurs expériences de vie.

Par ailleurs, le PNUD n'admet aucune discrimination ou stigmatisation en son sein. Les droits de l'homme pour tous que nous nous efforçons de promouvoir au travers de notre action constituent aussi un fondement solide qui guide la manière avec laquelle nous interagissons les uns avec les autres. Nous devons continuer à veiller à ce que tous les membres de notre organisation soient respectés et soutenus, y compris nos collègues lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres.

« Au service des peuples et des nations »  est notre devise. Soyez assurés, alors que nous commémorons aujourd'hui la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie et la transphobie, que le PNUD continuera à œuvrer en faveur de l'autonomisation de tous les individus afin qu'ils réalisent leur plein potentiel. Ce n'est que par l'inclusion et l'habilitation que nous pouvons véritablement rendre les nations résilientes et œuvrer pour un développement humain durable.