Les emplois temporaires aident à accélérer le relèvement des Fidji après les inondations

19 avr. 2012

image Des marchants en train de vendre des produits a Rakiraki. Photo: Shobhna Decloitre / PNUD Pacifique (centre)

Suva, Fidji – Sur les marchés des Fidji, les vendeurs dont les moyens de subsistance ont été détruits par les récentes inondations  vont commencer à travailler dès cette semaine, grâce à un programme spécial « Argent contre travail ».

Ce programme, qui procure des emplois temporaires, aidera au départ 260 personnes affectées par les inondations, dont 70 pour cent de femmes. Elles seront engagées pour une période initiale de 20 jours pour aider à reconstituer leurs moyens de subsistance et les impliquer directement dans les travaux de relèvement de leur communauté.

D’importantes inondations ont eu lieu entre le 30 mars et le 4 avril, touchant des dizaines de milliers de personnes dans cette nation insulaire du Sud-Pacifique qui compte 890 000 habitants. Au plus fort des crues, cinq personnes ont perdu la vie et plus de 15 000 ont trouvé refuge dans plus de 150 centres d’évacuation.

L’initiative « Argent contre travail », financée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avec une aide d’ONU-Femmes et de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a été mise en place par le gouvernement des Fidji. Au départ, elle concernait surtout les vendeurs du marché de Rakiraki, l’un des districts les plus durement touchés du pays, à mi-chemin entre la capitale Suva et la ville de Nadi, à l’ouest.

« Le programme Argent contre travail  sous forme d’emplois d’urgence a à voir avec la dignité des femmes et des hommes impliqués dans le relèvement, qui décideront ensuite comment utiliser l’argent qu’ils ont gagné », a expliqué Knut Ostby, coordonnateur résident des Nations Unies et représentant résident du PNUD. « Ce genre de programmes a un impact rapide et visible dans les zones touchées et donne aux populations affectées l’espoir qu’elles iront de l’avant et reconstruiront leur avenir. »

ONU-Femmes et le PNUD ont fait des recherches et ont récemment établi le profil socio-économique des marchands des Fidji. Ils ont ainsi montré que dans la partie occidentale du pays, 80 pour cent d’entre eux sont des femmes, dont le revenu va de 71 à 141 dollars. Avec le programme d’emplois temporaires appuyé par le PNUD, les vendeurs des marchés pourront gagner jusqu’à trois fois plus.

Environ 60 pour cent de ces marchands cultivent eux-mêmes les produits qu’ils mettent en vente. Ils travaillent dix heures par jour, six jours par semaine pour vendre essentiellement des légumes, des tubercules et des fruits. Les intempéries et les inondations récentes ont entraîné d’importantes perturbations dans la distribution des aliments dans cette nation insulaire, avec une baisse drastique des revenus des vendeurs et des agriculteurs.

« Aux Fidji, les marchés sont des centres économiques qui contribuent de façon importante aux économies locales et nationales. En plus des vendeurs, ils procurent des emplois dans le secteur des transports, l’administration,  l’agriculture et les forces de l’ordre », a ajouté Ostby. « Le programme argent contre travail destiné aux vendeurs des marchés, ajouté à des investissements opportuns dans le relèvement des marchés et leur restockage, pourrait donner un nouvel essor à la revitalisation économique de cette région durement touchée. »

Le programme « argent contre travail », premier du genre aux Fidji, fait partie d’un projet plus important du PNUD disposant d’un budget de 100 000 dollars, qui vise au relèvement des modes de subsistance après des inondations récurrentes. Le PNUD essaie de trouver des fonds supplémentaires pour étendre ce programme à d’autres zones touchées dans la partie occidentale des Fidji.