Timor-Leste : mieux informer la population

04 avril 2012

image Le vice-ministre pour la Justice Ivo Valente recoit un tissage traditionnel Timorais pour marquer le debut d'une session d'assistance dans un village de Laclo (Photo : Gil Danilo/PNUD)

Par Christine Kearney

À Maubisse, un village au sommet d’une montagne à la végétation luxuriante, situé au centre du Timor-Leste, 250 habitants écoutent patiemment des représentants du gouvernement leur parler de toutes sortes de sujets : droit de propriété, violence familiale, droits fondamentaux, état civil ou obtention de passeports.

Les Timorais, dont la tradition orale est le principal mode de communication, préfèrent recevoir leur information de vive voix, qu’il s’agisse des autorités ou de personnes de confiance. Cela est particulièrement important dans des villages comme Maubisse, où les habitants ont un accès très limité aux nouvelles, aux informations et à l’Internet et où le meilleur moyen d’expliquer les programmes, les politiques, les lois et les services –  tout en écoutant les préoccupations et les questions des villageois – est de les rencontrer en personne.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) organise de telles rencontres grâce à son partenariat avec le Ministère de la justice, qui cherche à faire connaître le secteur judiciaire du pays aux habitants des villages timorais. L’initiative Taking Justice to the People (Amener la justice au peuple) fut lancée depuis 2010. À ce jour, elle a touché plus de 5 000 personnes dans les 13 districts du Timor-Leste, pays qui compte un peu plus de 1,2 million d’habitants.

 « Si elle ne connaît pas ses droits, ni ce que prévoient la loi et les services publics, la population est tout simplement privée d’accès à la justice », dit Andrew Harrington, spécialiste au PNUD, des politiques d’accès à la justice.

« En tout premier lieu, pour avoir accès au système judiciaire formel, il faut savoir qu’il existe et comment il fonctionne, c’est la principale raison pour laquelle nous organisons ces rencontres », ajoute-t-il.

En signe de bonne volonté, les fonctionnaires et les résidents locaux clôturent ces cours de sensibilisation par une danse traditionnelle timoraise au son d’une musique d’inspiration portugaise.
Selon Celito Cardoso, qui dirige la Direction des droits de l’homme et des citoyens au ministère,  le programme d’animation du sous-district encourage aussi les Timorais à réfléchir au moyen de contribuer à une société respectueuse de l’état de droit.

« Notre but est de renforcer la démocratie et le respect des lois au Timor-Leste », a-t-il déclaré.
« Nous espérons pouvoir sensibiliser chaque citoyen et renforcer son sens de la responsabilité, pour qu’il apprenne comment il faut vivre dans ce pays … et pour qu’il connaisse aussi ses droits et ses devoirs civiques. »

« C’est merveilleux que l’équipe du Ministère de la justice soit venue dans notre bourg et qu’elle ait fourni tant d’informations importantes », a dit Filomeno de Araújo, 55 ans, un fonctionnaire de Maubisse qui a ajouté que la session d’animation avait été « fantastique ».

À la réunion de Maubisse se trouvait aussi une lycéenne de 17 ans, Isabel Salsinha. Contrairement aux adolescents dans d’autres parties du monde, elle ne se sert pas de Facebook et n’a pas d’Internet chez elle, l’accès privé à l’Internet étant hors de portée pour la plupart des villageois timorais. Mais selon elle, la session d’animation a eu un effet positif et lui a appris beaucoup de choses.

« Nous avons reçu un formation sur les droits fondamentaux et sur les lois …. Ce pays est le nôtre, c’est notre nation et en tant que Timorais, il importe que nous recevions cette information », a déclaré Salsinha.