Les Nations Unies envisagent de placer le bonheur au cœur du développement

02 avr. 2012

imageDes enfants celebrant la joie, la paix et l'apprentissage dans une ecole primaire dans une region pauvre en Indonesie. Photo: Philip West

New York – À l’initiative du Gouvernement du Bhoutan, plus de 500 hauts fonctionnaires et représentants d’organisations religieuses, d’universités et de la société civile se sont réunis aujourd’hui au siège des Nations Unies, pour discuter de nouveaux moyens de mesurer le bien-être et le bonheur en allant au-delà d’un paradigme purement économique.

Le secrétaire général Ban Ki-moon a souligné le fait que le développement durable est inextricablement lié au bonheur et au bien-être, et que cela devrait être pris en compte lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable, aussi connue sous le nom de Rio+20, prévue en juin au Brésil.

Le bonheur national brut (BNB) du Bhoutan tente de mesurer la valeur de la richesse naturelle, humaine, sociale et culturelle d’un pays au lieu de son seul capital financier et manufacturier. Ces dernières années ont vu croître l’intérêt porté au BNB – une résolution de 2011 adoptée par l’Assemblée générale précisant que le PIB « ne reflète pas convenablement le bonheur et le bien-être de la population d’un pays ».

L’expression a vu le jour dans les années 1970, quand le royaume du Bhoutan a introduit un nouvel indice de mesure de la prospérité nationale, centrée sur le bien-être de la population plutôt que sur la productivité économique.

« Au PNUD, nous promouvons depuis longtemps le développement humain, basé sur l’idée que la population constitue la vraie richesse des nations », rappelle Helen Clark, administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui présidait l’événement.

 « Notre vision est celle d’un développement qui permet aux gens de vivre plus longtemps, d’être en meilleure santé, de pouvoir étudier, de bénéficier d’un niveau de vie décent et d’avoir la liberté de choisir la vie qu’ils souhaitent. Tout comme celle du Bhoutan, notre approche recherche un équilibre entre les aspects matériels et non-matériels du bien-être [et] le défi majeur du XXIe siècle : parvenir à un développement humain durable. »

Pour Laura Chinchilla, la présidente du Costa Rica, « la richesse est très différente du bien-être global, et c’est pourquoi l’Indice de développement humain (IDH) du PNUD, introduit il y a 20 ans, est toujours essentiel aujourd’hui ».

Allant au-delà de la richesse traditionnellement mesurée à travers le produit intérieur brut (PIB), le BNB définit une statistique unique pouvant servir de cadre de référence au développement tant social qu’économique, en mesurant également le bien-être à travers la santé et des aspects éducatifs. Depuis 2010, l’IDH ajusté aux inégalités, l’Index d’inégalités de genre et l’Indice de pauvreté multidimensionnelle évaluent des aspects critiques du développement humain.

Les participants se sont accordés sur le fait que la Conférence Rio+20 est une plate-forme idéale pour dépasser le plan purement économique et aborder les aspects sociaux et environnementaux du développement humain.

 « Notre ancienne approche des choses ne convient plus », constate Jeffrey Sachs, le directeur de l’Institut de la Terre de l’Université de Columbia et l’un des rédacteurs du Rapport sur le bonheur dans le monde. « Nous sommes en train de compromettre notre propre survie », souligne-t-il, en rappelant au passage la famine au Sahel et dans la Corne de l’Afrique.

Rapport sur le développement humain
Durabilité et équité : Un meilleur avenir pour tous

Le Rapport 2011 souligne que la durabilité environnementale pourra être obtenue de manière plus équitable et efficace en traitant les inégalités en termes de santé, d'éducation, de revenu et de genre conjointement avec la mise en place d’une action à l’échelle mondiale concernant la production d’énergie et la protection des écosystèmes.

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Qu'est-ce que le "bonheur national brut"?