Journée mondiale de l'eau 2012

22 mars 2012

image La sécurité alimentaire et la sécurité humaine dépendent de la sécurité de l'approvisionnement en eau. Malgré les progrès accomplis, 783 millions d'êtres humains sont encore privés d'accès à l'eau potable. Photo: Adam Rogers / PNUD

Grâce à une action concertée à l'échelle mondiale, des progrès notables ont été accomplis, mais le nombre de personnes privées d'accès aux services d'eau potable et d'assainissement est encore trop élevé.

L'eau soutient et préserve la vie, mais lorsqu'elle est insalubre ou contaminée, elle peut être mortelle : en effet, les maladies infectieuses d'origine hydrique freinent considérablement la réduction de la pauvreté et la croissance économique dans les pays les plus pauvres du monde. De telles infections représentent 4,1 % de la charge de morbidité totale et provoquent la mort de près de 1,8 million de personnes par an.

Malgré l'ampleur des défis, des avancées remarquables ont été enregistrées sur ce front. Plus de deux milliards de personnes ont eu accès à l'eau potable entre 1990 et 2010, ce qui a permis de réaliser l'Objectif du Millénaire pour le développement visant à réduire de moitié le pourcentage de la population qui n'a pas d'accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable, cinq ans avant la date butoir prévue pour 2015. Cela signifie que 89 % de la population mondiale utilise désormais une source d'eau potable améliorée, alors que cette proportion n'était que de 76 % en 1990, année de référence en la matière.

« Cependant, certains estiment que la qualité de l'eau n'est pas encore idéale dans de nombreux endroits, en dépit des améliorations constatées », souligne Jean-Philippe Bayon, expert de l'eau auprès du Bureau du PNUD à Genève. « En outre, 780 millions de personnes, pour la plupart en Asie et en Afrique subsaharienne, ont toujours un accès limité à l'eau potable, alors que 2,5 milliards d'individus, soit la moitié de la population des pays en développement, sont encore privés d'accès aux services d'assainissement appropriés », ajoute-t-il.

Alastair Morrison, coordonnateur du programme GoAL-WaSH du PNUD (Gouvernance, Promotion et Leadership en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène) explique que pour s'atteler à ces défis, le PNUD fait équipe avec les gouvernements, la société civile, le secteur privé et d'autres partenaires du développement afin de réaliser les améliorations nécessaires dans le domaine de la gouvernance de l'eau, en vue de mettre à l'échelle l'approvisionnement des services d'eau et d'assainissement au profit des pauvres. Le PNUD participe activement au travail de l'ONU-Eau, un mécanisme interinstitutions qui favorise la cohérence et la coordination des actions menées par l'ensemble des institutions du système des Nations Unies.

Les activités du PNUD liées au secteur de l'eau sont essentiellement gérées au sein du programme Gouvernance de l'eau du PNUD, au sein de L'Institut International de l'Eau de Stockholm (Stockholm International Water Institute, SIWI), une initiative conjointe du PNUD et de l'Agence suédoise de coopération internationale au développement (SIDA). Mis en œuvre dans plus de 150 pays, le programme Gouvernance de l'eau du PNUD permet à l'Organisation de recentrer son action sur la coordination de l'assistance apportée aux différents pays par les Nations Unies et d'autres partenaires du développement, afin de garantir l'intégration des questions liées à l'eau et à l'assainissement dans les plans de développement national, indique Alastair Morrison.  

« Dans notre travail, nous prêtons une attention particulière aux États fragiles, confrontés aux difficultés les plus grandes en matière d'eau et d'assainissement », précise-t-il. « Tous nos projets sont gérés par des résidents locaux et des gestionnaires nationaux, sensibles aux besoins de la population et prêts à intervenir, sur place, pour appuyer la mise en œuvre des politiques et des actions communautaires, par le biais de GoAL WASH et d'autres programmes du PNUD tels que l'Initiative communautaire pour l'eau (Community Water Initiative) ou Every Drop Matters (Chaque goutte compte) », ajoute-t-il.

Dans le cadre de cette dernière initiative, le PNUD s'est allié à la Coca-Cola Company pour rechercher et financer des solutions appropriées aux défis posés par l'eau en Eurasie et au Moyen-Orient. L'initiative Every Drop Matters a été conçue pour améliorer l'accès à l'eau potable, faciliter l'utilisation de technologies industrielles respectueuses de l'environnement et promouvoir la gestion responsable des ressources en eau par le biais de campagnes d'informations et d'activités de sensibilisation. En Russie, par exemple, le partenariat collabore avec les communautés implantées autour du lac Baïkal, qui représente la plus grande réserve d'eau douce liquide de surface au monde, afin de conscientiser les populations locales et d'entreprendre des activités destinées à préserver les écosystèmes fragiles.

Lors du dernier Forum mondial de l'eau, qui s'est récemment tenu à Marseille, le PNUD a lancé la Plate-forme de Global Water Solidarity, en partenariat avec les gouvernements de France et de Suisse, et avec l'appui de 25 institutions fondatrices issues des secteurs privé, public et non marchand. Global Water Solidarity vise à établir des liens de coopération décentralisée entre les gouvernements locaux et les autorités du secteur de l'eau, en vertu desquels au moins 1 % des revenus générés par le secteur de l'eau dans les pays développés est affecté à l'amélioration des conditions d'accès à l'eau et à l'assainissement dans les pays en développement.  

« L'idée de cette contribution solidaire de 1 % n'est pas nouvelle », précise Jean-Philippe Bayon, responsable de la gestion de la plate-forme, « mais elle bénéficie désormais d'un soutien croissant. Notre objectif est de renforcer ce concept, de le mettre à l'échelle et de l'étendre à l'ensemble des opérateurs du secteur de l'eau jusqu'à ce que l'écart soit définitivement comblé et que 100 % des habitants de la planète puissent boire un verre d'eau sans mettre leur vie en danger », dit-il en conclusion.