Le Népal encourage le dialogue entre les partis politiques

13 mars 2012

Au Népal, une formation en leadership encourage un dialogue productif entre les factions politiques à un moment où le pays prépare une nouvelle constitution et s'efforce de guérir les blessures d'un passé marqué par dix longues années de guerre civile.

Alors que le Népal se trouve au cœur d’une période de transition vers la démocratie, plus de 250 dirigeants de partis politiques, d’organisations de droits de l’homme, de comités de paix locaux, de ministères, d’organisations étudiantes et les médias ont tous été formés à mieux collaborer grâce à une série d’ateliers organisés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

La formation a d'ores et déjà des résultats positifs sur le paysage politique fracturé du Népal, selon la Directrice pays du PNUD, Shoko Noda.

« Bien que le projet ne porte que sur le moyen et long terme, on peut déjà constater des changements dans l'attitude des dirigeants de partis tant au niveau national que local. Par exemple, suite à cette formation, les présidents du parti du district de Dhanusa ont organisé un forum et entamé des discussions sur la meilleure façon d’aborder les questions de corruption, de santé et d'éducation », affirme-t-elle.

Ceci constitue une première. Depuis les années 1990, le pays a connu des grèves, des fermetures et des violences, et l'absence de dialogue. Des différends politiques ont à nouveau fait surface au Népal après une guerre civile de 10 ans qui a pris fin en 2006 suite à l'Accord de paix global. La discorde politique s'est traduite par un processus de paix interminable, qui entrave les efforts déployés par l'Assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution nationale.

Mais les dirigeants politiques qui ont participé aux séminaires de formation du PNUD déclarent que ces derniers les aident à mieux écouter ceux qui ont des opinions différentes.

« Dans le passé, les représentants de chacun des sept partis de Dhanusa refusaient d'écouter les autres partis au cours des réunions, mais après la formation, les dirigeants prêtent aujourd'hui une plus grande attention aux différentes questions soulevées », explique Surendra Kumar Mandal, président de district du Forum pour les droits des peuples de Madhesi, un des partis politiques représentés à un des derniers séminaires. « Non seulement cette formation a réussi à restaurer la confiance entre les partis, mais elle a également accru la confiance du public, et par conséquent amélioré l'image des partis politiques au niveau local ».

Selon Prakash Upadhyay, un des participants à la formation et membre de l'ONG Himalayan Human Rights Monitors, « grâce au dialogue, j'ai pu convaincre les partis politiques et changer le leadership du Comité local de paix, ce qui était indispensable pour la crédibilité de cette institution ».

Les dirigeants des partis politiques ont admis au cours des récentes sessions de formation que la discorde entre les partis a un effet négatif sur le processus de paix. Le programme de formation vise à corriger cette situation en apprenant aux dirigeants politiques comment, au cours d'une transition démocratique, il faut assurer une compétition constructive tout en collaborant à faire progresser le pays.

Cette formation « Leadership collaboratif et dialogue » s'inscrit dans le programme de prévention des conflits du PNUD, objectif de créer les modalités d'un dialogue réussi au cours d'une période de transition démocratique. Le programme a pour objectif d'atteindre les 75 districts du Népal.

En 2012, il est prévu d'étendre la formation au dialogue aux membres de la fonction publique népalaise par l'intermédiaire du Nepal Administrative Staff College.