Un documentaire du PNUD met en lumière les inégalités politiques en Thaïlande

08 mars 2012

A l’occasion de la Journée internationale de la femme, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Gouvernement du royaume de la Thaïlande ont lancé un documentaire de 30 minutes, intitulé Le plafond de verre.

Ce court-métrage décrit les problèmes auxquels font face les femmes  pour accéder à la vie politique en Thaïlande. Il examine également des solutions pour améliorer la participation des femmes à la politique du pays, notamment grâce à un système de quotas.

« Le pouvoir des femmes est essentiel au développement humain », explique l'Administrateur PNUD Helen Clark dans le reportage.

« Il faut donc augmenter le nombre de femmes qui participent à ce processus, du vote à la candidature... voire à l'élection », ajoute Mme Clark, qui est la première femme élue Premier ministre de Nouvelle-Zélande, pour trois mandats consécutifs.

En Thaïlande, il y a un million de plus de femmes que d’hommes, mais elles représentent seulement 4 % des 7 000 responsables politiques locaux. De plus, les femmes détiennent seulement 16 % des sièges au parlement... bien loin de l'objectif de 30 % de femmes parlementaires en 2015 fixé par l’objectif du Millénaire pour le développement.

« Les femmes de Thaïlande jouent un rôle important, sont très courageuses et qualifiées. J'ai simplement eu plus de chance », déclare Yingluck Shinawatra, première femme Premier ministre de Thaïlande, dans le film. « J’ai l’intime conviction que de nombreuses femmes, plus intelligentes que moi, pourraient faire mon travail si l'occasion leur en était donnée. Il se trouve simplement, que c’est à moi que le peuple thaï a donné cette opportunité. »

   
Au niveau mondial, les femmes détiennent moins de 20 % de l'ensemble des sièges parlementaires, mais la zone Asie-Pacifique figure au dernier rang, avec les États arabes. En Asie, environ 18 % des élus au parlement sont des femmes et un peu moins de 15 % dans le Pacifique. Dans certaines régions, le nombre des femmes participant à la vie politique au niveau local ou provincial est encore plus faible.

« Le plafond de verre » raconte le voyage en Thaïlande du Nord d'une représentante politique locale, Siriporn Panyasen, forcée de quitter l'école à 16 ans pour prendre soin de son père malade, devenant ainsi la seule source de revenu de sa famille de 12 personnes. La façon dont la jeune Siriporn a assumé ses responsabilités familiales et aidé sa mère dans ses différentes tâches au village a suscité l’admiration.

Lorsque la Thaïlande a modifié ses lois afin d'autoriser les femmes à entrer en politique, Siriporn a fait l’objet de menaces et on lui a demandé de se retirer. Elle avait atteint « le plafond de verre ». Toutefois, grâce à sa persévérance et au soutien de sa communauté, Siriporn a pris la tête de l'unité gouvernementale locale du sous-district de Pichai, dans le nord du pays.

Le film débute dans un contexte de mobilisation générale du peuple de Thaïlande en faveur de l'égalité politique. En 2011, le PNUD et le ministère du Développement social et de la sécurité humaine ont lancé une enquête nationale d'opinion concernant l'attitude des Thaïs envers les femmes en politique.

Les résultats sont étonnants : 86 % des hommes et près de 91 % des femmes conviennent qu'un système de quotas améliorerait la participation des femmes, et plus de 85 % des personnes interrogées pensent qu’un tel système renforcerait l'égalité et donnerait davantage de chances aux Thaïlandaises de prouver leurs compétences politiques.