Sierra Leone : les tribunaux du samedi tentent de résorber les cas de violence sexiste

07 mars 2012

imageA Kenema City, la troisieme ville de Sierra Leone, des jeunes defilent pour faire prendre conscience de la montée de la violence sexuelle et sexiste. Photo: C.Thomas/PNUD

Freetown (Sierra Leone) – Les victimes de violence sexuelle et sexiste peuvent désormais se faire entendre au tribunal, depuis que les séances ont lieu le samedi dans le cadre d’un premier effort, d’une importance cruciale, visant à absorber un arriéré de quelque 700 dossiers.

Depuis leur création il y a un an, en février 2011, les tribunaux du samedi ont entendu plus de 630 affaires et légiféré sur plus de la  moitié d’entre elles.

À ce jour, 85 affaires ont été rejetées faute de preuves. Dans 53 cas, l’accusé a été condamné par la Magistrate Court, la sentence étant de moins de 5 ans de prison.

Au vu des preuves présentées, 183 affaires ont été renvoyées au tribunal de grande instance, qui en a déjà traité 35.

Au tribunal de la capitale, Freetown, le juge Binneh Kamara a récemment présidé à l’examen d’une affaire où l’accusé avait enlevé une mineure et lui avait fait subir des sévices sexuels. Selon ce magistrat, les tribunaux du samedi commencent à avoir un impact considérable. “Auparavant, il aurait fallu trois ans pour mener ce procès, maintenant il n’a duré que trois semaines”, a-t-il déclaré.

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fourni un appui aux tribunaux et contribué, avec la police sierra-léonaise, à former plus de 250 agents de police à mener avec davantage d’efficacité les enquêtes sur les crimes sexistes et à faciliter les poursuites judiciaires, notamment en apportant une meilleure protection aux victimes et aux témoins.

L’incidence de violences sexuelles et sexistes à l’issue des conflits en Sierra Leone représente un sérieux problème sur les plans des droits fondamentaux des femmes et de la consolidation de la paix. La perception que le système judiciaire est lent et inefficace n’a fait qu’aggraver la situation.

Avant la création des tribunaux du samedi, beaucoup de coupables pouvaient éviter les poursuites en raison de la lenteur des procédures ou parce que des victimes retiraient leur plainte faute de confiance dans le système judiciaire. En outre, rares étaient ceux qui voulaient témoigner, alléguant un manque de temps durant la semaine ou parce qu’ils avaient composé avec le coupable.

Les tribunaux du samedi se tiennent à Freetown et dans la ville de Makeni, dans le nord du pays.