Les jeunes du Nicaragua optimistes quant à l’avenir

07 déc. 2011

imageLancement d'un programme pour les jeunes, la migration et l'emploi (Photo: PNUD Nicaragua)

Plus de 62 % des jeunes nicaraguayens envisagent l’avenir avec optimisme malgré des taux de chômage et de pauvreté élevés et le fait qu’ils sont les principales victimes de la violence. Ces chiffres sont issus du Rapport national sur le développement humain 2011 : construction du Nicaragua par les jeunes présenté il y a quelques jours par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Ce rapport analyse la situation des adolescents (13 à 17 ans) et des jeunes (18 à 29 ans). Il indique que 40 % des jeunes du Nicaragua sont sans emploi ou travaillent de manière irrégulière et informelle, qu’ils sont 50 % à vivre dans la pauvreté, et que les jeunes et les adolescents sont les principales victimes de certains types de violence.

Les chiffres mettent en évidence un double phénomène. Près d’un million d’adolescents et de jeunes, soit la moitié de la population jeune, sont considérés comme pauvres à différents égards tels que l’éducation, la santé, l’emploi ou la situation familiale, mais ils sont dotés d’un fort potentiel de développement, de progrès et d’espoir. En même temps, une comparaison entre 2001, 2005 et 2009 révèle que cette pauvreté multidimensionnelle recule chez les jeunes et que la génération actuelle dispose de davantage d'opportunités et d’un meilleur potentiel de développement personnel. Par exemple, les adolescents et jeunes d’aujourd’hui ont un meilleur accès aux ressources technologiques et un niveau d’études moyen de 9 années contre 7,8 ans seulement pour leurs parents.

« Il est rassurant de constater qu’une grande partie des jeunes filles et garçons sont enthousiastes, capables et conscients qu’ils ont la possibilité de participer au développement du pays. Mais du point de vue du développement humain, il est aussi préoccupant que 40 % des jeunes disent ne pas avoir cette possibilité, note María Rosa Renzi, coordinatrice du développement économique équitable du PNUD Nicaragua. Si 62,8 % des jeunes affirment être optimistes, 37 % se déclarent gravement privés de leurs besoins fondamentaux. »

La violence familiale préoccupe également les jeunes. Selon le rapport, les jeunes nicaraguayens accordent de la valeur à la famille, qui leur apporte normalement soutien et protection. « Mais, constate Donald Méndez, le coordonnateur de l’étude, elle peut également s'avérer un espace de violence. » Le rapport signale que les adolescents et les jeunes sont les principales victimes de la violence sexuelle et sont davantage exposés au VIH, aux agressions et homicides, à la discrimination et au manque d’information.

L’étude met en évidence certaines données inquiétantes : près de 50 % des femmes victimes d’assassinats au Nicaragua sont des adolescentes, et les cas de grossesses précoces restent élevés et sont dans beaucoup de cas la conséquence d’une violence familiale. Malgré la réduction du taux de fécondité spécifique de ce groupe, en 2009, les jeunes femmes de 10 à 19 ans contribuaient encore à 27,5 % du total des naissances.

« Ce rapport appelle instamment la nation à investir sans attendre dans cette population qui a besoin de réelles opportunités », insiste Donald Méndez, en ajoutant que les jeunes filles et garçons se considèrent comme des acteurs au sein de leur pays « bien que sans aucun pouvoir de décision ».

L’étude du PNUD, qui a consulté 4 200 personnes et reprend des chiffres des dix dernières années, observe que le Nicaragua connaît un changement sans précédent dans sa structure démographique. Alors qu’en 1980, pour deux personnes en âge de travailler, le pays comptait deux personnes dépendantes (âgées de moins de 15 ans ou de plus de 65 ans), on estime qu’en 2030, il n’y en aura plus qu’une. Cette évolution, appelée « bonus démographique » (diminution des taux de natalité et de mortalité, entraînant une augmentation de la population potentiellement active) s’accompagne d’une série d’opportunités. A condition qu’elle soit bien négociée, cette évolution devrait permettre aux jeunes et adolescents d’améliorer leur niveau de bien-être, de rompre le cycle de la pauvreté et des inégalités au sein des familles, et ainsi de favoriser le développement de tout le pays.

Lors de la présentation du rapport, Pablo Mandeville, le coordonnateur résident des Nations Unies et représentant résident du PNUD au Nicaragua, a signalé que l’étude « présente les politiques publiques et les initiatives gouvernementales visant à améliorer les conditions de vie de la jeunesse. Elle les présente mais ne les évalue pas. Beaucoup de ces politiques et stratégies encouragent la participation active des jeunes et des adolescents ».

Le PNUD considère comme essentiels pour la promotion du développement humain au Nicaragua « le renforcement du système éducatif, l’élimination des inégalités, le renforcement de l’institutionnalisation et des cadres réglementaires, ainsi que le recueil de plus d’information sur les jeunes pour pouvoir mieux analyser la situation et prendre des décisions judicieuses ».

Le rapport comprend un nouvel indice, l’indice de pauvreté multidimensionnelle de la jeunesse, un outil méthodologique en cours d’application qui va au-delà des considérations de revenu ou de consommation puisqu’il intègre d’autres dimensions de la vie des adolescents et des jeunes.

L’élaboration du rapport est le fruit de la collaboration de plusieurs organismes et fonds des Nations Unies, tels que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le Fonds des Nations Unies pour la population, le Programme des volontaires des Nations Unies, l’Organisation panaméricaine de la santé, l’Organisation internationale pour les migrations et l’Organisation internationale du travail.