Le PNUD aide les femmes au Soudan du Sud à avoir accès à la justice

08 juillet 2011

image Afewerki Gidey (à gauche), spécialiste de l'état de droit , Christine Joseph, présidente de l’YWCA, Yambio, lÉquatoria occidental. (Photo: PNUD)

La pauvreté, un accès limité aux services de base, des niveaux d'instruction et d'alphabétisation très bas… tels sont quelques-uns des obstacles qui empêchent les femmes de l'État de l’Équatoria occidental au Sud Soudan de faire respecter leurs droits juridiques et humains.

Avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), des avancées majeures sont cependant en train d’être réalisées en faveur des droits des femmes dans ce nouvel État indépendant.

« Le pire pour elles, c’est le manque de droits dans le mariage, y compris la violence conjugale et l’agression sexuelle, explique Christine Joseph, présidente de l’YWCA, l’association chrétienne des jeunes femmes qui agit localement en faveur du bien-être des femmes.

Traditionnellement, les femmes ont la responsabilité de nourrir leurs enfants et souvent aussi de s'occuper des personnes âgées. Si une femme ose se plaindre que son mari ne lui donne pas d'argent pour le ménage, elle risque tout simplement d'être battue. »

Dès que l'accord de paix de 2005 a ouvert la voie au référendum sur l’indépendance de janvier 2011, le PNUD a mis en poste des spécialistes de l'état de droit dans chacun des 10 États du pays.

Afewerki Gidey est l'un de ces spécialistes. Au début de l’année, il a mis en place  avec l'aide de l’YWCAun service indépendant de conseil et d'aide juridique à Yambio, la capitale de l’Équatoria occidental.

Le PNUD a appuyé la formation de six des conseillers du centre chargés de fournir des informations, tant aux femmes qu'aux hommes, sur des questions telles que la dot, le viol, les mauvais traitements, la violence à l'égard des enfants et les droits de propriété foncière et autre.

« Lorsqu’une femme décide de divorcer d'un mari violent ou qui n’assume pas ses devoirs, elle ne reçoit plus rien de lui, constate Christine Joseph. Si elle va demander l'aide du chef, celui-ci prendra toujours le parti du mari. »

Les conseillers du centre voient tous les jours des cas de violence conjugale. Après son ouverture en mai, le centre a traité plus de 10 cas au cours des six premières semaines.

Pour un de ces cas, trois écolières de 12 à 14 ans violées par des adultes ont reçu des conseils tandis que les auteurs des faits étaient arrêtés et emprisonnés en attendant de passer en correctionnelle.

Les procédures officielles constituent certainement une part importante du système judiciaire, mais dans certaines situations, d'autres mécanismes de résolution des conflits peuvent s’avérer plus rapides, moins coûteux et mieux adaptés.

« L'accès à la justice n'est pas simplement une affaire de tribunaux et d'avocats, souligne Afewerki Gidey. Il s’agit aussi d'avoir un accès meilleur et rapide à l’information et à des services qui aident les gens à éviter et à résoudre les différends. »

Aujourd'hui, le PNUD prévoit d’apporter son appui aux efforts entrepris pour ouvrir des bureaux régionaux et lancer une campagne d'information du public.