Les femmes de l’Orissa montrent comment sauvegarder les tortues

05 juin 2011

image Les femmes de la communauté de pêche d'Orissa bénéficient de la protection des tortues. (Photo: PNUD Inde)

Un projet visant à sauvegarder une espèce rare de tortue marine (ou olivâtre) et régénérer le stock de poissons le long de la côte de l’Orissa, un État de  l’est de l’Inde, a permis de plus que doubler les revenus des quelque 400 000 femmes qui pratiquent la pêche locale. 

Le revenu annuel des femmes des villages de pêcheurs est passé de 460 dollars en 2004 à 970 dollars 2010, selon Samudram, une organisation qui contribue à la préservation des tortues et à la formation de revenus, lauréate du Prix Équateur 2010 soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

“La préservation des tortues olivâtres  est essentielle pour la sécurité des modes de subsistance des collectivités côtières de l’Orissa”, dit Naveen Patnaik, Premier Ministre de l’Orissa, lors d’une cérémonie le mois dernier en l’honneur de la Fédération Samudram des femmes de l’Orissa, lauréate du Prix Équateur. 

Samudram avait organisé les femmes des villages de pêcheurs de l’Orissa pour qu’elles se protègent des menaces venant des grands chalutiers, de l’érosion des plages et de la pollution industrielle. Les membres de l’organisation, qui travaille dans quatre départements de l’État, ont planté des palétuviers, enlevé les détritus des plages et aménagé des lieux sûrs de nidification.

Les mesures prises pour protéger les tortues marines, qui se nourrissent de méduses qui, elles, mangent des larves de poisson, visent à inverser la baisse des stocks de poissons dont dépend la population locale pour sa subsistance. Des études sur le terrain ont montré que le taux de mortalité des tortues avait baissé de 50 % entre 2005 et 2009.

Les femmes ne participent pas à la pêche en  haute mer, mais des organisations telles que Samudram et l’association United Artists ont aidé à apprendre aux  femmes des villages de pêcheurs à transformer les  produits de la pêche, notamment à confectionner des amuse-gueule secs ou marinés qui se vendent plus cher que le poisson non transformé.

“De telles initiatives doivent devenir le fer de lance de nos efforts pour réduire la pauvreté”, dit Caitlin Wiesen, Directrice du PNUD dans le pays. “Car elles rendent autonomes les femmes et les collectivités locales qui sont tributaires des ressources naturelles et les aident  à penser mondialement en agissant localement.”

Le Gouvernement indien, par sa Loi sur la protection de la nature de 1972, reconnaît que la tortue  olivâtre fait partie des espèces menacées d’extinction; le PNUD a aidé les autorités en surveillant les migrations et la préservation nationale de l’espèce, notamment à Orissa, le plus grand site du monde de nidification de tortues marines.

L’initiative Équateur, créée par le PNUD, est un partenariat mondial visant à aider les collectivités locales qui cherchent à réduire la pauvreté par la préservation de la diversité biologique et son utilisation viable à terme.