Le PNUD aide une communauté camerounaise après l'éruption d'un lac

12 avril 2011

Tuyau de dégazage du lac Nyos, au Cameroun.
(Photo: PNUD)

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires œuvrent à préserver la vie et les modes de subsistance de milliers de gens : il s’agit de stabiliser le lac Nyos, qui occupe le cratère d’un volcan en sommeil dans le nord-ouest du Cameroun.

Le gouvernement camerounais, le PNUD et l’Union européenne sont en train de prendre des mesures pour réduire la production trop élevée de dioxyde de carbone au fond de ce lac profond de 200 mètres. Ce sont ces gaz carboniques qui l’ont fait « exploser » il y a 25 ans.

Quelque 1700 personnes sont mortes asphyxiées le 21 août 1986, lorsque des niveaux mortels de dioxyde de carbone se sont échappés dans l’atmosphère, après s’être accumulés dans les eaux du lac. Dix mille autres ont été déracinées et 3000 têtes de bétail ont disparu.

« J’ai perdu plus de 21 membres de ma famille et tout notre troupeau après l’explosion », raconte Che Ephraïm, 45 ans, qui habite la région.

L’objectif à long terme étant de permettre aux communautés déplacées de rentrer chez elles et de reconstruire leurs modes de subsistance autour du lac Nyos, le PNUD et ses partenaires ont installé au milieu de cette étendue d’eau deux énormes tuyaux verticaux ouverts aux extrémités pour permettre à l’oxyde de carbone de s’échapper de façon contrôlée dans l’atmosphère, un procédé appelé dégazage.

Les deux colonnes s’ajoutent à un tuyau de dégazage installé en 2001 à titre expérimental par la communauté camerounaise des chercheurs, géologues et ingénieurs des mines, avec l’appui de partenaires internationaux qui voulaient trouver des moyens innovants de lutter contre le phénomène des lacs explosifs.

Selon les experts de l’Institut de recherches géologiques et minières, le lac ne posera plus de danger d’ici deux ans, ce qui permettra à ses anciens habitants d’y retourner.

Les autorités de la région de Menchum, où se trouve le lac, ont également mis en place des mesures d’intervention d’urgence, notamment un système d’alarme fonctionnant à l’énergie solaire qui se déclenchera si le dioxyde de carbone atteint un niveau excessif, une formation aux premiers secours et une carte des refuges. Une évacuation a été simulée avec succès en mars 2011.

Le lac Nyos est l’un des trois « lacs explosifs » connus dans le monde. Les deux autres sont le lac Monoun, également au Cameroun, et le lac Kivu au Rwanda.

Pour en savoir plus
Voir le site du PNUD au Cameroun
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