Lutte contre le VIH/sida au Belize

31 mars 2011

Belmopan – Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a commencé à appliquer un accord avec le Belize concernant un don destiné à des programmes qui visent tout particulièrement à traiter et prévenir le VIH/sida au sein d’un large segment de la population : les adolescents et jeunes adultes.

Avec un taux d’infection au VIH de 2,1 pour cent parmi les adultes, le Belize a la prévalence la plus élevée d’Amérique centrale et arrive en troisième place dans les Caraïbes (après les Bahamas et Haïti), d’après une étude de 2007. Selon ONUSIDA, quelque 3 600 personnes y vivent avec le VIH/sida à l’heure actuelle, dont 2 000 femmes. Cet ancien territoire britannique a une population totale d’à peine 333 200 habitants, dont 35 pour cent ont moins de 14 ans.

Le PNUD a pris en charge un don du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Il s’agit là de la seule subvention que le pays ait reçue du Fonds mondial. Les autorités du Belize ont demandé au PNUD d’assumer le rôle de « bénéficiaire principal », car l’entité nationale nommée à cet effet n’a pas été en mesure de démontrer qu’elle avait les capacités requises pour répondre aux critères stipulés par le Fonds.

La phase 1 de la subvention se monte à 3,1 millions de dollars. Le PNUD collabore avec six sous-bénéficiaires gouvernementaux ou issus de la société civile pour sa mise en œuvre.

« Le PNUD tire les leçons des nombreux succès qu’il a remportés face au VIH », explique Jeffrey O’Malley, directeur du groupe VIH/sida au Bureau des politiques de développement du PNUD. « Des partenariats solides regroupant différents ministères, ainsi que les pouvoirs publics et les communautés, sont absolument nécessaires. La prévention marche lorsqu’on s’intéresse à ceux qui courent le plus grand risque d’être infectés au VIH et qu’on travaille avec eux. »

« Offrir des traitements à plus grande échelle n’est pas seulement un impératif moral – c’est une possibilité pratique, même dans les pays pauvres. »

Le Belize, qui a une frontière commune avec le Mexique et le Guatemala, accumule les facteurs qui peuvent aggraver l’épidémie de VIH.

Avec des taux élevés de pauvreté, de chômage, de malnutrition chronique, de toxicomanie et de violence, le pays est très vulnérable aux chocs économiques et aux catastrophes naturelles, même si la Banque mondiale le classe dans la tranche supérieure des pays à revenu intermédiaire. Les services sanitaires souffrent de l’exode permanent de nombreux personnels qualifiés, y compris les travailleurs de la santé.

« Le partenariat entre le Fonds mondial et le PNUD est l’un des meilleurs au monde », estime Francisco Roquett, du PNUD Belize. « C’est un mélange parfait de connaissances accumulées à l’échelon mondial et d’une compréhension très concrète des défis à relever sur place. »

Le programme, signé en décembre 2010, a pour ambition d’opposer une riposte ciblée à ces défis et de mettre fin à la propagation du VIH/sida au Belize, en visant particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans. Il se propose, entre autres,

  • d’enseigner un programme d’éducation au VIH basé sur des compétences de vie aux élèves du secondaire
  • de donner aux populations les plus à risque accès à des préservatifs, à des consultations subventionnées et au dépistage des infections sexuellement transmissibles
  • de mettre en place et de fournir une aide psychosociale à ceux qui vivent avec le VIH/sida
  • de fournir un ensemble de services d’appui de base (conseils en matière de nutrition, aide psychosociale et pédagogique) aux enfants infectés ou affectés par le VIH et le sida dans les districts de Belize et de Stann Creek
  • de fournir gratuitement des médicaments antirétroviraux à tous ceux qui en ont besoin, et ce dans tous les lieux de traitement
  • de proposer aux fournisseurs de services professionnels des formations pour améliorer leurs compétences.
« Nous avons quitté le stade embryonnaire du début des années 2000, quand tout se faisait au petit bonheur la chance », se réjouit le Dr Martin Cuellar, directeur général de la Commission nationale sur le sida. « Au cours des cinq dernières années, nous sommes passés à un stade où nous avons essayé de mettre des systèmes sur pied. »

Partenariat du PNUD avec le Fonds mondial

Le PNUD a formé un partenariat avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme en 2003, pour appuyer la mise en place de programmes de lutte contre ces fléaux dans les pays à faible et moyen revenu. Le PNUD a pour rôle principal d’appuyer les partenaires nationaux afin d’en renforcer les capacités et d’utiliser de manière efficace les ressources financières fournies par le Fonds, notamment en mettant à profit ses compétences en matière de gouvernance, de partenariats, d’achats, de financement et de gestion des projets.

Fin 2009, le PNUD, en sa qualité de bénéficiaire principal du Fonds mondial, avait déjà offert des services de prévention à 28 millions de personnes, distribué 356 millions de préservatifs, fourni des conseils et des tests de dépistage à 4,8 millions de personnes vivant avec le VIH, appuyé 213 000 individus en leur donnant accès sans discontinuer à des traitements antirétroviraux salvateurs, traité 878 000 cas d’infections sexuellement transmissibles, fourni des services de prévention de la transmission de mère à enfant à 36 000 femmes vivant avec le VIH, détecté et traité 700 000 cas de tuberculose, traité 26 millions de cas de paludisme et distribué 11 millions de moustiquaires.