Une première au Bangladesh : une femme supervise les élections municipales

28 mars 2011

Un groupe d’électeurs fait la file au Bangladesh
(Photo: PNUD Bangladesh)
Pour la première fois dans l’histoire du Bangladesh, une femme a été appelée à surveiller les élections municipales, afin de garantir leur conformité aux lois électorales et de fournir les directives appropriées aux responsables chargés de présider au processus.

Forte de son expérience de plus de trente ans passés au service de la Commission électorale nationale, Jesime Tuli a pris en charge, l’année passée, l'organisation et la gestion des élections, en veillant au respect des règles de la Commission.

Sa conduite a été saluée et son courage, son honnêteté et son sérieux unanimement reconnus par les différents groupes d’observateurs nationaux et internationaux, les médias et l’ensemble des membres de la Commission.

« Je demande à toutes mes consœurs de se considérer d’abord comme des fonctionnaires avant tout », à déclaré Jesime Tuli. « Si nous gardons cette consigne à l’esprit, nous pourrons relever un grand nombre de défis auxquels les femmes sont aujourd’hui confrontées », a-t-elle précisé.

Le jour du scrutin, elle a visité plus de 40 bureaux de vote, dont certains sont situés dans des régions rurales reculées.

Elle a réussi à trouver des solutions à toutes les revendications et les plaintes qui lui ont été adressées lors de ses visites, en donnant satisfaction à la fois aux partis politiques, aux candidats et aux électeurs.

La Commission électorale a considéré que le vote organisé à Chittagong, une ville du sud-est du Bangladesh, avait été un grand succès, puisque près de 1,7 million d’électeurs s’étaient rendus aux urnes.

Les femmes dans le processus de prise de décision

Au vu de la représentation inégale des femmes aux postes de décision, la nomination de Jesime Tuli, première femme à occuper les fonctions de directeur du scrutin, prend une signification particulière au Bangladesh.

En effet, les femmes y sont sous-représentées aux différents échelons du gouvernement et pratiquement inexistantes au dans les instances de gestion des élections. Seuls six pour cent des membres élus du parlement sont des femmes.

Sur les 345 parlementaires du pays, 64 sont des femmes, dont 19 sont directement élues et 45 nommées par le parti au pouvoir dans le cadre d’un système de quotas.

Au cours des récentes élections municipales, seules quatre femmes ont été élues sur les 2 000 postes de conseillers à pourvoir.

Trois décennies d'exploits

Depuis le début de sa carrière comme sous-secrétaire générale de la Commission électorale du Bengladesh, en 1948, Jesime Tuli avait été la première femme à occuper les postes de commissaire adjointe aux élections à Rajshahi, dans le nord du pays, puis de Directeur de l’Institut de formation électorale.

Au cours des années, sa connaissance du système électoral et des lois au Bengladesh, son expérience en matière d’élections locales et nationales, sa détermination et son leadership lui ont valu la confiance et le respect de la Commission, selon certains responsables du gouvernement.

« Si j’avais un message à adresser à mes consœurs, j'aimerais juste leur rappeler que les femmes aussi sont capables de réaliser leurs objectifs si elles s'y emploient avec toute la détermination nécessaire », a-t-elle dit.