Kenya: conserver les zones humides pour améliorer les vies

02 février 2011

Plantation d’arbres dans le district de Laikipia, Kenya.
( Photo: PNUD/Geoffrey Kamadi)
Nairobi – Un projet visant à améliorer la conservation et les moyens de subsistance coordonné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a permis d’élever les niveaux de santé et de vie des communautés riveraines de l’un des bassins fluviaux les plus pollués du Kenya.

Le projet du PNUD pour les zones humides, d’un montant de 600 000 dollars, a permis à 64 responsables communautaires de recevoir, sur sept sites-pilotes du bassin du fleuve Nyando, une formation en gestion et en aménagement des zones humides en s’appuyant sur différentes méthodes comme les pêches diversifiées et les cultures de substitution, notamment en matière d’agroforesterie, d’apiculture et d’horticulture.

Depuis 2007, le projet a permis d’assainir environ 5 000 acres (2.025 hectares) abîmés par l’exploitation agricole sauvage, l’abattage d’arbres et la surpêche, qui avaient détruit une grande partie des zones humides. L’épuisement des forêts a par ailleurs entraîné des inondations et des déplacements de population.

« Ce projet est non seulement essentiel à la préservation des zones humides, mais contribue aussi à l’amélioration du niveau de vie, à la réduction de la pauvreté, à la diminution de la mortalité infantile et au renforcement de la sécurité alimentaire », a affirmé Christopher Gakahu, chef de l’Équipe de l’énergie et de l’environnement au PNUD-Kenya.

Parmi les bénéficiaires du projet financé par le PNUD figure une école primaire des environs du lac Victoria, fréquentée par 250 orphelins du sida. L’établissement a mis au point des méthodes de conservation innovantes pour nourrir ses étudiants et assainir l’environnement.

L’école de Rabuor gère un éco-club où les étudiants plantent et cultivent une acre de tomates et de pastèques. Depuis son lancement il y a un an, les participants au programme ont vendu pour environ 550 dollars de fruits et de légumes, ce qui a permis à ces apprentis agriculteurs d’acheter de la nourriture et autres articles scolaires de base.

Les initiatives scolaires et communautaires qui contribuent à la réalisation des projets de conservation de la région sont récompensées par des diplômes et des trophées lors de manifestations spéciales, comme les journées de reboisement et les commémorations de la Journée mondiale de l’environnement et de la Journée mondiale des zones humides observées le 2 février de chaque année.

Grâce à des émissions de radio, des concours de composition scolaire, des rassemblements informels et des réunions publiques (barazas), on a pu sensibiliser le public à la manière dont les méthodes agricoles traditionnelles peuvent se concilier avec des approches de conservation plus modernes.

Le Gouvernement du Kenya a inauguré l’an dernier une nouvelle constitution et un nouveau plan de développement intitulé Vision 2030. Il vise à élever les niveaux de vie et à accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de 2015, notamment la viabilité de l’environnement.

« En dernier ressort, la réalisation des OMD reposera sur la capacité des communautés à intervenir pour atténuer l’impact des changements environnementaux sur le bassin du fleuve Nyango », a conclu M. Gakahu.