Géorgie : nouveau départ grâce au microcrédit

25 janv. 2011

Dans les régions de la Géorgie laissées en ruines suite au conflit l’ayant opposée à la Russie à propos du statut de l’Ossétie du Sud en 2008, un programme de microfinancement a redonné un second souffle aux habitants, qui s’efforcent toujours de refaire leur vie.

Sur financement de l’Union européenne (UE), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fait équipe avec sept institutions locales de microfinancement pour aider les personnes déplacées, les femmes entrepreneurs, les petits exploitants agricoles ainsi que d’autres membres de communautés socialement et économiquement vulnérables, à lancer de petites entreprises.

« Ces prêts sont l’instrument idéal pour relancer l’économie locale souffrante en ayant recours à l’énergie et à la créativité déjà présentes, a noté Inita Paulovica, représentante résidente adjointe du PNUD en Géorgie. Depuis la culture du lis jusqu’à l’élevage de la truite, de jeunes entreprises ont vu le jour et ont pu faire usage de ressources existantes pour créer de nouvelles possibilités ».

De juillet 2009 à juin 2010, le programme a octroyé plus de 3 000 microprêts à des habitants des trois régions de la Géorgie les plus durement touchées par le conflit armé : la Kartlie intérieure, la Mingrélie et la Mtskheta-Mtianeti.

Les micro-entreprises, principalement dans les domaines de l’agriculture, du commerce et des services, ont obtenu des prêts d’un montant allant de 400 à 3 000 dollars, le total des financements octroyés s’élevant à quelque 2,6 millions de dollars.

Pour les trois quarts des bénéficiaires, il s’agissait là des premiers prêts jamais obtenus. Ces apports représentaient pour eux une première chance de réussite professionnelle et d’amélioration de leurs conditions de vie.

Plus de la moitié des microprêts ont été accordés à des femmes et environ 70 % à de petits exploitants agricoles, dont un dixième étaient des personnes déplacées, déracinées pendant la guerre et ne pouvant plus réintégrer leur village natal.

Dali Chilachava habite une petite ville de la Mingrélie, région limitrophe de l’Abkhazie indépendantiste, où se trouvent plus de 80 000 personnes déplacées. Elle a fui son village abkhaze en 1993 lorsque le premier conflit séparatiste a éclaté. Incapables de trouver des sources de revenus stables, sa famille et elle ont passé 12 ans dans un état de pauvreté extrême, jusqu’à ce qu’elles trouvent enfin leur salut dans la culture du lis à des fins commerciales.

Grâce à un prêt de 400 dollars accordé par le programme commun de l’UE et du PNUD, Dali Chilachava et son mari ont amélioré leur production de lis dans leur serre. Leur petite entreprise familiale, qui possède désormais une clientèle solide, expédie les fleurs dans toute la Géorgie, dans des cartons à cigarettes. Ils envisagent à présent de solliciter un autre prêt afin d’élargir leur terrain et de construire un entrepôt réfrigéré pour leurs fleurs.

« Nous avons commencé il y a quatre ans, avec un seul plant, dit Dali Chilachava, et vous voyez où nous en sommes aujourd’hui. Il est réconfortant de savoir que l’on a un revenu assuré et que le travail paie. »

Plus de 3 500 personnes, dont beaucoup de bénéficiaires de microprêts, ont également participé à des centaines de formations et de consultations organisées dans le cadre du programme pour les aider à concevoir et à lancer leur petite entreprise.

Après s’être enfuie de son village de Tamarasheni, presque entièrement détruit durant le conflit de 2008, Tea Babutsidze a obtenu son premier prêt, d’environ 400 dollars, pour ouvrir un petit bureau à Gori, en Kartlie intérieure.

La formation organisée par le PNUD l’a aidée à concevoir et à lancer son entreprise, qui propose à d’autres petites entreprises des services en ligne de déclaration d’impôts et de paiement de factures et les aide à photocopier des documents.

« J’ai maintenant plus confiance en l’avenir, dit Tea Babutsidze. Mon entreprise est encore petite, mais les affaires marchent très bien et je suis certaine que je trouverai les moyens de la développer et de réussir vraiment. »

Le projet de microfinancement fait partie d’un programme plus vaste, mis en œuvre conjointement par l’UE et le PNUD, qui vise à assurer le relèvement rapide des ménages paupérisés dans les régions de la Géorgie touchées par les conflits.

Lancé en janvier 2009, ce programme-cadre comporte également des activités d’éducation et de formation professionnelle, ainsi que des initiatives de restauration d’ouvrages d’infrastructure de petites et de moyennes dimensions, qui sont d’une importance vitale pour offrir des possibilités économiques. Le montant des décaissements du financement de l’UE a atteint 5,7 millions de dollars en l’espace de 18 mois.

Pour en savoir plus
Voir le site du PNUD en Géorgie
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