Investir dans l’égalité des sexes en Afrique

26 novembre 2010

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Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a fait équipe avec l’Institut africain de développement économique pour lancer un important programme visant à renforcer les politiques qui aident de la même manière les femmes et les hommes à bas revenu dans divers pays d‘Afrique.

L’initiative mondiale pour le genre et la gestion des politiques économiques – Afrique (GEPMI-Afrique) cible les responsables gouvernementaux, les praticiens du développement, les organisations de la société civile et les instituts de recherche pour aider les pays à promouvoir des politiques sensibles à la dimension de genre dans des domaines précis comme la santé, l’éducation et le travail.

L’initiative est née de données montrant clairement qu’investir dans l’égalité des sexes – comme accroître l’accès des femmes aux soins de santé, à l’emploi et au crédit – peut accélérer la croissance économique et atténuer la pauvreté.

En outre, lorsqu’il y a restrictions budgétaires en matière de santé, ce sont les femmes qui se retrouvent avec un accroissement des tâches domestiques, une forme de travail non reconnue et non rémunérée. Il arrive souvent, alors, que les familles retirent leurs filles de l’école pour qu’elles se chargent d’une partie du fardeau que représente le travail domestique non rémunéré.

« Les politiques économiques de développement sont aveugles aux différences hommes/femmes, a expliqué Tegegnework Gettu, Sous-secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD, lors de l’inauguration de cette initiative dans le cadre de la Cinquième Conférence économique africaine, qui a eu lieu le 27 octobre à Tunis (Tunisie). Elles ne tiennent pas compte de la division du travail entre hommes et femmes dans les sphères publiques et privées, ni de leur accès aux biens et opportunités économiques, ni du contrôle qu’elles peuvent exercent dessus. »

Le programme comprend la première maîtrise en économie sensible au genre, ainsi que des services consultatifs sur mesure pour aider les pays à promouvoir des politiques réactives aux différences hommes/femmes dans des domaines comme la santé, l’éducation et le travail. Les cours se donnent en anglais.

Le programme de maîtrise, pour lequel les premiers étudiants se sont inscrits en octobre à l’université Makarere en Ouganda, comprend un cours de trois semaines sur la « gestion de politiques économiques sensibles au genre ». Il est destiné aux fonctionnaires gouvernementaux chargés des politiques, au personnel parlementaire, aux organisations de la société civile et autres parties prenantes nationales.

L’Institut africain de développement économique et de planification  propose une formation en douze modules, offerte en français à Dakar (Sénégal). L’un des cours étudie, par exemple, les conséquences du travail de soins non rémunéré (tâches domestiques), qui est souvent sous-évalué et limite les opportunités de gagner de l’argent, d’aller à l’école, et, en fin de compte, d’échapper à la pauvreté pour les femmes et les filles.

Le GEPMI, qui est une initiative mondiale, est en train de s’implanter en Afrique, en Asie et dans le Pacifique, et il devrait bientôt s’étendre à d’autres régions.

« Cette initiative contribuera à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), car il permettra aux politiques économiques et aux plans de réduction de la pauvreté de répondre aux obstacles, options, mesures incitatives et besoins spécifiques tant des femmes que des hommes, tant des garçons que des filles », estime Winnie Byanyima, directrice de l’équipe chargée de la problématique de genre du PNUD.