Violence à l'égard des femmes: rompre le silence

25 nov. 2010

Violence à l’égard des femmes : rompre le silence au nom de la justice et du développement


Marily a perdu ses jambes dans un attentat terroriste
à Medellin, Colombie. Malgré cela, elle prend soin
de ses trois enfants.
Photo: UNDP/Hector Hernan Vanegas Ochoa

La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, vient rappeler sans équivoque que dans chaque pays, sur tous les continents, une femme sur trois au moins a été l’objet d’abus sexuels ou physiques au moins une fois dans sa vie. De par le monde, 20 pour cent de filles et 10 pour cent de garçons subissent des abus sexuels pendant leur enfance et 20 à 50 pour cent de femmes disent que leur première expérience sexuelle a été forcée. Que ce soit derrière une porte close ou durant un conflit armé, la violence à l’égard des femmes est une violation cruelle et permanente des droits humains, qui nuit au développement humain.

« Les femmes souffrent trop souvent en silence, trop honteuses et trop terrifiées pour entamer une action en justice, a déclaré Helen Clark, Administrateur du PNUD. Trop souvent, les violences sexuelles deviennent une méthode de guerre, et trop souvent, l’impunité prévaut et les crimes ne sont pas châtiés. Trop souvent, les femmes sont traitées uniquement en victimes et ne sont pas reconnues comme les importants agents du changement qu’elles sont et ne reçoivent pas l’appui dont elles ont besoin pour cela. »

En dépit des progrès accomplis au plan mondial dans le domaine de l’égalité des sexes, les statistiques sur la violence à l’égard des femmes montrent qu’il reste beaucoup à faire :La moitié des femmes assassinées sont tuées par un ancien partenaire ou leur partenaire actuel.


  • Les jeunes femmes sont particulièrement vulnérables aux relations sexuelles forcées; plus de la moitié des nouvelles infections au VIH dans le monde ont lieu chez les jeunes de 15 à 24 ans, dont plus de 60 pour cent de femmes.
  • La violence à l’égard des femmes coûte cher aux pays, notamment à cause des dépenses qu’elle entraîne en matière de santé, de frais de police, de prestations et d’assistance sociales, de suivi psychologique, de frais judiciaires et de coûts indirects comme la perte de productivité des femmes, que leur travail soit rémunéré ou non.
  • La violence à l’égard des femmes pendant les conflits armés est présente dans toutes les zones de guerre.


Progrès

Cette année marque le dixième anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. Celle-ci réaffirmait le rôle crucial des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, les négociations de paix, la consolidation et le maintien de la paix, les interventions humanitaires et le relèvement après conflit.

Dans un certain nombre de pays – y compris dans 25 États en crise – le PNUD collabore avec les pouvoirs publics et la société civile pour lutter contre la violence à l’égard des femmes et faire progresser la prévention, l’aide, la justice et les réparations. Quelques exemples :

En Sierra Leone,  le PNUD a organisé dans 47 communautés des séances de sensibilisation sur la législation afin d’améliorer l’égalité des sexes, de prévenir et d’empêcher la violence à l’égard des femmes et autres pratiques traditionnelles nuisibles. Suite à une amélioration des mécanismes permettant de dénoncer les cas de violence sexuelle et sexiste, les partenaires d’exécution ont reçu plus de 900 cas de janvier 2009 à octobre 2010. Ceux-ci ont été pris en charge par les unités d’appui aux familles de la police de Sierra Leone, créées pour enquêter sur les cas de violence à l’égard des femmes et des enfants, et qui font aussi de l’éducation et de la sensibilisation communautaires par le biais de la radio et de la télévision. Quatre-vingt-huit des cas reçus ont fait l’objet d’une procédure en justice et 18 condamnations ont été prononcées.

En Somalie, le PNUD a appuyé le Centre de références pour les agressions sexuelles au Somaliland, un « guichet unique » pilote où les survivants de violences sexistes peuvent recevoir des soins médicaux et un suivi psychosocial. Avec ce centre, les survivants peuvent à présent dénoncer les cas d’agression à la police à des fins d’enquête et avoir accès à des conseils et une représentation juridiques gratuits. En 2009, le Centre s’est occupé de 129 cas de violences sexuelles à l’égard de femmes et d’hommes, dont 47 avaient moins de 15 ans (et 19 étaient de sexe masculin.)

Au Népal, le PNUD a appuyé la création de bureaux d’aide juridique qui, au cours du premier semestre 2010, ont contribué à l’accroissement du nombre de survivants rapportant des cas de violence sexiste (462) et du nombre de ceux qui ont reçu une aide juridique (136).

Agir

Dans le monde entier, des femmes et des hommes, des garçons et des filles s’activent à faire de la sensibilisation sur la violence à l’égard des femmes.

  • Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon à lancé la campagne « Tous unis pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes » afin de prévenir et éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles dans toutes les régions du monde. Elle a mené plus 880 000 actions à ce jour. Rejoignez le mouvement !
  • Partout dans le monde, près de 50 pour cent des agressions sexuelles sont perpétrées contre des filles de 15 ans ou moins. Faites-vous membre de la Fondation des Nations Unies pour faire changer cet état de choses.  La campagne Girl Up « pour les filles, par les filles » mobilise les jeunes Américaines pour améliorer la vie de leurs pairs dans les pays en développement.
  • Cette année marque le 20e anniversaire de « Seize jours de lutte contre la violence sexiste », une campagne de sensibilisation visant les organisations gouvernementales, internationales et de la société civile dans le monde entier.

Pour en savoir plus

Le PNUD et l’émancipation des femmes
Le PNUD et les questions relatives aux femmes pendant les crises humanitaires
ONU-Femmes: http://www.unwomen.org/fr/