Chine: restaurer des zones humides pour préserver les modes de subsistance

22 novembre 2010

 
Un expert de l'ONU examine un puits de drainage, Ruoergai, Chine.
(Photo: UNV)
Des milliers de puits de drainage ponctuent le paysage autrement intact des zones marécageuses de Ruoergai, en Chine, constituant la menace la plus grave qui pèse sur ces tourbières de haute montagne. Ils contribuent à une érosion massive des sols et de l’eau et entraînent un amenuisement important de la zone humide. D’ailleurs, un des lacs a déjà diminué d’un tiers.

Les habitants des provinces du Sichuan et de Gansu dépendent de ces tourbières pour un large éventail de produits, comme le poisson, le riz, les plantes médicinales, la tourbe qu’ils utilisent comme combustible ou engrais de jardin, et les herbes et roseaux avec lesquels ils fabriquent du papier et des paniers. Pour eux, ces puits, résidus d’une tentative de transformer la région en pâturages au cours des années 1960, font peser une sérieuse menace sur leurs modes de subsistance.

Afin d’empêcher que la perte des tourbières se perpétue, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) collabore avec le Bureau chinois de gestion des zones humides et l’organisation Wetlands International pour restaurer et préserver ces zones humides si importantes d’un point de vue écologique.

Le projet du PNUD, qui a démarré en 2007, a introduit des techniques et méthodologies innovantes dans le comté de Ruoergai pour l’aider à lutter contre ce type de drainage. Il s’agit, par exemple, de contrôler très strictement la façon dont les zones sont utilisées, d’imposer un moratorium sur le pâturage et d’ensemencer les prairies pour les restaurer. Le programme a fait installer des chauffe-eau fonctionnant à l’énergie solaire dans les communautés des zones humides pour qu’elles utilisent moins de tourbe pour se chauffer.

À ce jour, le programme a appuyé la restauration de 345 hectares de tourbières. Les efforts du PNUD ont aussi permis de sensibiliser davantage le public à l’importance des zones marécageuses. Il a fait des démonstrations d’essai sur la façon dont les initiatives de préservation peuvent profiter aux éleveurs et autres personnes qui utilisent ces zones.

La préservation des moyens de subsistance a été depuis le début l’un des objectifs essentiels du projet, a déclaré Zhang Ming, directeur adjoint du Bureau de gestion de la réserve naturelle nationale de Ruoergai.

Les tourbières jouent un rôle d’une importance cruciale pour divers aspects des écosystèmes mondiaux. En plus du fait que ce sont d’énormes réservoirs d’eau, elles renferment des quantités phénoménales de carbone et servent de système naturel de traitement de l’eau, car elles filtrent les polluants et sédiments, décomposent les solides en suspension et neutralisent les bactéries nuisibles.

Les tourbières sont aussi un habitat d’une importance majeure pour des espèces sauvages menacées, comme les grues à cou noir, ou pour des poissons rares, des créatures amphibies et une faune très diversifiée. Il est donc important de les protéger afin de préserver la biodiversité.

Pourtant, des pratiques agricoles non-durables, l’exploitation minière et le développement des infrastructures, ainsi que le changement climatique continuent d’avoir un impact négatif sur les tourbières.

La Chine possède 70 millions d’hectares de zones humides, dont une majorité de tourbières, ce qui représente dix pour cent des zones humides mondiales.

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