Colombie : Un nouveau rapport défend l’idée de commerce équitable

19 novembre 2010

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Membres de la communauté de Chocó,
en Colombie.  (Photo: ‘Oro Verde’)

Chocó - Une approche commerciale innovante, qui pourrait potentiellement créer de nouveaux produits, des services et des emplois, a été présentée récemment dans un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Quelque 19,8 millions de gens vivant avec moins de 1,25 dollar par jour, soit près de la moitié de la population colombienne, seraient les bénéficiaires de ce nouveau modèle de fonctionnement, d’après le rapport « Développer des marchés ouverts à tous : Stratégies commerciales pour venir à bout de la pauvreté et de l’exclusion en Colombie ».

Le rapport s’appuie sur 13 études de cas, lesquelles dépeignent des initiatives réussies un peu partout dans le pays où des communautés à bas revenu, ayant fréquemment eu à souffrir d’un conflit vieux de 40 ans, s’impliquent activement dans le commerce et les échanges, en tant que clients, employés, producteurs ou entrepreneurs.
 
« Il est question d’inclusion », a déclaré Bruno Moro, coordonnateur résident de l’ONU et représentant résident du PNUD en Colombie, lors du lancement du rapport le 26 octobre à Bogota. Plus de 250 personnes des secteurs privé et public, de fondations, de la société civile et du monde universitaire y assistaient.

« Inclusion des chefs d’entreprise, des travailleurs, de l’État, des organisations non gouvernementales, de la coopération internationale et de citoyens ordinaires qui, tous, souhaitent un monde plus juste et plus équitable pour ceux qui vivent dans la pauvreté économique et sociale. »

Des entreprises qui profitent à tous
L’une des études de cas du rapport se focalise sur la région de Magdalena Medio, dans le département d’Antioquia, durement touchée par le conflit, où un gros producteur d’huile de palme, Indupalmar, a aidé les petits agriculteurs locaux à devenir propriétaires de plantations et à améliorer leurs revenus.

Les activités d’ Indupalmar contribuent à un approvisionnement régulier en matière première et à l’expansion des palmeraies, la société travaillant avec quelque 30 coopératives et 1 300 familles.

À Chocó, la région la plus pauvre de Colombie, qui a aussi sa part de conflits et un nombre important de personnes déplacées, l’initiative Oro Verde encourage les pratiques socialement et écologiquement responsables dans les petites exploitations minières en attribuant des certificats de commerce équitable pour l’or et le platine, dont elle assure la commercialisation. En 2008, les ventes ont atteint 222 000 dollars, au profit de près de 200 familles de mineurs à bas revenu.

« Ce qui est important pour nous, c’est que nous préservons nos pratiques traditionnelles pour une exploitation minière responsable et améliorons nos conditions de vie, car on nous paie de manière équitable », a déclaré José Aristarco Mosquera, membre d’un conseil qui représente les habitants d’une communauté descendant majoritairement d’Africains à San Juan, Chocó.

En dépit d’une croissance économique soutenue ces dernières années, la Colombie occupe la cinquième place au tableau des pays inéquitables d’Amérique latine, d’après le Rapport régional sur le développement humain. Les groupes les plus touchés sont les femmes, les peuples autochtones, la communauté afro-colombienne et les quelque 3,16 millions de personnes déracinées par les conflits. Dans les zones rurales, la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté atteint 64,3 pour cent.

Lors du lancement, Hernando José Gómez, directeur du ministère national du Plan, a expliqué que les initiatives centrées sur les marchés inclusifs formeront un élément stratégique de la nouvelle politique gouvernementale visant à générer des revenus pour les populations déplacées ou extrêmement pauvres.

« Nous devons garder ce qui marche et partir de ce qui existe, en comblant les lacunes à coups de bonnes pratiques pour que tous les acteurs aient le même objectif : une Colombie sans misère », a affirmé Samuel Azout, Conseiller en chef pour la prospérité sociale du président colombien.

« À eux seuls, les investissements sociaux ont peu d’impact, c’est pour cela que la mobilité sociale a peu progressé dans notre pays au cours des huit dernières années. »

Outre des exemples dont les firmes et autres partenaires pourront s’inspirer, le rapport propose des outils orientés vers l’action pour permettre de mieux comprendre comment les entreprises peuvent contribuer au bien-être de la population : la promotion du développement humain et les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Le rapport a été produit en partenariat avec un conseil consultatif très large comprenant des agences gouvernementales, des organisations de la société civile et la plus importante Chambre de commerce de Colombie, afin de pouvoir tirer un enseignement collectif des expériences menées pour répondre aux difficultés et trouver des solutions.

Le rapport est disponible sous forme électronique (uniquement en espagnol).