Les armes à sous-munitions tuent des Irakiens tous les jours

10 novembre 2010

Iraq - Chaque année, des centaines d’Irakiens sont tués ou mutilés par des armes à sous-munitions et des mines en raison de la présence de millions de restes explosifs de guerre. Selon des statistiques irakiennes, ce fléau a causé 14 000 victimes de 1991 à 2007, tandis que dans les trois gouvernorats kurdes, le nombre estimé des victimes (morts et blessés) se situe à 8174 de 1991 à 2008.

La vie d’environ un million d’enfants est affectée par la présence de mines et de munitions explosives non exposées. Depuis 1991, environ 200 000 enfants (le quart de toutes les victimes) ont été tués ou mutilés par l’explosion de sous-munitions. D’après l’enquête sur l’impact des mines de 2006, quelque 1730 kilomètres carrés de sols en Irak sont contaminés, affectant plus de 1,6 million d’Irakiens dans quelque 4000 communautés à travers le pays.

Selon le rapport conjoint UNICEF-PNUD « Aperçu général des mines et restes explosifs de guerre en Irak » publié en juillet 2009, les champs pétroliers et terres agricoles de l’Irak sont contaminés par des sous-munitions et des mines dont le nombre est estimé respectivement à 2,66 millions et 20 millions. La contamination tue et détruit des vies de manière aléatoire et constitue un obstacle sérieux au redressement économique des Irakiens et de leur pays. Les mines ont été plantées dans les zones en bordure de l’Iran, un legs de la guerre irako-iranienne de 1980 à 1988, tandis que les millions de sous-munitions non explosées ont été larguées au cours de la guerre du Golfe de 1991 et du conflit de 2003.

Pour dispenser des soins et services spécialisés aux victimes des mines, le PNUD, fort d’un financement japonais et australien, soutient des centres de réadaptation dans les trois gouvernorats kurdes, assurant plus de 10 000 séances de kinésithérapie, déployant 4500 aides à la mobilité et près de 4800 appareils ortho-prosthétiques. Sous la supervision technique du PNUD, des opérateurs irakiens ont déminé 15 millions de mètres carrés de terre, permettant à 1500 familles de regagner leurs fermes et à 2400 enfants de retourner à l’école.

La ratification par l’Irak du traité d’interdiction des mines antipersonnel est entrée en vigueur en février 2008. Aux termes de cette convention, l’Irak est tenu de déminer toutes les zones contaminées par des mines antipersonnel, ou suspectées de l’être, avant février 2018.

Depuis 10 ans, l’UNICEF soutient le programme de sensibilisation au risque de mines en Irak, où deux millions de personnes ont reçu une information et des outils de prévention sur les dangers de mines et des restes explosifs de guerre. Le PNUD coordonne la lutte anti-mines dans le pays, et appuie le Gouvernement irakien et les autorités civiles de déminage par la création d’une capacité d’élimination des REG et l’élaboration d’un cadre de coordination et de réglementation sur l’action anti-mines.  

Essai photographique

A l’occasion de la première réunion des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions, qui se tient à Vientiane (Laos) du 9 au 12 novembre, un reportage photo du photojournaliste italien Giovanni Diffidenti, mettant en évidence le sort de victimes irakiennes d’armes à sous-munitions, est exposée au centre de la conférence. Voici certaines de ces photos.